MINERAIS D'ARGENT
Les nombreux minerais d'argent peuvent se classer comme suit :
! Argent natif.
— chloruré.
— sulfuré.
Î Galènes. Plomb sulfaté.
Bournonite.
«. A .-, I Cuivre gris.
Min. cmvro-argentiferes j Sulfure* cemplexe*.
Pyrites et limonites argentifères
Au point de vue du traitement, les minerais de l'Amérique espagnole se divisent en :
( Minerais de plata blanc*. Galènes, cuivres gris, pyri-
Pacos < tes et limonite *-
) Minerais calidos. Chlorures, bromures, todures et ( antimoniures.
Pavonadosj Minerais frios. Sulfures et rosiclers.
Les minerais d'argent se trouvent en filons et dépôts irréguliers dans les schistes cristallins, les andésites, le gneiss, les calcaires, avec du plomb, du zinc, de l'antimoine, du cuivre, etc.
Argent natif
En cristaux, en fils, en arborescences injectées dans les gangues et môme dans le quartz, en lames et aussi à l'état massif, allié au cuivre, à l'or, au bismuth, au mercure, etc.
Couleur et rayure blanc d'argent.
Densité : 10,1 à 11,1 — Dureté : 2,5 à 3
Ne donne pas de fumée au chalumeau ; au feu oxvdant prend une teinte rouge foncée.
Provenances. — Dans la gangue et les minerais de filons argentifères, aux Etats-Unis, au Mexique, en Bolivie, etc.
Argent chloruré AgCl
En cristaux cubiques et en masses compactes.
Couleur gris, le plus souvent altérée par des gangues terreuses et ferrugineuses et passant au vert et au bleu . Rayure brillante.
Se coupe au couteau.
Densité : 5,3 à 5,5 — Dureté : 1 à 1,5
Fond à la flamme d une bougie avec émission de chlore. Sur le charbon, donne un globule d'argent.
Variétés. — Kérargyre, embolite, hromite, huantajayite, etc.
Provenances. — Au Mexique et dans l'Amérique du Sud ; dans les gneiss, granités, schistes et calcaires, depuis les formations anciennes jusqu'aux formations tertiaires.
Sulfure d'argent A</'S
Teneur maximum en argent, 87,10 0/0.
En cristaux ou en masses compactes.
Eclat métallique. Couleur noir, gris de plomb. Rayure noire. Se coupe au couteau comme du plomb quand il vient d'être extrait.
Densité : 7,19 à 7,36 — Dureté : 2 à 2,5
Au chalumeau, sur le charbon, gonfle, émet des vapeurs sulfureuses et donne finalement un globule d'argent.
Variétés. — Rosicler rouge ou sulfo-arséniure d'argent (proustite), rosicler noir ou sulfo-antimoniure (a?'gyrose, sléphanite), stromeyerine, freieslébénite, etc.
MINERAIS D'ARGENT Composition de quelques minerais tfargent
Eléments
Argent
Ov
Cuivre
Plomb
Zinc
Fer
Soufre
Arsenic
Silice et alumine
Chaux
Magnésie
Pertes au feu . . . .
Cromstock
Chili
Mine
Chloruré
California
(paco)
Ag
. natif 0,70
Ag
chloruré 6,20
Bolivie Huanchaca
Production de Vor et de V argent dans les principaux pays du monde en 1893
Contrées
Etats-Unis
Australie ,
Afrique du Sud ,
Russie ,
Chili, Pérou, Bolivie ,
Mexique
Guyanes,Vénèzuela,Colombie
Canada
Allemagne et Autriche
Indes Britanniques
Japon
Autres pays
Or
Argent
val. en francs
val. en francs
ÉCHANTILLONNAGE DES MINERAIS
L'analyse des minerais se fait au moyen d'échantillons prélevés en quantités d'autant plus importantes que la matière a plus de valeur.
Quand un minerai est déchargé d'un navire, par exemple, on prélève une benne sur quatre ou cinq, au fur et à mesure de la mise à quai . C'est le cas des minerais de fer.
Pour les minerais riches, on les concasse d'abord en morceaux de la grosseur d'une noix, puis on charge à la pelle sur des brouettes ou wagonnets en mettant de côté une pelletée sur dix, ou sur cinq seulement, selon la richesse.
La portion ainsi prélevée est amassée en un tas circulaire dont on diminue le diamètre en recueillant à la pelle les bordures qu'on rejette vers le centre. On forme un cône de 15 à 20 cm. de hauteur : celui-ci est divisé en 4 quartiers égaux, dont deux diamétralement opposés sont enlevés à la pelle. Le restant est reformé en tas que Ton divise de nouveau en quartiers, et ainsi de suite jusqu'à ce que la masse totale soit réduite à la capacité d'une ou de deux brouettées. On pulvérise alors aussi finement que possible et, comme précédemment, on procède à la division et à la séparation par quartiers, jusqu'à réduction à un volume de trois bouteilles qui servent, finalement, à l'analyse et aux vérifications contradictoires.
Quand le minerai est pulvérisé et vendu en sacs, on prélève un échantillon dans chaque sac au moyen d'une sonde.
En Amérique, on emploie depuis quelques années des appareils à échantillonner et la pelle èckantillonneuse de Brunton.
Celle-ci est une grande pelle de 25 à 30 cm. de largeur, divisée en trois compartiments : deux latéraux ouverts à leurs deux extrémités, et le troisième central qui forme comme une boite ouverte par un bout. On l'emploie de la manière suivante :
On l'introduit dans le tas de minerai pulvérisé, et en la relevant, on l'oblique rapidement de façon à faire tomber le contenu des deux compartiments latéraux; le minerai resté dans le compartiment central est mis à part. On recommence l'opération,
ECHANTILLONNAGE DES MINERAIS 43
et on la continue jusqu'à ce qu'on ait prélevé la totalité de l'échantillon nécessaire aux analyses.
Les échantillonneurs mécaniques reçoivent le minerai broyé à leur partie supérieure, et celui-ci en traversant l'appareil est divisé en plusieurs jets. En répétant l'opération, on arrive à séparer la quantité voulue d'échantillon.
Les appareils les plus connus sont ceux de Brunton, de Bridgeman, de Mac-Dermott et de Constant, très employés aux Etats-Unis.
Évaluation rapide des teneurs de minerais
On a quelquefois intérêt à évaluer rapidement, avec une approximation relative, la teneur des principaux éléments d'un échantillon.
Supposons le cas d'un minerai contenant deux éléments dont on désire connaître les poids approximatifs p et p', les densités respectives d ettf . On échantillonne un poids P dont on détermine la densité D par pesées à l'air et dans l'eau, et Ton a :
d'où l'on déduit les poids cherchés :
Prf(à" — D) , __ Vd'jd-ty
P ~" D (<f— d) P ~~ D(rf — d')
S'il y a plus de deux éléments, on fait une élimination au moyen de dissolvants par exemple, ou par grillage ou calcination, de façon à réduire les éléments au nombre de deux.
Ex. — Cas d'une blende-pyrite-galène .
On grille, puis on sépare à l'aimant l'oxyde de fer magnétique qui s'est formé et que l'on pèse. On en déduit le poids de la pyrite et, par différence, le poids de blende-galène ; on peut ensuite appliquer les formules précédentes.
Échelle de dureté des minéraux (Mohs)
Coefficient
Caractère
Minéral type
Rayé par l'ongle ; presque tendre.
Rayé par l'ongle.
— par une pointe d'acier.
Id.
Id.
Talc.
Gypse, sel gemme.
Calcite.
Fluorine cristallisée.
Apatite cristallisée et
transparente.
Orthose, variété clivable.
Quartz.
Topaze.
Corindon, saphir.
Diamant.
Id.
Non rayé par l'acier. Raie le verre.
Id.
Id.
Id.
Échelle de fusibilité des minéraux
Coefficient
Caractère
Minéral type
Fond facilement à la
flamme d'une bougie.
Stibnite, anglésite.
Fond en petites parcelles à la flamme d'une boug.
Natrolite (mésotype).
Fond facilement au cha-
lumeau.
Almandine.
Fond difficilement en gro&
more, au chalumeau.
Actinolite.
Fond difficilement en pe-
tites parcelles au chai.
Infusible au chalumeau.
Orthoclase.
Bronzite (Silicate de mag.)
Bibliographie
Dana. — Manual of minôralogy and petrography. Ed. Jannetaz. — Le chalumeau.
F. Pisani. — Traité de minéralogie.
F. Pisani. — Les minéraux usuels.
R. P. Rothwell. — The minerai industry, statistic, technology and trade in 1892 (New- York).
R. Oriol. — Revista minera, Madrid.
A. von Groddeck. — Traité des gîtes métallifères (trad<> u par M. Kuss).
Fuchs et de Launay. — Traité des gites minéraux et métallifères.
G. Moreau. — Étude industrielle des gites métallifères.
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