‹ Aide-mémoire général et alphabétique des ingénieursChapitre 48 sur 208 · BÉTON · texte numérisé non relu

BÉTON

immergé ne sont point encaissées dans le terrain ferme environnant^ ou même lorsque cela a lieu^ on ne réussit bien que lorsque Peau est calme. Une eau courante délave le béton et il ne se dépose au fond qu'une masse de cailloux^ qui conserve trop peu de mortier pour acquérir de la consistance. On obtient le calme des eaux en construisant autour de l'enceinte à bétonner un vannage avec pieux etpalplanches.

On est souvent aussi obligé de garantir le béton contre les sources de fond jusqu'à ce qu'il ait fait prise. Pour cela, on étouffe la source en tassant de menues pierrailles à son orifice, et^ ce moyen ne réussissant pas, on emploie une toile goudronnée, clouée par ses bords à l'enceinte en charpente, et assez ample pour s'appliquer sans tiraillements sur le relief du fond et sur les parois de rencaissement dans lequel on coule le béton. Au-dessous de cette toile on ménage des issues pour l'eau de la source.

Emploi. Le béton entre non-seulement dans la fondation de presque tous les ouvrages hjdrauliqqes, dans les barrages dont il forme souvent les parafouilles (pL XXI), mais encore dans les fondations qui ne sont point immergées. Il paraît que, à Ljon» où cette espèce de mortier est fréquemment employée, on en fait les fondements de presque tous les édifices et même les murs des caves. On jette ce béton dans la fouille comme dans un moule, et l'on s'élève immédiatement au-dessus. La chaux qu'on y emploie est grasse et assez hydraulique; dans cet état, il lui faut une année environ avant d'avoir acquis assez de consistance pour qu'on puisse procéder à l'enlèvement des terres intérieures qui remplissent l'es* pace des caves. Ce béton est ordinairement formé de vingt parties de gravier du Rhône, et de cinq parties de chaux vive, corroyés à force de bras.

En général, le béton entre avec avantage dans presque toutes les fondations. Une autre méthode consiste à remplir de béton les fossés de fondation creusés dans le soi 5 puis, lorsqu'ils sont comblés, on les recouvre d'environ 0.50 de terre, on abandonne ainsi le tout pendant une année entière. Le mélange se prend alors en masse très dure. On enlève la terre, on mouille la surface et Ton bâtit à l'ordinaire sur ces fondations.

Comme exemple d'emploi sous l'eau, nous citerons celui qu'en a fait M. Pingénieur Poirée au môle du port d'Alger. On formait à l'air des blocs de béton qu'on échouait ensuite lorsqu'ils avaient acquis une dureté convenable. Ces blocs avaient un volume de i2°"nm à 50°*°"°* et pesaient de 260000 kil. à un million et plus. Le mortier qui entrait dans leur composition était formé de une partie chaux, une partie pouzzolane pulvérisée et tamisée, une partie sable. Ce mortier faisait prise au bout de six jours. Pour former le béton, on mélangeait le mortier avec deux fois son volume de pierrailles con-

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