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DES AMPOULES

différents et commandés par des cames convenablement placées on peut actionner un nombre quelconque de bobines en étant assuré que les passages de courant dans une même ampoule se suivront régulièrement.

Reste la question des ampoules et ce n'est pas la moins délicate, car, il faut bien l'avouer, la nature des radiations utilisées n'étant pas encore suffisamment connue au point de vue physique, on ne procède que d'une façon quelque peu empirique.

Les ampoules employées pour l'obtention des rayons X se composent d'un récipient de verre dans lequel on fait un vide très grand et que l'on ferme à la lampe. Elles sont munies de deux électrodes internes qui ont leurs prolongements soudés dans le verre et dépassent extérieurement pour permettre la jonction avec les fils conducteurs.

La question du degré de vide est capitale, car la production des rayons X paraît intimement liée à ce degré de vide.. S'il n'estpas atteint, l'ampoule se colore soit en rose soit en violet comme un tube de Geissler. Lorsque le vide estsuffisant,'on aperçoit une coloration jaune verdâtre tout à fait caractéristique; à cet état, on constate une production plus ou moins abondante de rayons X sans cependant qu'il y aitunejDroportionnalité absolue entre la coloration de l'ampoule et la valeur de ceux-ci.

Lorsque le vide est encore pousséplus loin, l'ampoule ne s'éclaire pour ainsi dire plus et la produclion des rayons X est nulle.

Par suite du passage du courant et de l'emploi d'électrodes métalliques, en platine généralement, les dernières traces gazeuses son t absorbées peu à peu et une ampoule qui travaille normalement voit son vide devenir de plus en plus parfait. Ces appareils, ne peuvent donc

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PHOTOGRAPHIE DE l'iNVISIBLE

avoir qu'une existence des plus éphémères et leur état varie constamment.

La production des rayons X suit une courbe ascendante atteint un maximum et ellediminuebrusquement.

Ces variations de l'état de l'ampoule entraînent non seulement des incertitudes très grandes au sujet de la durée d'exposition, mais le pouvoir pénétrant des radiations obtenues à chacune de ces périodes est fort différent. D'ailleurs, sans s'aventurer beaucoup, on peut avancerque suivant le degré de vide les propriétés des rayons obtenus sont tout à fait différentes. Nous avons vérifié fréquemment la vérité de cette assertion dans la reproduction du corps humain. A un certain degré de vide incomplet, les chairs sont à peine traversées et les os ne sont pas visibles; à un degré plus avancé les chairs disparaissent en quelque sorte et le squelette reste seul; à un autre, la chair, quoique traversée, laisse voir parfaitement des masses musculaires, tandis que les os montrent les plus ,fins détails de leur structure.

Et il paraît d'après ceci fort vraisemblable que l'on arrivera parfaitement à discerner les divers organes par la connaissance plus précise des radiations variées qui correspondent à des degrés dévide différents. Au point de vue pratique, il en résulte qu'il sera particulièrement avantageux d'employer l'ampoule montée sur la trompe à mercure de façon à atteindre à volonté le degré de vide voulu et à opérer à ce moment précis. C'est du reste de cette manière que des opérateurs éminents comme M. Chappuis ont pu faire des épreuves en quelques secondes. Cette manière d'opérer ne pourrait pas être utilisée dans une installation comme le cabinet d'Endographie de la société l'Optique où il est nécessaire d'être toujours à la disposition du pu-

EXAMEN DE l'ÉTAT DES AMPOULES

hlic; mais pour certaines expériences délicates ce sera le dispositif qui permettra le plus sûrement d'atteindre le but voulu.

La forme des ampoules a une importance qu'on ne saurait passer sous silence : il est en effet inutile de produire abondamment des rayons X s'ils se dispersent dans toutes les directions, c'est ce qui se produisait avec les premières ampoules sphériques à électrodes rectilig-nes. 11 y a avantag'e évident, au contraire, à tâcher délimiter le plus possible le faisceau produit; on obtiendra ainsi une netteté bien plus grande et une diminution notable de la durée d'exposition.

Oq est arrivé à ce résultat en munissant l'électrode qui correspond à la cathode d'une calotte métallique parabolique. Les résultats étaient déjà bien supérieurs. Dernièrementon a préconisé l'emploi d'une lame de platine formant en quelque sorte miroir et qui est placée à 45° vers le centre de l'ampoule. Cette lame se nomme l'anti-cathode, et les ampoules de ce genre les ampoules fociis. Ce sont celles qui jusqu'à présent nous ont donné les résultats les meilleurs au point de vue de lapénétration, de la netteté et de l'intensité. Il nous faut signaler également les 'ampoules de M. Collardeau, qui donnent des résultats remarquables au point de vue de la finesse.

Examen de l' état des ampoules . — Pour reconnaître l'état d'une ampoule, nous nous servons d'un tube qui porte à la partie inférieure une lame d'aluminium ou encore une feuille de carton recouvertes soit de platino-cyanure de baryum ou de potassium, soit de tungstate de chaux. D'après la façon dont ces substances s'illuminent sous l'action des rayons X et en interposant la main ou le bras pour juger du degré de pénétration, on obtient des renseignements non

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pas absolus mais très suffisants dans la pratique : en effet, sauf quelques exceptions nous avons presque toujours trouvé une concordance assez grande entre les résultats indiqués par l'écran fluorescent et ceux donnés par la photographie.

Lorsque les ampoules deviennent trop résistantes, on peut en général les améliorer en inversant pendant quelque temps le courant ou en les chauffant légèrement. On provoque ainsi le dégagement des molécules d'air absorbées soit par le platine, soit même par le verre comme l'indique M. Gouy, dans les comptes rendus de l'Académie des Sciences.

Il faut toujours éviter que l'étincelle ne jaillisse extérieurement dans le voisinage de l'ampoule. Car celle-ci peut être perforée et dans ce cas elle est immédiatement mise hors d'usage.

L'objet à photographier est placé sur la plaque sensible renfermée dans un châssis négatif ou simplement contenue dans deux doubles depapier noir mat. Le côté sensible doit être immédiatement au-dessous de l'objet, car si la plaque était à l'envers, le verre qui sert de support formerait, comme nous l'avons dit précédem'ment, un écran presque complet.

Ainsi que nous l'avons indiqué dans une note à l'Académie des sciences, il est indispensable de se servir de plaques rapides, les préparations de sensibilité diff"érente se comportant vis-à-vis des rayons X exactement comme à la lumière ordinaire. CSmme développement il faut employer des révélateurs énergiques, la durée d'exposition étant rarement trop considérable. Les autres opérations s'effectuent comme d'habitude.

Etant donnée la transparence particulière de certaines matières, comme le papier, le collodion, le

DE LA DURÉE d'eXPOSITION

celluloïd, il est parfaitement possible d'obtenir simultanément plusieurs épreuves.

Il suffit, en effet, d'envelopper plusieurs feuilles de papier au bromure par exemple ou plusieurs pellicules. La différence d'intensité de réduction n'est guère sensible de l'une à l'autre, du moins dans les premières.

Nous avons du reste pris l'habitude dans nos opérations délicates de toujours recouvrir nos plaques sensibles d'une ou deux feuilles de papier bromuré ou de pellicules et nous nous sommes parfaitement trouvés de cette manière de faire.

Durée de l'exposition. — La durée d'exposition est fort variable, elle dépend de la puissance de la bobine, de l'intensité du courant qui l'actionne, du genre et de l'état de l'ampoule et enfin de la nature et de l'épaisseur de l'objet à reproduire.

A titre d'exemple, nous pouvons dire que, dans les meilleures conditions possibles, actuellement on' a pu obtenir la photographie d'une main en quelques secondes. Dans la pratique ordinaire avec une bobine donnant 20 centimètres d'étincelles et marchant avec 12 à 16 volts, une ampoule focus en bon état il faut compter de i à 2 minutes. Mais les difficultés croissent avec les épaisseurs des parties à traverser et pour le corps humain (bassin ou thorax), on n'a pu obtenir de bons résultats en moins d'une à deux heures.

De nouveaux progrès seront réalisés d'ici peu très certainement et l'Endographie, comme on nomme la Photographie à travers le corps humain, deviendra d'un usage courant. Dès à présent nous pouvons signaler la création par la Société l'Optique, qui la première s'est occupée de l'étude des rayons X, d'un service destiné spécialement à l'étude des cas pathologiques.

PHOTOGRAPHIE DE l'iNVISIBLE

Des nombreuses expériences faites dans le cabinet d'Endographie de cette Société il ressort qu'au point de vue de l'étude du système osseux, de ses altérations soit traumatiques soit constitutionnelles, nous nous trouvons en présence d'une nouvelle méthode d'investig-ation de grande valeur : en ce qui concerne la recherche des corps étrangers d'origine vitreuse ou métallique, éclats de verre, projectiles, fragments de métal, aiguilles, etc., les résultats ne sont pas moins probants.

C'est là une nouvelle application de la photographie qui tous les^ours prend dans les sciences une importance de plus en plus grande.

SOLI'BILITÉ DES PRINCIPAUX CORPS EiMPLOYÉS EN PHOTOGRAPHIE

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