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MESURE DE LA VITESSE DES OBTURATEURS

temps d'action, un obturateur idéal dans lequel les valeurs des temps d'ouverture et de fermeture seraient nulles.

Ce rendement est mesuré par le quotient que l'on obtient en divisant le temps d'action totale de l'obturateur considéré par le temps d'action réduit qu'il faudrait supposer à l'obturateur idéal correspondant pour qu'il permette d'obtenir la même impression lumineuse.

Ces deux caractéristiques, déterminées pour l'ouverture du plus grand diaphragme et, s'il y a lieu, pour chaque vitesse, devront êire portées sur l'obturateur.

Mesure de la durée de fonctionnement des obturateurs.— D'après les décisions du Congrès de Photographie, la durée du fonctionnement de l'obturateur devra être mesurée au moyen d'un diapason vibrant qui inscrira une courbe sinusoïdale sur la face de la lamelle de l'obturateur préalablement noircie.

Dans certains modèles d'obturateurs cette méthode est difficilement applicable; aussi peut-on lui substituer le moyen indiqué par M. de la Baume-Pluvinel. On place devant l'obturateur un écran percé d'une fente étroite parallèle au sens du mouvement. On reçoit l'image de cette fente fortement éclairée sur une surface sensible animée d'un mouvement de translation connu ou dont on enregistre le déplacement au moyen d'un diapason vibrant.

On obtient sur la plaque une impression de forme déterminée suivant le mode de fonctionnement de l'obturateur, la longueur de cette trace indiquant d'ailleurs la durée d'action de la lumière. On a donc tous les éléments voulus pour déterminer les caractéristiques de l'obturateur examiné.

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Mesure du temps de pose obtenu par les obturateurs. — On pourrait croire, a priori, que la durée de fonctionnement d'un obturateur déterminé par la méthode graphique, que nous appelons méthode du Congrès, puisse donner des renseignements précis sur la durée effective du temps de Jpose qui a été réalisé, il n'en est rien cependant. En effet, pendant les périodes d'ouverture, la lumière est [admise progressivement, au fur et à mesure que la lamelle démasque l'ouverture. Or on sait que les temps de pose doivent être d'autant plus prolongés que la somme de rayons admis dans l'objectif est plus faible. C'est ce que l'on constate en pratique lorsque l'on fait usage de petits diaphragmes. Par suite, lorsque l'obturateur fonctionnera, la lumière ne pourra commencer à agir sur la plaque que lorsqu'il passera une quantité x de rayons susceptible de commencer la réduction du sel d'argent. Jusqu'à ce moment il n'y aura pas d'impression ; de même, pendant la période de fermeture, la lumière cessera d'agir avant que l'obturateur soit complètement fermé. H y a donc deux périodes, au début et à la fin du fonctionnement de l'obturateur, pendant lesquelles il n'y a pas action de la lumière à cause de l'insuffisance de celle-ci.

Etant admis qu'il faut une somme de lumière égale à X pour obtenir le début de l'impression, il est évident que, suivant l'intensité de la lumière, il faudra que le volet de l'obturateur soit plus ou moins ouvert pour laisser pénétrer la quantité de rayons nécessaires pour constituer x, le nombre des rayons admis étant en raison inverse de l'intensité de la lumière.

Donc, suivant l'intensité de la lumière pour un même fonctionnement de Tobturateur, la durée d'im-

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pressionnement sera d'autant plus grande que cette intensité sera considérable.

La durée réelle du temps de pose est en raison directe de l'intensité de la lumière.

D'autre part, étant donnée la somme de lumière nécessaire pour le début de l'impressionnement avec une plaque de sensibilité déterminée, il est évident qu'avec une autre plaque de sensibilité moindre il faudra une plus grande somme de lumière pour arriver au début de l'action sur le sel sensible ; inversement plus la plaque sera sensible, moins il en faudra. Par suite, suivant la sensibilité de la plaque, le volet devra être plus ou moins démasqué, afin d'atteindre la période de début de l'impressionnement, ce qui se traduira par une augmentation [ou diminution de la durée réelle d'exposition, d'où la loi suivante :

La durée réelle du temps de pose est en raison directe de la sensibilité de la plaque.

Enfin l'énergie du développement a une action indiscutable. Il est évident que la lumière pénètre dans l'appareil dès le début du fonctionnement de l'obturateur, comme nous l'avons dit, mais elle ne commence à agir que lorsqu'elle a acquis l'intensité voulue, étant données la sensibilité de la plaque et la nature du révélateur employé. En supposant un révélateur plus énergique,il sera possible dedévelopper une impression que n'aurait pu faire apparaître un révélateur plus faible.

La durée réelle du temps de pose est en raison di" rectede l' énergie du révélateur.

La durée d'action du révélateur a aussi une importance qu'il faut signaler. Plus son action sera prolongée, plus on développera les parties les moins exposées et qui n'auraient pu venir avec un révélateur

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plus faible. Ceci équivaut également à une aug-mentation de la durée de pose.

Enfin, il nous faut indiquer l'influence du diaphragme. Celui-ci, supprimant un certain nombre de rayons, équivaut à une diminution de l'intensité delà lumière; par suite, il faudra une ouverture plus grande de la lamelle pour atteindre la somme de lumière nécessaire pour le début de l'impressionnement.

La diminution du diamètre du diaphragme équivaudra donc à une diminution de la durée d'impressionnement.

La durée réelle du temps de pose est également fonction du diamètre du diaphragme.

En résumé, la durée réelle de l'exposition sera déterminée :

1° Par la vitesse mécanique du volet de l'obturateur; 2° Par l'intensité de la lumière au moment de l'opération;

3° Par la sensibilité des plaques employées;

4° Par l'énergie du révélateur;

5*^ Par la durée d'action de celui-ci ;

6" Par le diamètre du diaphragme.

Parmi ces divers coefficients, les uns peuvent être déterminés, comme la vitesse mécanique; les autres peuvent être négligés, à condition d'opérer dans des conditions identiques, c'est-à-dire en se servant de plaques de même sensibilité, en adoptant un révélateur déterminé et enfin en employant un diaphragihe toujours le même, et nous pourrons arriver à dire que la durée réelle d'exposition pour un même fonctionnement de l'obturateur est fonction de l'intensité lumineuse au moment où l'on opère, c'est-à-dire que la mesure de cette durée est absolument impossible en pratique.

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Conclusions. — Par suite des explications que nous venons de donner, il ressort que : i*^ tous les chiffres donnés sur la durée réelle d'exposition avec un obturateurdéterminésont absolument fantaisistes ; 2" que la méthode graphique peut donner des indications très précises sur la durée du fonctionnement d'un obturateur, mais aucunement sur la pose réellement obtenue.

D'ailleurs, suivant le type des obturateurs, il peut se produire des modifications dans la durée du fonctionnement, modifications que les caractéristiques indiquées parle Congrès ne mettent pas suffisamment en himière. Ainsi dans les obturateurs latéraux, comme le Londe et Dessoudeix, la réduction du diamètre du diaphragme entraîne une diminution dans la durée d'exposition, et ceci d'autant plus que ce diamètre décroît. Ceci tient à une raison purement mécanique: c'est que, plus le diaphragme est petit, plus il s'écoule de temps avant que le volet ne puisse démasquer l'ouverture et l'impression cesse qu'il n'est pas arrivé à fin de course.

Aucontraire, dans les obturateurs centraux, comme le Thury et Amey, il n'en est plus de même, la présence du diaphragme n'entraîne aucune modification de la durée d'exposition, l'obturateur ouvrant par le centre et non par le bord, comme dans le type latéral.

Il s'ensuit que deux obturateurs, l'un du type central et l'autre du type latéral, ayant une vitesse mécanique identique, donneront des résultats absolument différents, lorsque l'on opérera avec des diaphragmes comme on le fait généralement dans la pratique, la plus courte durée d'exposition étant réalisée par le type latéral .

Nous avons cru devoir signaler ce fait, qui montre

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combien la question que nous venons d'examiner est complexe.

Il sera donc utile de connaître la vitesse mécanique de l'obturateur en faisant toutefois les restrictions que nous venons d'énumérer. On aura cependant la certitude que le temps de pose réalisé dans la pratique sera toujours inférieur au chiffre représentant la vitesse mécanique, mais sans pouvoir savoir de quelle quan tité exactement.

Dans une série d'obturateurs appartenant au même type général, les différences constatées dans l'enregistrement de la vitesse mécanique permettront de les classer rigoureusement car, dans les mêmes conditions de la pratique, les mêmes écarts subsisteront entre les durées de pose réellement obtenues. Mais cette détermination n'est plus vraie lorsqu'il s'agit de comparer ensemble des obturateurs de types différents, comme le type latéral et le type central.

Du choix de l'oblarateur

Pour le choix d'un obturateur il est nécessaire de se baser sur les considérations suivantes : savoir exactetement les études que l'on devra entreprendre, et choisir parmi les divers types existants celui qui aura la vitesse de fonctionnement nécessaire. Décider auparavant l'objectif qui doit être employé, car suivant son diamètre, son mode de construction, tel ou tel modèle sera préférable ; connaître aussi le type de chambre qui doit le recevoir, de façon à ce qu'il puisse se loger facilement et ne gêne aucun des mouvements de la planchette. Toutes choses égales d'ailleurs donner la préférence aux obturateurs de précision, qui permettent d'opérer dans des conditions sensiblement identiques

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et qui présentent une durée notablement supérieure.

Choisir les obturateurs métalliques à condition qu'ils soient oxydés ou bien vernis. Adopter les ressorts à boudin plutôt que les ressorts spirales, qui sont bien plus fragiles.

Vérifier que l'ouverture et l'emplacement soient conformes aux règles théoriques exposées précédemment et donner une grande importance à la simplicité et à la solidité de construction. Eviter les mécanismes trop compliqués et susceptibles par suite de se déranger trop facilement.

Enfin, rechercher avec soin les qualités pratiques de fonctionnement.

Pour les chambres à main, il n'est pas nécessaire d'avoir des vitesses considérables et comme on peut être amené à opérer par lumière médiocre, les obturateurs à rendement peuvent rendre des services appréciables.

Pour les très grands instantanés, il faudra choisir parmi les bons types existants et au besoin, se servir de ressorts supplémentaires.

Enfin, pour les études spéciales qui exigent des expositions encore plus courtes, on pourra utiliser l'oôtiirateur de plaque qui consiste, en principe, en une planchette ou un rideau munis d'une fente, et qui passent rapidement dans le voisinage immédiat de la surface sensible (fîg. 36).

C'est ce type d'obturateur qui, incontestablement, utilise le mieux la lumière de l'objectif et donne les poses les plus courtes; mais il a un grave inconvénient c'est de donner des images déformées, la plaque étant démasquée successivement.

Il ne faudra pas oublier ce point particuher et ne pas chercher à obtenir des images trop grandes avec

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un obturateur de ce g-enre, dont la vitesse de transla-

tion serait insuffisante, comme il arrive dans presque tous les modèles portatifs qui ont été présentés.

Essai pratique de l'obturateur. — En dehors des essais rigoureux qui ne peuvent être effectués qu'avec des instruments de mesure spéciaux, nous ne voyons pour l'amateur qu'un procédé, c'est celui qui consiste à photographiera unedistance donnée un mobile dont on connaît la vitesse. Sur le négatif on jugera parfaitement, d'après le flou obtenu, de la valeur comparative des divers instruments.

Lorsque dans un cas déterminé la vitesse d'un obturateur sera reconnue insuffisante, on pourra toujours en tirer un parti convenable en s' éloignant du modèle ou en le prenant dans une direction plus ou moins oblique par rapport à l'axe de l'objectif.

Fig . 36.— Obturateur Thornton-Pickard.

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