BLÉ
Les 75 kil. de farine se composent de
Farine de blé, 1« qualité 64 I 67 propre au pain
— de gruau, ire qualité 3 j blanc.
Farine sortant du bluteau lâche et
des gruaux moulus 6 I „ . , .
Farine de 3e et 4* qualité 2 ) PP p in i
Les 23 kil. d’issues se composent de
Gros son à 20 kil. l'hectolitre. 6 \
Petit son à 24 id. 7 (
Recoupettes à 28 id. 6
Uemoulage de 45 à 50 kil. l'hectolitre. 4 1
Par la moulure économique, 100 kil. blé 1re qualité donnent : Farine. . . , . . 75ll48
Issues 22.32
Déchet 2.20
Les 75‘48 farine se divisent en
Farinede blé, lre qualité. 40.15 59.88 propre au
— de gruau, lrc qualité. 19.73 pain blanc.
— id. 2' qualité. 8.44 15.60 propre au
— id. 3e et 4« qualité. 7.16 pain bis.
Pour 100 kil. de blé médiocre, on obtient :
Farine 73.70
Issues 23.41
Déchet 2.89
Les 73k70 farine se divisent en
Farine de blé, lre qualité. 33.00 I
— degruau, 1" qualité. 20.35 )
— de gruau, 2e qualité. 11.01 ) .
— de gruau, 3e et 4* qualité. 9.34 ] "3
(Voyez un excellent article de M. Pouiltel, dans le portefeuille
du Conservatoire, 1830.)
La conservation des blés dans les magasins exige d’énormes espaces. La nécessité de les remuer souvent avec des pelles en bois, ou de les soumettre au pellage, ne permet pas, mémo dans les meilleurs magasins, d’en former des couches de plus de 0m33 pendant les six mois qui suivent le battage, et de plus de 0m66 quand ils sont secs.
L’approvisionnement de réserve de l’armée, étant fixé à 450,000 quintaux métriques, on voit qu’il faut, en moyenne, environ douze hectares de magasin.
La pesanteur spécifique du froment est plus grande que celle de l’eau ; cependant l’hectolitre de froment ne pèse que 75 à 80 kil. Donc les grains conservent entre eux une quantité d’air et d’humidité qui forme environ le J de leur volume, quelque tassés qu’il soient.
Celte humidité active leur fermentation; celle-ci peut se développer à la température 0, d’après M. Thénard; à 8°, d’après M. Clément. Elle est favorisée le plus possible par une température de 18° à 36°. Les blés sont, d’ailleurs, des substances extrêmement hygrométriques.
On trouve une économie de construction en les conservant dans des silos.
Battage du blé. D’après M. Navier, chaque kilogramme de blé, battu au fléau, a exigé un travail de loSS1™ et 1502ll“ d’après M. Gosselin.
Le même officier a trouvé pour le travail qu’exige le battage de 1 kil. de blé à l’aide do machines à battre, savoir ;
Au fléau, 1502““
Machine à bras (Léonard) , 1190
Machine anglaise, mue par 2 chevaux, 902
Machincde M. Dieudonné, mue par 2 chev., 857 Machine anglaise, mue par 6 chevaux, 644
Machine anglaise, de 12 chevaux et plus, 598
Plus les machines sont puissantes, moins elles exigent de travail (résistances passives comprises), pour produire un même effet utile.
BOCARDS. (PL XXIII, fig. 1). M. Poncelet a donné dans ses célèbres Cahiers de Metz la théorie complète de celte machine ; nous en résumons ici les résultats en renvoyant pour tous les développements à la V® section du Cours de machines de l’école d’artillerie et du génie, que l’illustre académicien livrera sans doute sous peu à l’impression.
M. Poncelet a partagé toute la série des effets d’un même came en trois périodes.
La première est celle de la durée du choc pendant laquelle l'arbre à cames consomme, pour chaque choc, une quantité de travail donnée par l’expression.
La deuxième commence quand le choc est terminé et que le pilou marche avec la vitesse de la came et finit quand la came abandoune
le pilon pour le laisser retomber; pendant cette seconde période, l’arbre à cames consomme une nouvelle quantité de travail donnée
par
S‘RÛ‘
Enfin, la troisième période commence à l’instant où le pilon a été abandonné par une came et celui où il est choqué par une autre; pendant cette troisième et dernière période, l’arbre à cames consomme une troisième quantité de travail
= S" (a — RO')
Récapitulant toutes ces quantités relatives à un seul choc faisant: n = Le nombre de chocs par révolution de l’arbre à cames.
/* = Le nombre de révolutions de cet arbre par minute.
On a pour la quantité de travail à lui transmettre par seconde
nt*
Kilog. met.
expression dans laquelle
n1 est la vitesse angulaire moyenne de l’arbre à cames qui serait donnée par l’observation du nombre de tours dans un temps détermine, et qu’on suppose très peu différente de la moyenne — — •
entre les vitesses réelles n et o> avant et après le choc.
r‘ = rayon du cercle développé pour tracer la dbvbloppantb qui forme la came
l étant la distance des prisons;
Q le poids du pilon , et par conséquent -y sa masse.
f= coefficient du frottement du pilon contre les prisons. f' =. coefficient du frottement de la came contre le mentonnet du pilon.
x = Distance horizontale de l’axe du pilon au point de contact du mentonnet avec la came.
y = Distance verticale variable du dessous de la prison inférieure au point de contact du mentonnet avec la came.
x et y sont supposés constants dans la valeur de m', les déplacements étant considérés comme insensibles pendant la durée du choc.
p = rayon du tourillon do l’arbre à cames. f, — coefficient du frottement pour ce tourillon et son support.
dm moment d’inertie du système de l’arbre
S‘ = Effort moyen exercé pendant la levée à la circonférence d’une roue quelconque de rayon R, montée sur l’arbre à cames.
R = rayon de celte roue.
On a d’ailleurs
p.(A»v) + /rp.x, +f,p { m + KP' ] 9' (R-AP)O1
expression dans laquelle
l-lbl-ffl
— pression moyenne exercée par la came
agissant contre le mentonnet verticalement de bas en haut, cette valeur est approximative.
h' = valeur de y correspondant à l’élévation du mentonnet audessus des prisons inférieures à l’instant où la came commence à le pousser.
h" ravaleur de y correspondant à l’élévation du mentonnet audessus des prisons inférieures au moment où la came quitte le mentonnet pour laisser retomber le pilon.
b = valeur moyenne dex=distancc moyen ne du point de contact de la came à l’axe du pilon.
X, = chemin parcouru par les points de contact de la came et du mentonnet, et qu’un tracé graphique donne immédiatement.
O1 =arc total décrit pendant la levée, pris dans le cercle dont le rayon = 1
R = nombre des pilons qui sont simultanément en prise.
S" = effort exercé tangentiellement à la circonférence de la roue de rayon R pendant la marche à vide, et qui n’a à vaincre que le frottement du tourillon de l’arbre.
s "=/;-£ ( m + kp- }
a = longueur développée de l’arc compris entre deux cames, mesurée sur la circonférence de rayon R.
Le point de contact de la came et du mentonnet doit être aussi rapproché que possible de l’axe du pilon.
La distance verticale l des prisons doit être la plus grande possible.
La came doit être une développaxte de cercle, afin que le bras
de levier de la résistance soit constant., et que, par suite, les vitesses se transmettent dans un rapport convenable.
z étant la distance horizontale du centre de l’arbreà l’axe du pilon, z — b est le rayon r' du cercle à développer pour former la came. Un s’arrange toujours pour que , le pilon étant complètement abaissé, la partie inférieure du mentonnet et le centre de l’arbre soient sur l’horizontale qui passe par ce centre.
La came étant tracée comme il est dit ci-dessus, le chemin vertical qu’elle fait parcourir à un point du pilon, égale la longueur absolue de l’arc décrit dans le même temps par un point de la circonférence génératrice de la développante, (fig. 2.)
d étant la longueur développée de l’arc compris entre deux cames consécutives du même cercle et mesurée sur la circonférence développée du rayon r', il faut évidemment que cette distance d soit au moins égale à l’arc décrit pendant la levée du pilon, plus l’arc décrit pendant qu’il retombe.
Or, par la génération de la développante, l’arc du rayon r' décrit pendant la levée- =(h" — h'), d’un autre côté, pour retomber de
(h” — A'), le pilon emploie au moins un temps t = pendant lequel un point de la circonférence r' décrira un arc sensiblement égal à fi' r' t— fi' r'
d’où l’on voit que
l’on doit avoir
d>(A" — A')-f-fi' r'
or.
on a donc
ou d>(A" — A') -j- 0.047 ^ r’ j/(A» — A'j on peut faire, en pratique
dz=(h" — A')-f 0.055 z* r' y (h" — A') e étant le nombre de cames par circonférence, on a
cd=2r*r' d’où
2 •rcr'=c(A" — A' ) — }— 0.055 eu r' [/ ( h " — h’) relation entre * c, r', (h" — A ) et d’où l’on lire
150 BOEl’F.
L’observation d’un assez grand nombre de bocards, et l’applicatiou que j’ai souvent faite delà théorie précédente m’ont conduit à calculer avec assez d’approximation le travail nécessaire pour faire marcher un bocard par la règle suivante :
Faites le produit du nombre de levées par seconde, du poids des pilons soulevés et de la hauteur h laquelle ils s’élèvent, vous aurez une première quantité de travail T. Ajoutez à T les \ de T, pour tenir compte des frottements et des perles de force vive, vous aurez la quantité de travail total que la roue hydraulique devra développer.
Ainsi, si l’arbre doit faire 18 tours par minute, et s’il porte huit cames, il y aura levées par seconde, soit 2.4 levées. Le poids du pilon =150 kil., sa levée est de Om.35,
Ajoutez * T = 100 8
Travail total de la roue 226 8
Le calcul exact m’a donné 222 2
BOEL’F. L’effet utile du bœuf ne parait pas avoir été exactement déterminé pour tous les travaux auxquels on l’emploie.On sait toutefois que :
• Attelé à un manège et allant au pas, il exerce sur la barre du manège un effort de 60 kil. , lorsqu’il décrit son cercle avec une vitesse de 0m.60 par seconde d’où travail par seconde = 36 kilog. métr.; et comme la durée du travail journalier peut, dans ces circonstances, s’élever à 8 heures, sa quantité de travail journalière s’élève alors à 1036800 kil. mét.
Une paire de bœufs laboure dans une journée 25 ares.
Dans les mines, l’elTet utile du bœuf est à peu près équivalent à celui du cheval. — A la mine de la Chanu, un bœuf traîne deux bennes, contenant ensemble 440 kil., à une distance de 230 mètres et fait vingt voyages par journée.
Les frais d’achat du bœuf ne sont souvent que la moitié de ceux du cheval. Si le bœuf éprouve quelque accident, on le vend avec d’autant plus de facilité que la vie des mines l’engraisse beaucoup. — Le bœuf ne mange point d’avoine et ne consomme guère plus de foin et de son que le cheval. — Le ferrage et le bourrelagc des bœufs est moins cher. — Les bœufs sont plus robustes, en général, et demandent moins de soins que les chevaux. — Ils occupent plus d’espace dans les galeries. — Ils sont moins intelligents.
Un bœuf de petite taille consomme environ 10 kil. de fourrages par jour. — Il occupe dans les écuries, savoir : 1 mét. dans le sens de l'auge, et2ID30 dans l’autre sens. — Abattu, il donne environ 220 kil. de viande.
BOIS. Qualités et défauts des arbres sur pied. Les arbres venus en terrains marécageux, ont un bois léger et spongieux qui conviendrait mieux à la menuiserie qu’à la charpente, s’il n’était sujet à pourrir assez promptement. Cependant les aulnes, les peupliers et les saules de ces terrains, sont d’un bon emploi; il n’en est pas de même des chênes, des ormes, des châtaigniers ou des arbres résineux.
Les arbres, autres que les arbres résineux, qui croissent dans les terrains maigres et pierreux, sont souvent noueux et rudes; ce qui convient à certains usages spéciaux. Us sont assez bons d’ailleurs. Les arbres résineux de ces terrains sont généralement beaux et bons.
Dans chaque espèce, les arbres de moyenne dimension donnent de meilleur bois que les plus forts.
Les arbres de la lisière des bois sont préférés à ceux de l’intérieur; il en est de même de ceux des clairières ; toutefois , le chêne venu en clairières, au milieu d’arbres résineux, est généralement de mauvaise qualité. Les arbres venus à l’exposition de l’est et du sud sont durs et bons, mais souvent tortueux; ceux du nord sont plus beaux, mais moins durs; ceux de l’ouest, surtout sur les côtes, son t souvent tordus.
La croissance dans les terres noires, fnêlées de pierres et de graviers, pas trop de branches, une tête non arrondie, à moins que l’espèce ne le comporte, des branches longues, des feuilles vertes, vives et nombreuses, une écorce homogène de texture et de couleur, fine par rapport à l’espèce, sont des indices de bonne qualité.
Au contraire, les arbres qui présenteront les caractères suivants seront vicieux.
Les arbres morts sur pied ; ils ne conviennent ni à la charpenterie ni à la menuiserie. Ils ne fournissent même que de détestable bois de chauffage et de fort mauvais charbon.
Si les menus branchages les plus élevés de la cime sont desséchés, l’arbre est dit couronné c’est un signe qu’il est sur le retour. Il faut se hâter de l’abattre ; on peut peut-être alors en tirer quelques débris utiles; mais la masse générale en est mauvaise.
L’arbre est encore plus ou moins vicieux :
S’il a des ulcères ou chancres suppurants, si l’on y remarque de la carie dans certaines parties, s’il se fait un écoulement de sève par une gouttière, s’il a des gerçures ou fentes dans son écorce, s’il est cadrané, c’est-à-dire s’il présente des gerçures circulaires, accompagnées d’autres gerçures en rayons sur l’écorce, si l’écorce et l’aubier présentent des crevasses, s’il est tordu, si l’écorce se détache par feuillets, s’il a des tumeurs, des loupes, des dépôts, des abcès, s’il est déformé, si les feuilles se plient, se rident ou changent de couleur avant la saison, s’il perd ses feuilles avant le temps, ou si l’on
remarque une excessive profusion de feuilles, si la tige et les feuilles sc couvrent d’une poussière rouge ou d’une poussière blanche et filamenteuse, s'il est couvert de mousses, de lichens, de champignons, d’agarics.
Cercles annuels , cœur, aubier. La section perpendiculaire à la longueur de l’arbre abattu présente une série de courbes concentriques dont le nombre mesure, dit-on, l’âge de l’arbre.
On distingue, au centre, la moelle qui disparait quelquefois dans les vieux sujets, à la circonférence, l 'écorce qu’on doit toujours se hâter d’enlever, entre l’écorce et la moelle du côté de celle- ci, le bois parfait ou catur de bois, du côté de celle-là V aubier, qui forme une couche blanchâtre et molle, et dont il faut débarrasser l’arbre le plus promptement possible. L'aubier est quclquefoisdoublc, c’està-dire qu’on en distingue deux couches séparées par du bois parfait. Il faut les enlever toutes deux.
Essai des bois. Elevez la pièce sur deux chantiers: frappez-Ia avec une masse ; si elle n’est point sonore, on peut être certain qu’elle est vicieuse.
Indices de mauvaises qualités dans les bois abattus. Les nœuds, les loupes, les boursouflures, les chancres, les plaies, môme celles qui sont cicatrisées; des champignons et agarics fraissur un arbre abattu depuis longtemps. — des changements de nuances subits dans la couleur générale de la section en travers. — Le double aubier. — Des fibres ondulées, tordues, annoncent un bois rebours, qui ne convient qu'à des travaux tout spéciaux. — De nombreuses fentes sont l’indice d’un bois gétif-, elles pourront donner lieu à la pourriture. — De nombreuses ruptures de fibres perpendiculairement à leur direction. — De longues et profondes fissures parallèles àcetlc direction.
— Une multitude de petites fentes et gerçures en travers des fibres indiquent un bois en retour. — Des parties réduites en poussière. —
— La vermoulure. — Des cercles concentriques non adhérents, qui indiquent la roulure.
Indices de bonnes qualités dans les arbres abattus.. Odeur fraîche et agréable, si les bois sont nouvellument coupés. — Odeur presque nulle, s’ils sont coupés depuis plusieurs années, à moins qu’ils ne soient résineux, et, dans ce cas, ils doivent exhaler une odeur forte de résine. — Uniformité de substance. — Rectitude des fibres. — Ténacité. — Sonorité. — Elasticité. — Les copeaux qu’on eu lire doivent être liants, et doivent sc séparer par filandres sans rompre sèchement.
Abattage des bois. Les bois employés dans la charpenterie doivent être abattus depuis trois ans au moins, ceux destinés à la menuiserie doivent être encore plus secs ; ils exigent au moins quatre ans d’abattage, à moins qu’ils n’aient été desséchés artificiellement.
Abattage. Ne point abattre, pour l’usage de la charpenterie, des arbres qui auraient moins de 0m15 à 0.20 de diamètre.
Epoque de l’abattage. Ne suivre d’autre loi que les usages locaux. En France, l’usage a prévalu, et avec raison, à ce qu’il parait, de de n’abattre les arbres qu’après la chute des feuilles ; en Espagne, en Italie, dont le climat favorise la prompte dessiccation de la sève, on coupe, au contraire, les arbres en été.
Lorsqu’on procède par coupes totales, il faut commencer l’abattage par la lisière et par le point le plus rapproché des routes. Ce travail exige beaucoup d’ordre, sous peine d’encombrement.
Ecorccr immédiatement après l’abattage.
J’emprunte au bel ouvrage de charpenterie du colonel Emy,
Diverses méthodes d'abattage.
Abattre avec la souche séparée des racines. Déblayer les terres autour de la souche et les répartir tout autour de l’excavation. Détacher la souche des racines avec la hache, ou, ce qui est plus prompt, avec la scie. Coucher l’arbre du côté où il fera le moins de dégât; le faire tomber à l’aide de cordages qui dirigent sa chute. Remplir le trou avec les déblais pour s’en débarrasser.
Abattre en pivotant. Cette méthode ne s’applique qu’aux arbres qui ont un pivot ou grosse racine qui s’enfonce verticalement et profondément.
Déblayer autour delà souche jusqu’à la profondeur nécessaire pour couper les racines latérales. Passer par dessous la souche des chaînes sur lesquelles on agit verticalement au moyen de crics ou de leviers. Continuer comme ci-dessus.
Arracher l’arbre avec toutes ses racines. Dégager les racines principales des terres qui les recouvrent ; passer des chaînes sous ces racines, en commençant par les plus faibles, et les soulever ainsi les unes après les autres. Opérer ensuite sur la souche comme ci-dessus, ou comme suit :
Emploi de la poudre. On peut aussi soulever les souches par le moyen de la poudre. Pour cela, il faut déblayer assez de terre autour de la souche et des racines pour diminuer la résistance du sol; placer sous la souche un petit mortier de métal à large base que l'on pose sur un plateau de bois encore plus large; après qu’on a mis la charge, on recouvre le mortier par une plaque épaisse en fonte, et l’on chasse une quantité suffisante de coins en dessus de cette plaque, pour que l'effort de la poudre se porte directement sur la souche; on met le feu au moyen d’une mèche lente, qui donne le temps de s’éloigner. Si l’arbre n’est pas immédiatement renverse, l’explosion, du moins, avance considérablement le travail.
Couper un arbre au-dessus de sa souche. Faire avec la cognée, et le plus près possible du sol, une profonde entaille du côté où l’arbre
m bois.
doit tomber. Celte entaille doit atteindre beaucoup au delà du cœur de l’arbre. Pratiquer une seconde entaille du côté opposé et l’approfondir jusqu’à ce qu’elle soit près de joindre l’autre. Il ne faut plus alors qu’un faible effort pour renverser l’arbre. Donner ensuite à la souche une forme en dos d’âne sans offenser le collet. Les entailles faites à la cognée ont le défaut de raccourcir la tige de 0"'40 à 0“60. l a méthode suivante vaut mieux, sous ce rapport, quoiqu’elle soit rarement employée.
Abattage au passe-partout. Creuser entre les racines de l’arbre deux trous assez profonds dans le sol pour placer les ouvriers qui meuvent la scie dite passe partout. Ces trous doivent être assez profonds pour que leurs mains soient un peu au-dessus du collet. Mouvoir la scie dans un plan un peu oblique à l’horizon. Lorsqu’elle a dépassé le centre, chasser des coins dans le trait pour lui donner la liberté nécessaire à son jeu. Faire delà même manière une petite entaille suivant le même plan, mais du côté opposé. Des cordages latéraux, disposés en haubans, retiennent l’arbre jusqu’au moment où l’on fait agir ceux qui doivent déterminer sa chute. Polir le plan incliné de la coupe à i’hcrminclte.
Prix comparatif , durée du travail. Hassenfralz fait remarquer que la méthode d’arrachement coûte douze fois autant que la coupe à la hache ; que l’arrachement, en faisant pivoter ne coûte que le double, mais que, par l’une et l’autre méthode, on gagne beaucoup sur la longueur de l’arbre. Celte augmentation de longueur a quelquefois une valeur qui est douze et dix-huit fois celle de l’augmentation de la dépense pour pivoter.
La méthode par arrachement doit toujours être préférée toutes les fois qu'il s’agit de défricher.
L’équarrissement des bois à la scie de long est généralement plus cher que celui fait à la hache : c’est la valeur locale des dosses ou f lâches qui déterminera la préférence quant à l’emploi de la scie ou de la hache.
Les bûcherons et doleurs qui équarrissent les bois, font chacun, dans une journée, 19uia,.20 de surface d’équarrissage, tandis que trois scieurs de long ne font ensemble, dans la même journée, que 12mm.96, d’où il suit que chaque bûcheron produit un travail qui est près de quatre fois et demie celui d’un scieur de long (Hassenfratz). D’un autre côté, les bûcherons ne laissent que des copeaux, tandis que les scieurs fournissent des dosses ou Haches dont on tire quelquefois des chevrons.
Débit des bois. Tout l'art consiste ici à combiner les traits de scie de telle sorte qu’aucune des petites pièces ne soit |>erduc et qu’elles puissent toutes trouver un emploi dans la localité. Il est impossible d’indiquer tous les modes de débit qui peuvent satisfaire à ces conditions.
Courber les bois. 1° Planches. Los soumettre à des efforts qui tondent à leur faire prendre la (orme désirée; aider cette action par une immersion de deux heures dans l’eau bouillante.
Si les pièces sont très fortes, les soumettre à des efforts convenable ment dirigés pendant qu’on les expose à l’action de la vapeur d’eau, durant huit heures environ, dans des étuves fermées où la vapeur est maintenue à une température de au moins 105°.
On peut encore ramollir par l’eau bouillante et la vapeur, puis courber et fixer la pièce sur des formes fixes au sortir du bain.
2° Fixer la pièce par une extrémité ; charger l’autre extrémité d'un poids; la chauffer en dessous par un feu clairet vif, et mouiller en même temps le dessus.
Il parait probable que la résistance des bois est altérée par ces opérations.
Conservation des bois. En général, il faut les défendre contre l’humidité, les changements brusques, les courants d’air trop secs cl trop vifs, lesgelées, le soleil.
Ne les laisser jamais sur le sol.
1° Enlever toutes les parties viciées, surtout les nœuds qui offrent la moindre trace de carie ; remplir les vides laissés avec du goudron.
Les empiler sous des hangars ou sous des toitures quelconques, en isolant chaque pièce de celles sur lesquelles elle repose j.ar de petites cales parfaitement saines.
Le rang inférieur doit être élevé de près de 1 mètre au-dessus du sol. On doit avoir le soin d’aérer le hangar de manière à satisfaire toujours aux conditions ci-dessus. On emploie pour cela des paillassons, des planches, etc.
2° Maintenir les bois complètement immergés trois à quatre mois, nu plus, dans l’eau douce : l’eau courante est préférable de beaucoup à l'eau stagnante, et l’eau claire à l'eau trouble.
3° Les enfoncer dans la terre, le sable ou la vase.
4° Les maintenir complètement immergés dans l’eau de mer, s’ils ne sont point destinés aux constructions civiles; car, après cette immersion, ils attirent toujours l’humidité.
Les bois qui ont été immergés se dessèchent ensuite plus rapidement que les autres, mais on craint que leur résistance n’en soit altérée, ce qui n’est qu’un faible inconvénient pour la menuiserie.
Il ne faut point réunir dans une même pile des bois d’espèces, d’essences ou de coupes différentes.
Il est très bon de paver ou bitumer le sol au-dessus duquel In pile repose; et de changer souvent les bois de place, mettant endessus ceux qui étaient dessous, etc. On profile de ces manœuvres pour les visiter et pour retirer des piles ceux qui présentent la moindre (race de détérioration.
On ne doit jamais débiter les bois dans les hangars où on les conserve, et ces hangars ne doivent jamais recevoir ni sciures ni écorces.
5° Les procédés proposés par M le docteur Boucherie pour la la conservation des bois , méritent aussi, à tous égards, d'étre tentés. L’expérience n’a point encore prononcé sur leur efficacité.
Dessiccation des boit. On est parvenu à dessécher parfaitementles bois de fusil (noyer) parla vapeur d'eau. Ce procédé est aujourd'hui en usage dans toutes les manufactures royales d'armes; il ne parait pas praticable pour les bois d un fort équarrissage. Ce mode de dessiccation se compose de trois opérations successives, savoir : le lessivage, l 'essorage, I ’etuvage.
1° Le lessivage, pendant lequel les bois sont soumis à l’action de la vapeur à faible tension dans une chambre en maçonnerie, non revêtue intérieurement de pièces métalliques qui seraient bientôt détruites. Le fond de cette chambre en maçonnerie doit avoir une légère pente qui amène l’eau de condensation ainsi que les parties solubles enlevées aux bois vers une ouverture qui leur donne issue par un tuyau d’écoulement partant d’une cavité dans laquelle ces liquides se rassemblent. Cette cavité a une légère contre-pente vers l’intérieur, et la vapeur est ainsi retenue par une petite colonne d’eau qui la laisserait s’échapper si la tension dépassait le terme convenable.
Les bois sont arrangés dans cette chambre de manière à ne se toucher entre eux que par le moins de points possible, à n’en point toucher les parois, à n’ètre jamais baignés par l’eau de condensation. Il suffit, pour cela, de les élever de 0m.t au-dessus du fond.
J.a vapeur pénètre dans la chambre par la partie inférieure; elle doit y acquérir et y conserver une température de 100°. On reconnaît que la vapeur a produit son effet lorsque l’eau de condensation sort limpide, sans couleur, ou seulement avec une légère teinte jaune paille. Il ne faut pas prolonger son action au delà de ce terme, qui se présente ordinairement au bout de 20 à 24 heures.
Le lessivage terminé, on ferme à la vapeur et on ouvre la chambrent le récipient pour laisser refroidir, au moyen d’un courant d’air. Ce refroidisssement doit durer environ 2 heures.
Essorage. A leur sortie de la chambre à vapeur, on expose les bois dans'un local sec, bien aéré, mais non chauffé, pendant environ un mois, en ayant soin qu’ils ne reçoivent point de courants d’air trop vifs.
Exposition d l’étuve. Après l’essorage on porte les bois dans une étuve où ils doivent séjourner encore un mois environ. La température de l’étuve, portée d’abord à 25", doit avoir acquis progressivemenl celle de 3î°au bout de f5jours. On chauffe l’étuve en y introduisant de l’air chaud. Il faut faire en sorte que la température
soit partout égale, etque l’arrangement des bois laisse laplus grande partie de leur surface eu contact arec l’air chaud.
Après avoir subi ces préparations, les bois de huit mois de coupe ont perdu 0.23 de leur poids, tandis que ces mêmes bois ne perdent ordinairement que 0.1 5 à 0.18 en trois ans de séjour dans les magasins. Il faut encore laisser les bois, préparés à la vapeur, pendant trois mois dans les magasins, pour les rendre plus faciles à travailler.
En somme, on obtient aujourd’hui par ce procédé, en six mois au plus, ce qu’on n’obtenait point en trois années. La dépense, suivant le prix de la houille, s’élève à environ 0 fr 05 c. par bois de fusil; les rebuts ne sont que de 4 pour 100. ( Voyez notice de M. le lieutenant colonel Piron, Mémorial de l'artillerie, tome IV.) Il ne me parait pas douteux que des procédés analogues ne puissent être employés avec de très grands avantages dans l’industrie privée.
Résistance des bois. Les forces extérieures qui agissent sur les bois peuvent 1° les écraser lorsqu’elles tendent à refouler les fibres; 2» les comprimer lorsque, agissant perpendiculairement aux plans des fibres, elles tendent à rapprocher celles-ci; 3° les arracher lorsque , agissant dans le sens des fibres, elles tendent à rompre celles-ci par traction ; 5° Enfin, elles peuvent encore tordre les bois; 6° les rompre par des efforts perpendiculaires à leur longueur, efforts appliqués en des points quelconques de celle longueur; 7» les fléchir.
Dans les cas 5, 6 et même 7, il faut avoir recours à la théorie de la Résistance des matériaux pour déterminer les efforts maximum auxquels les pièces de bois peuvent être soumises dans les constructions. Les résultats de l’expérience suffisent seuls dans tous les autres. Nous ferons remarquer, toutefois, que ce n’est qu’avec prudence, ou mieux avec une certaine méfiance; qu’il convient aux ingénieurs d’envisager les résultats fournis par la théorie de la résistance des matériaux, en tant qu’on l’applique aux bois. Cette théorie suppose, en effet, que les corps sont homogènes, et les bois de même espèce ne le sont jamais. En outre les nœuds et les autres maladies peuvent altérer considérablement leur résistance dans certaines parties. Enfin, le sens suivant lequel une pièce de bois est placée, ainsi que la durée des efforts, ont une influence non douteuse sur les ruptures.
Buflbnavu rompre deux pièces de bois de O®. 189 d'équarrissage au bout de deux heures sous une charge, au milieu, de 4405 kilog. Deux autrcspièces, de même dimension, ont rompu sousnne charge de 2937 kil. ; l’une au bout de 5 mois et 25 jours, l’autre au bout de 6 mois et 17 jours. Enfin, deux autres pièces toutes semblables , chargées de 2202 kil. pendant deux ans, avaient fléchi considérablement, mais sans rompre.
Voici maintenant ce que l’expérience seule a appris sur Yécrast-
ment, la compression, Y arrachement des bois et sur les lois des flexions. (Voyez pour les autres cas l'article Résistascb des mate-
HIAUX. )
Ecrasement par un effort dans la direction des fibres, l’effort étant partout évalué en kilog. par centimètre carré, on a pour le
Chêne
d’après Rondelet Rcnnie.
Sapin
Sapin blanc
Rondelet
Rcnnie.
Pin d’Amérique
id.
Orme
id.
Ces chiffres supposent que la pièce est cubique. On peut , d’après Ilondelet les étendre jusqu’aux cas où la pièce de bois n’a pas une hauteur 7 à 8 fois aussi grande que le cOié de l’équarrissage de sa base. Dès que cette hauteur relative atteint 10, la pièce de bois peut céder en pliant, et il admet que, la résistance à l'écrasement étant prise pour unité, lorsque la hauteur relative est I ou que la pièce est cubique, elle devient
si la hauteur relative est si elle est
tt
D’oii l’on voit qu’une pièce de chêne qui porterait 424 kil. si elle n’avait que que 0.03 de hauteur, porterait h peine 17k.05 par centimètre carré, si sa hauteur était portée à 2m.16.
Compression par un effort qui tend à rapprocher les fibres. Solon Gauthey, si l’on veut que les fibres de la surface pressée ne cèdent pas à la pression perpendiculaire à leur direction, il ne faut pas que cette pression dépasse 160 kil. par centimètre carré pour le chêne non humide. Tredgold donne 108 kil. pour le même bois et 78 kil. pour le sapin.
On a vu dans une pièce de bois soumise à une énorme compression, toutes les couches annuelles perdre leur adhérence mutuelle, et se détacher les unes des autres à peu près comme les diverses parties d’une lunette longue-vue. (Erection de l’obélisque du Luxor.)
Arrachement sous une traction dans le sens des fibres. L’arrachement a lieu sous un effort en kilog. par centimètre carré égal , savoir :
pour le chêne d
'après Rondelet
81 3 à 6iG
id.
. Barlow.
sapin.
id.
frêne.
id.
hêtre.
id.
tcak.
id.
buis.
id.
poirier.
id.
acajou.
id.
La limite d’élasticité du chêne ne parait pas être atteinte lorsqu’il s’allonge de—, ce quia lieu à peu près sous l'action d’un effort de 213 kil. par centimètre carré. L’adhésion latérale des fibres du sapin ou l’efTort nécessaire pour séparer une pièce de sapin en deux parties par le glissement de l’une sur l’autre, parallèlementaux fibres, est de 41* par centimètre carré d’après Barlow.
Elle est de 57* pour le frêne, d’après Minard et Désormcs; celle du chêne m’est inconnue.
Torsion. 11 ne parait point avoir été fait d’expériences sur la torsion des bois.
flexions. Ce sont surtout les résistances à la flexion qu’il importe de considérer dans les constructions. Voici ce que l’expérience a fait connaître sur les flexions des bois, d’après M. Dupin :
Les pièces reposant librement sur deux appuis horizontaux, par leurs extrémités, et étant soumises à l’action de poids très faibles, par rapporta ceux qui en auraient déterminé la rupture;
Les flèches de courbure sont proportionnelles aux poids agissant sur le milieu des pièces.
Pour des bois d’espèces différentes (chêne, cyprès, hêtre, sapin), l’ordre des pesanteurs spécifiques est aussi celui des résistances à la flexion.
Pour le même poids accumulé au milieu d’une pièce, ou reparti uniformément sur toute son étendue, les flèches sont entre elles z: 5 : 8.
Entre les mémos appuis, les flèches sont réciproquement comme les cubes des épaisseurs.
Deux pièces d’égal équarrissage se plient suivant des arcs dont les flèches sont proportionnelles aux cubes des distances des appuis.
Donc, pour deux pièces de bois de la môme espèce, soutenues par leurs extrémités, et avant leurs dimensions homologues proportion nellcs, les flèches qui naitrout de l’effet de leur propre poids seront directement proportionnelles aux carrés des longueurs des pièces.
Quelle que soit la grandeur absolue de ces pièces, elles auront toutes un seul et même rayon de courbure à leur milieu.
Ce résultat subsisterait encore si l’on chargeait les pièces par des poids accumules ou répartis, mais proportionnels au poids même de ces pièces.
Les efforts nécessaires pour rompre les bois n’ont aucun rapport avec ceux qui produisent les flexions. Le hêtre, l’orme, le noyer, le sapin, opposent peu de résistance à la flexion et beaucoup à la rupture; le cyprès et l’acajou opposent beaucoup de résistance à la flexion et peu à la rupture. Le pin de Corse et le chêne offrent beaucoup de résistance à la flexion et à la rupture.
Emploi des diverses espèces.
Acacia (faux acacia) robinier. Uni, dur, pesant, susceptible d’un beau poli, résistant bien à l’humidité, et ne se laissant pas attaquer facilement par les vers ; donnant de bons pilots pour les travaux sous l'eau , des chevilles pour vaisseaux : il convient à la charpenterie cl à la menuiserie. On en fait des chaises communes très légères et très résistantes. Il convient à certaines parties de la charpenterie navale.
Poids spécifique de l’acacia vert 0.820.
Alisier. Convient à la charpenterie de machine lorsqu’il est parfaitement sec; donne règles, trusquins, équerres, dents de roue, fuseaux de lanterne, coussinets, poulies de puits, alluchons, pilons.
Amandier. Excellent bois pour petites pièces de machines; extrêmement dur, mais sujet à se fendre, si on l’emploie avant qu’il soit parfaitement sec.
Arbousier. Excellent bois pour les petites pièces de machines; il donne le meilleur et le plus dense de tous les charbons de bois que j’aie jamais vus; c’est un excellent bois de chauffage.
Aulne. Ne s’emploie pas pour les charpentes, parce qu’il se corrompt facilement à l’air; il a une très longue durée sous l’eau; donne de bons pilotis, des tuyaux de conduite, des corps de pompe.
L’artillerie l’emploie pour les fusées de bombes, les sabots à boulets cl à cartouches.
Il convient très bien à certaines menuiseries, parce qu’il ne se fend pas aisément et se polit bien.
Les loupes d’aulne, c’est-à-dire les excroissances qui se développent sur cet arbre sont assez recherchées par les ébénistes.
Son écorce est employée en teinture.
Poids spécifique, 0.555; après trois mois de coupe j’ai trouvé 0.680.
Bouleau. Médiocrement dur, se travaille bien, donne poutres, chevrons, s’emploie dans le charronnage.
Poids spécifique, 0.720.
Buis. Bois liant, sc travaillant bien, propre à tous les ouvrages qui exigent une grande résistance; excellent pour dents de roue, poulies, vis, et surtout écrous. Il est employé pour une foule d’autres objets.
Prix des fortes brandies, environ 0 fr. 60 c. le kilog. gros bois de choix, 1 fr.
Les loupes ont une valeur plus élevée.
Cerisier. A les qualités du mérisier, mais à un moindre degré; trouve son emploi chez les tourneurs, miroitiers, etc.
Charme. Grain fin et serré, bois dur, raide et liant, d’une longue durée, convient très bien à la charpenterie des machines pour dents de roue, fuseaux, lanternes, leviers, vis, poulies, cames. On en fait aussi délions essieux, des flèches, destinions On l’emploie peu en menuiserie, parce qu’il sc rabote et sc fend difficilement; cependant il donne de bons manches d’outils, des maillets. La marqueterie en fait usage, cases blanches de damier, etc. Assez bon bois de chauffage.
Châtaignier. Le prétendu châtaignier des anciennes charpentes est un véritable chêne peu cultivé en France. Le châtaignier est sujet à la vermoulure ; il devient dur et cassant en vieillissant. Ilsepourrit facilement dans la maçonnerie; il convient donc très peu à la charpente. Il n’est guère plus propre à la menuiserie; car il se rabote mal et est peu susceptible de poli.
Il fournit, toutefois, d’excellents pieux pour les constructions où il est constamment immergé; de bons tuyaux de conduite, des cercles, desèchalas, des manches d’outils.
Il donne de très bons charbons de forge.
Poids spécifique moyen admis 0.875. J’ai trouvé 0.780.
Chêne. Il y a un très grand nombre de variétés qui conviennent toutes «à divers degrés aux travaux de charpente et de menuiserie, à l’exception du chêne vert et du chêne liège; parmi toutes ces variétés on distingue surtout :
Le chêne à gros glands, solitaires, ou groupés deux à deux au plus; il donne la meilleure qualité de bois pour la grande charpente, les combles, les planchers, la menuiserie.
Le chêne à petits glands réunis par bouquets de 3, 4 ou 5, dont le bois est plus pesant, plus dur, mais moins droit et moins élastique que le premier; il est aussi généralement plus durable, mais se gerce quelquefois lorsqu’il est débité. Il convient surtout aux fondations des édifices, et à toutes les constructions exposées à l’air extérieur et à l'humidité du sol..
Poids spécifique qui varie de 1.231 à 0.616. Le plus dense est généralement le meilleur.
Chêne liège. Sou écorce fournit le liège. Il ne convient ni à la me-
nuiseric ni à la charpente. L’acide gallique qu’il contient attaque les ferrures avec lesquelles on le met en contact.
Poids spécifique, 1 .237 lorsqu’il est encore frais.
Chêne rert ou yeuse. Dur, compact, tortueux, brusque, peu propre à la charpente et à la menuiserie; convienfau charronnage et aux machines, essieux, poulies, rais ; longue durée.
Excellent bois de chauffage et de charbonnage.
Poids spécifique des chênes verts de la Corse, après six mois de coupe, 1.26 t. Ce chiffre est important, car on avait projeté de faire flotter ce bois sur les torrents pour le conduire de la montagne à la mer, et l’on voit qu’il ne flotte point.
Cormier. Fort estimé pour les machines; donne fûts de varlopes, rabots bouvets... Il se coupe assez bien; il se fend et se tourmente beaucoup quand il n’est pas parfaitement sec.
Cyprès. Excellent bois de construction, qui jouit en outre d’une sorte d’incorruptibilité indéfinie, à la mer et dans les lieux humides.
Erable. S’emploie surtout dans la menuiserie et l’ébénisterie ; il prend un très beau poli, mais il est sujet h jaunir avec le temps. On en fait de très beaux bois de fusil de luxe, des violons, guitarres, harpes, meubles.
L’érable gris ondulé vaut 0 fr. 40 c. le kilogramme.
Les feuilles de loupe d’érable blanc argenté se vendent 6 fr. la pièce, lorsqu’elles ont lm carré environ, et qu’elles offrent de beaux dessins.
Poids spécifique, l’échantillon étant encore un peu frais, 0.800.
Frêne. Peu propre à la charpenterie, convient mieux au charronnage. Dur, pesant, promptement piqué par les vers, il casse très facilement à l’endroit des nœuds, donne manches d’outils, hampes, brancards, rames, leviers, échelles; chaises très-bonnes. Il se rabote bien et forme des assemblages de menuiserie très solides.
Son écorce donne un tan estimé.
Poids spécifique 0.81 1 à 0.690, j’ai 0.764.
Guignier. Plus dur que le cerisier et même que le merisier. On en fait des dessus de tables, des buffets, des comptoirs. Il ne doit être employé que parfaitement sec ; il est un peu sujet à la piqûre lorsqu’il n’est pas ciré et poli.
Hêtre. Sujet à se fendre, à se laisser attaquer par les vers, casse aisément, s’amincit beaucoup en se desséchant ; peut être employé avec avantage, lorsqu’il doit être complètement plongé dans l’eau, dans la charpenterie de moulins, par exemple. On en fait aussi jantes de roues, essieux, varlopes, outils, sabots à boulets. Les ferrures en contact avec ce bois, se détériorent promptement. Il est préférable aux autres bois dans les constructions exposées à une grande chaleur : manches de marteaux de forges.
Le menuisier en meubles en fait un assez grand usage, pour bois de fauteuils, canapés, lits, armoires, commodes, quoiqu’il ne se polisse pas très bien.
Il sert à laboissellerie.
Poids spécifique 0.696 à 0.800.
Hou x. Bois très fin, très blanc, prend le plus beau poli, mais se rabote assez difficilement. Il est très recherché pour la marqueterie, donne d’excellents manches de marteau et de haches. Il ne travaille point quand il est bien sec.
Son écorce donne la glu.
Poids spécifique 0.800.
If. Convient à la charpenterie, à la menuiserie et à l’ébénislcrie. Il prend facilement un très beau poli.
Marronnier d'Inde. Mauvais bois qui se tourmente beaucoup d’ailleurs , mais qui ne se laisse pas attaquer par les vers. Mauvais bois de chauffage ou de charbonnage. On l’emploie quelquefois dans la menuiserie.
.Melèze. Excellent pour la mâture, les grosses poutres et la charpenterie en général; il est pour ainsi dire impérissable dans l’eau. Le bois de melèze se distingue du sapin par sa couleur rouge et ses veines foncées. Le melèze doit avoir conservé toute sa résine.
Merisier. Très bon bois de charpente et de menuiserie, prend bien le poli, la teinture; se rabote bien, fait de bons assemblages, mais il devient sujet à la vermoulure en vieillissant.
Mûrier. Ne convient guère qu’aux tourneurs, qui en font d’ailleurs peu d’usage. Il est difficile à polir.
Néflier. Dur, fin, égal, convient aux machines lorsqu’il est parfaitement sec; se polit très bien.
Noisetier. Fort, léger, flexible, trop tendre pour recevoir un très beau poli. Ses baguettes sont très recherchées. Le tourneur, le menuisier, le tonnelier et le vannier l’emploient. Son charbon est recherché pour la fabrication de la poudre.
Noyer. Peu d’usage en charpenterie; s’emploie quelquefois dans les machines; liant et doux, ne se gerce ni ne se tourmente; donne des moyeux de roue, et principalement des bois de fusil; prend un très beau poli et convient particulièrement bien à la menuiserie de tout genre.
Lu pied de noyer noir se vend environ 150 fr.
La loupe de noyer est recherchée.
Poids spécifique 0.920.
Olivier. Bois très bien veiné, d’une odeur agréable, prenant très bien le poli, et fort estimé des lablcticrs et des ébénistes. 11 est souvent tortueux et sujet à la roulure.
La loupe d’olivier est très recherchée.
Orme. Peu propre à la grande charpenterie, sujet à être piqué
par les vers ; n’est employé en menuiserie que pour certains objets; difficile à polir, se vernit mal.
Fournil vis, écrous, tuyaux de conduite pour les eaux, poinçons, moyeux, jantes, flasques pour les affûts de campagne, dessus de table, d’établi , billots, pompes.
C’est un bon bois de chauffage et de charbonnage; scs cendres sont riches en potasse.
Poids spécifique 0.7C3 à 0.553, quelquefois 0.905.
Peuplier. Bois léger, un peu mou, facile à travailler, susceptible de prendre un beau poli, portant bien le placage; sert à la char-
f icntc ordinaire et à la menuiserie. Il donne des planches pour a caisscric, des tablettes, fonds de tiroirs. D’après le général Gassendi, ce bois est le plus propre cl le plus ordinairement employé pour les corps des caissons de l’artillerie.
Poids spécifique 0.37» à 0.511 et plus.
Pim. Environ trente variétés. Le plus beau et peut-être le meilleur de tous les pins d’Europe est le Pin Lariciro , ou pin de Corse, où il acquiert des dimensions considérables. J'en ai mesuré un qui avait 42“ d’élévation cl 2m50 de diamètre dans la forêt de Marmano.
Ils conviennent tous à la charpenterie et particulièrement bien à la charpenterie navale; donnent miUs, bordages, planches.
Poids spécifique 0.679, 0.622.
Le pin maritime , qui a des dimensions beaucoup plus faibles, est également employé dans la charpenterie; il donne en outre de la résine, mais aux dépens de la qualité du bois.
Poids spécifique 0.630, 0.396.
On emploie peu le pin dans la menuiserie, si ce n’est pour la caisseric.
Les pins sont sujets à être piqués par les vers si on ne les écorce pas aussitôt qu’ils sont abattus, et si on ne les sort de la coupe.
D’après M. l’ingénieur Lefebvre , le pin maritime résiné a une très grande durée lorsqu’on l’emploie en pilotis. Mais sa durée se réduit à 5 ou 6 ans au plus pour les parties où il’est exposé aux variations atmosphériques. On le voilalors, dit-il , pourrir et se piquer des vers. Quand les planches, au contraire, proviennent d’arbres très âgés, renfermant beaucoup de goudron, ce qu’on reconnaît à la couleur brune du bois, les planchers et les meubles ont une durée presque égale à celle des bois durs.
Platane. Se laisse aisément attaquer par les vers, mais il se conserve bien dans l’eau. Son graiu fin lui permet de prendre un beau poli, et sa compacité le rend propre à recevoir des moulures délicates; son bois ferme et doux, agréablement nuancé, se coupe bien dans tous les sens , ne se tourmente pas quand il est bien sec et