PHOSPHORE. — PIERRES DE CONSTRUCTION
cherchait dans le résidu d’une distillation d'urine humaine putréfiée. Il a été découvert une seconde fois, quelques anuées plus lard, par Kunckel, et c’est ce dernier qui l’a nommé phosphore (portelumière).
Le phosphore est solide à la température ordinaire, jaunâtre, corné, translucide et flexible comme la cire, il se colore parfois et spontanément en rouge sous l’influence des rayons solaires. Il s’enflamme d’autant plus aisément à l’air, que la température extérieure est plus élevée ; il s’y brûle en répandant une épaisse fumée blanche et dégage une légère odeur d’ail; il luit dans l’obscurité, ce qui lui a valu son nom. Son poids spécifique est 1.77; il est donc plus pesant que l’eau ; et comme il est insoluble dans ce liquide, on l’y plonge pour le conserver. II est fusible vers 35°, et dès lors, dans l’eau portée à cette température; il bout entre 200 et 300 degrés.
Le phosphore, seul ou combiné avec le fer, le cuivre, le cobalt elle nickel, se dissout aisément dans l’acide nitrique et l’eau régale qui le convertissent en acide phosphorique ; l’acide hydrochlorique ne le dissout pas. II est soluble dans une dissolution de potasse pure. Il forme avec l’oxygène plusieurs acides dont la composition est indiquée page 1220.
Le phosphore se lire aujourd’hui des osdes animaux par un procédé pour lequel je renvoie à l’article Phosphore du Dictionnaire technologique rédigé par M. Payen. L’analyse dos minéraux qui le contiennent est assez délicate; j’en ai donné une idée, page 39.
PIERRES DE CONSTRUCTION. L’art des constructions divise les pierres en pierres argileuses A, calcaires B, gypseuses C, siliceuses D, diverses E.
A Les pierres argileuses , parmi lesquelles on classe les schistes micacés et les ardoises, ne font point effervescence par l’action des acides; elles n’étincellent pas sous le choc du briquet. Leur résistance et leur dureté sont très-variables ; leur adhésion aux mortiers assez grande par les faces qui ne sont point polies. Elles sont généralement altérables à l’air et à l’eau. Leur poids est d’environ 2600 kil. le mètre cube. Un centimètre cube de ces pierres s'écrase sous des pressions comprises entre 420 et 680 kil.
Û Pierres calcaires. Il y en a une très-grande variété. Elles font effervescence avec les acides, n’étincellent pas sous le choc du briquet; elles sont décomposables au feu, qui en dégage l’acide carbonique et les transforme en chaux plus ou moins pure. Leur mètre cube pèse de 2000 à 2700 kil., à l’exception de la lambourde et du tufau, pour lesquels il se réduit à environ 1500. Leur résistance à l’écrasement diminue, en général , avec ce poids ; elle est comprise, pour un centimètre cube, entre 133 kil. et 788 kil., la lam-