RÉACTIFS
Pour les alcalis litres. Le papier de curcuma découvre un 3000“*' d’alcali caustique ; celui de chou rouge un 7500*“*. Le papier de bois de Brésil devient légèrement violet avec un 20 000*™*.
Le papier de tournesol rougi par l’acide acétique prend une couleur bleue sensible avec un 80 000*™“ d’alcali.
Comme l’hydrate de potasse employé contenait 16 pour cent d’eau les quantités d’alcali réel reconnues par les réactifs précédents sont un 3600*“% un 9000*“% un 24 000*“' et un 95 000*”*.
Pour la potasse (pag. 1320). Une solution alcoolique de chlorure de platine donne un précipité dans une solution de nitrate de potasse contenant un 200*“* de cette base. Une solution contenant un 205*“* ne donne pas de précipité.
Une solution très-concentrée d’acide tartrique produisit un précipité avec un 220*“' de potasse, mais non avec un 230*“'. Ces réactifs furent essayés à la température 15°C.
Pour la chaux (pag. 302). L’oxalale d’ammoniaque produit un nuage , après quelques minutes , dans une solution de chlorure de calcium, ne contenant qu’un 400 000*”* de chaux.
Pour la barite. L’acide üuo-silicique donne un léger précipité dans une solution de chlorure de barium qui contient un 3800*“* de barite.
Une solution de sulfate de soude produit, au bout d’une demiheure, un nuage dans une liqueur qui renferme un 71 000*”* de barite.
Pour la magnésie (pag. 35 et 1101). Une solution de phosphate de soude indiqua en 24 heures la présence de un 200 000*“' de magnésie dans une dissolution de sulfate de cette base. Le réactif doit être très-concentré , et ajouté en quantité égale à celle du liquide examiné. Ces conditions sont indispensables, et, si l’on n’y satisfaisait pas , le réactif ne pourrait indiquer la présence que de un 1000*“' à un 4000*“* de magnésie.
L’ammoniaque donne, après quelques minutes, un léger précipité dans une solution qui contient un 6000*“' de magnésie.
Pour le protoxyde de fer. La teinture de noix de galle et une solution de ferro-prussiatc de potasse acidulée par quelques gouttes d’acide hydrochlorique démontrent , après quelques minutes , la présence dans l’eau du protoxyde de fer avec un 440 000*“' de sulfate de fer cristallisé.
Pour le peroxyde de fer. La teinture de noix de galle donne une couleur violette à une solution qui ne renferme qu’un 300 000*“' de sulfate de peroxyde de fer.
Une solution de ferro-prussiatc de potasse fait reconnaître la présence de un 420 000*“' du même sel.
Pour le cuivre (pag. 483). L’ammoniaque donne, après quelques
heures, une légère couleur bleue à une solution de sulfate de enivre qui renferme un 9400*“' d’oxyde de ce métal.
Le prussiate de potasse rend évidente la présence de un 78000*“' du même sel.
Du fer poli démontre l’existence de un 1 25 000'®' d’oxyde de cuivre (pag. 484), ou de un 156 000*'"'' de cuivre métallique, lorsque la solution est acidulée avec une goutte d’acide nitrique.
Pour le plomb (pag. 1291 et 23). Un morceau de zinc précipite le plomb de sa solution dans l’acide nitrique, lorsqu’un 3000*“' de l’oxyde s’y rencontre.
Un excès d’acide sulfurique donne un précipité dans une solution du même sel contenant un 20 000*“' d’oxyde.
Le chromate de potasse trouble une liqueur qui contient un 70 000*”' d’oxyde de plomb.
L’acide sullhydriquc (pag. 931) noircit une solution (probablement acide?), qui contient un 350 000*“' d’oxyde de plomb.
Pour l’argent (pag. 24 et 25). Le chromate de plomb donne un léger précipité rouge dans une solution de nitrate d’argent, qui contient un 10000*™' d’oxyde. Aucune action ne se manifeste, si elle n’en renferme qu’un 20 000°”°.
L’arsénite de potasse donne un précipité jaune bien prononcé avec un 6000*™' d’oxyde d’argent, mais non avec un 20 000*™'.
L’iodure de potassium indique la présence de un 4000*“' du même oxyde. Il est sans action avec un 30 000*mc.
L’acide sulfhydrique précipite une solution qui ne contient qu’un 35 000*“' d’oxyde d’argent.
Le chlorure de sodium trouble une liqueur qui n’en renferme qu’un 240 000*“'.
RECONNAISSANCES. Voir le terrain, le rapporter avec promptitude, en évaluer rapidement les ressources, tel est pour le militaire comme pour l’ingénieur l’objet d’une reconnaissance ; leurs points de vue, seuls, différent.
Reconnaissance du sol. Elle exige des operations plus rapides (ju’cxactes, et ne comporte guère que l’emploi de cordeaux et de jalons; celui du sextant de poche (pag. 975) la facilite quelquefois en l’abrégeant; mais c’est ici surtout qu’il faut se défendre de céder au goût d’une perfection intempestive. J’indique quelques opérations fondamentales.
.4 l'aide d’un cordeau, mener sur le terrain au point donné C une perpcndulaire d l’alignement AC.
Divisez le cordeau en trois parties qui soient entre elles comme les nombres 3, 4 et 5. Tendez la partie 4 du point donné C
vers le piquet z sur l'alignement donné CA. Tendez les parties 3 et 5 fixées respectivement en C et z, et à leur point de division y, fichez dans le terrain un troisième piquet y. L’alignement Cy est perpendiculaire à AC, ou l’angle C est droit , car le carré de l’hypoténuse 55= 3J + 45 (Giom., B. 29).
Mesurer la largeur AB d'une rivière. En A, est un objet remarquable, tel qu’un arbre, un buisson, une pierre. A la ligne AC perpendiculaire au fil de l’eau, on mène une perpendiculaire CD égale à la moitié à peu près de CA. On prolonge l’alignement CD de DE= à peu près { CD. On plante un piquet en D. Au point E, on mène un alignement perpendiculaire à CE, et l’on s’éloigne sur cet alignement en reculant jusqu’à un point F pour lequel le piquetD masque lemilieu de l'objet A.
Mesurant CD, DE, EF et BC, on a évidemment
EFXCD
DE
et ABr=CA — CB DE — 20” , EF=45m,
de*, ef : :cd:ca=
Ainsi soit BC = 4n‘, CD = 30"
on a CA = ~ = 67m.50 et pour la largeur AB = 67®. 5— 4 = 63m.5
A l'aide de jalons, prendre une hauteur quand on ne peut approcher du pied B de l'axe vertical BC qui passe par le sommet C.
En un point A d’une horizontale parallèle au terrain, déterminez à l’aide d’un jalon vertical MN un triangle rectangle vertical A M N dont l’hypoténuse prolongée passe parle sommet C. Prolongez AM sur le terrain jusqu’en un point M' pris dans le plan du premier triangle et tel que le jalon vertical M'N' = MN
détermine un non veau triangle A'M'N'dont l’hypoténuse prolongée A' N' passe aussi par le sommet C. Mesurez A M , A A' et A'M'. Remarquez qu’en superposant A'N'M' sur ANM, on déterminerait un triagle AND semblable à AC A'. Donc BC = hauteur cherchée devient
hauteur BC = -
formule dans laquelle AD et AA' sont la différence des bases, M N cl BC les hauteurs respectives des petits et des grands triangles.
Si l’on était muni du sextant de poche (pag. 973), on se contenterait de prendre les angles de hauteur t=rBAC et i’~ BA'C aux point A et A' de la même horizontale, et l’on aurait très simplement la hauteur BC en divisant AA’ par la différence des cotangentes de hauteur (pag. 892)
cotang. i — cotang. •'
Ainsi soit A A' = 93mM’, » = 33° 20' ; i’ = 55*51, on aurait
cotang. t — cotang. »' = 1.5204261 — 0.6770509 = 0.8433752
pour le diviseur de 93 , ce qui donnerait pour quotient la hauteur BC = 110in.27. Il faut bien se garder ici de l’emploi des logarithmes.
Réciproquement, d’un sommet C dont l’élévation BC au-dessus de la plaine AB serait connue, on mesurerait avec assez d’approximation, sans qu’il fût nécessaire de s’y transporter, la distance horizontale de deux points A, A' à l’aide des angles de dépression (pag. 513) de ces points, car
A A' = BC (tang. A CB — tang. A'CB)
Ainsi soit BC = 120“>; t = 25°30' ou ACB = 64<,30'
», = 57'° ou A'CB = 33°, il vient
(tang. 64° 30— tang. 33°)= 2.0965436 —0.6494076=1.447136
différence qui, multipliée par BC= 120, donne la distance cherchée AA'= 173”. 66.
On remarquera que, si l’on connaissait la distance horizontale AB de la station A au pied B d’un sommet C, et qu’on pût relever de A l’angle de hauteur t = B A C , on aurait à très-peu près :
hauteur BC = - AB si * = 1 1 0 19' et - AB si i = 21°.48
— AB si i = 16° +2' et - AB si i = 26°.34 10 2
- AB si i= 30o.58r et — AB si i= 35°
- AB si t = 38°. 40' et
1 X A B exactement si i = 45°
Réciproquement , connaissant la hauteur BC , ou obtiendrait la distance horizontale AB.
El l'on pourra souvent fixer l'instrument qui donne les angles sur une des valeurs ci-dessus de », puis avancer de A vers B ou s’éloigner de B vers A jusqu’à ce que BC intercepte celle valeur de t. On en conclura soit AB, si l’on connaît B C, soit BC, si l’on connaît AB.
Hauteurs , distances. On Arpent encore, au moyen d’un miroir M, ou du petit horizon artificiel (pag. 974) qui accompagne le sextant de poche, déduire une distance horizontale B M de la connaissance d’une hauteur AB ou réciproquement obtenir la hauteur A B lorsqu’on connaît la distance BU.
Il suffit, après avoir calé le miroir do manière à le rendre parfaitement horizontal, de cheminer dans la direction BM jusqu'à un point D sur la verticale duquel l’œil placé en C aperçoive la sommité A par réflexion. (Une petite quantité de mercure versée dans un godet est un excellent miroir qui se dispose de lui-môme horizontalement.) On mesure M D et DC avec un double mètre, et comme, par hypothèse, on connaît A B ou BM , on a
DC
Ml)
et
BM = AB X
MD
DC
On peut, avec quelques précautions, déterminer ainsi les grandes différences de niveau avec une passable exactitude.
Mesure des bases et des triangles horizontaux par des différences de niveau.
Soient maintenant A, B, C trois sommets dont on connaît les différences de niveau AA', AM. Si des points A, B,C on prend,
en outre, les angles que les rayons visuels forment avec le fil à plomb, on détermine facilement les triangles verticaux A A' B, ACM et BCC'.
Connaissant alors les trois cOlés ArC', BC' et A'B du triangle hori- “ zonlal, il est facile do le construire.
Celle méthode est surtout commode dans les pays de montagne; elle est d’autant moins inexacte que les différences de niveau sont plus considérables.
En donnant à Y équerre d réflexion, pag. 97G, la disposition suivante, on en fait un instrument qui facilite beaucoup les levés expéditifs et la reconnaissance des pays découverts et peu accidentés.
A droite et à gauche de l’axe optique ou de l’un des axes optiques d’une simple équerre d’arpenteur, fixez deux petits miroirs verticaux formant chacun avec cet axe un angle de 45° ; disposez- Ies de manière que le plan du miroir le plus rapproché de l’œil, et que je suppose à gauche, passe en deçà du miroir qui est à droite , et que les miroirs laissent entre eux dans la direction des pinnules l’intervalle nécessaire pour prendre la direction de la base; opérez par la méthode générale (pag. 1032, § 31). A mesure que l’équerre cheminera sur cette base, chacun des deux miroirs réfléchira tous les objets latéraux au moment môme où l’instrument se trouvera parvenu au pied de la perpendiculaire qui serait abaissée de l’objet sur celte base : les différents points des deux bases d’où l’observateur apercevra les objets seront donc les intersections des coordonnées qui déterminent leur position.
L’observateur peut ainsi parcourir très-rapidement les deux bases en laissant à chaque point des piquets marqués par des numéros pairs pour les objets de droite et impairs pour ceux de gauche. Il reviendra ensuite prendre les distances à l’origine des coordonnés ou il les fera prendre par ses porte-jalons, pourvu qu’il puisse les contrôler les unes par les autres.
Celte méthode ainsi que l’instrument sur lequel elle se fonde, et qui diffère de l’équerre à réflexion de Lypkens (pag. 976), ont été proposés l’un et l’autre par feu Allent dans un petit chef-d’œuvre, et comme fond et comme style, publié dès 1803 par cet officier, sous
le litre à' Essai sur les reconnaissances militaires. Je dois à ce beau mémoire une partie des moyens expéditifs que j’indique pour obtenir le canevas des reconnaissances.
Déterminer par des jalons la position de points intérieurs ( tels que I) à un polygone dans lequel on ne peut pénétrer. D’un point A quelconque du périmètre, dirigez p
un rayon visuel sur I , et faites — H
marquer le point H où ce rayon -, J~ ~ ~~7K.
coupe le côté G R. D’un autre —, point B, pris sur un autre côté K C , répétez la même opération, ce qui donnera encore un point F. Mesurez les distances des points B, A, F, II aux angles les plus voisins. Rapportez ces quatre points sur la carte, ils y serviront deux à deux à construire les transversales dont l’intersection détermine le point I.
Lorsqu’il faut reconnaître un grand nombre de points, on les considère comme formant deux à deux des droites et trois à trois des triangles dont les prolongements coupent en deux points les côtés du polygone de circonscription. Six points ainsi déterminés sur ce périmètre suffisent à la construction d’un triangle intérieur, ainsi que l'indique la figure.
On trouvera encore aux articles Distances (pag. 537), Dépression (pag. 513), Géométrie P (pag. 881 et suiv.), Levés de terrains (pag. 1013), Nivellement (pag. 1201), quelques méthodes expéditives pour obtenir les distauces horizontales et les différences de niveau avec l'approximation que comporte une reconnaissance de la surface.
S’il existe une bonne carte du pays qu’on explore, on lui em-
frunle, en l’agrandissant, le canevas de la reconnaissance, dont échelle ne devra jamais être au-dessous du millième, et, après en avoir fait par les méthodes précédentes la vérification partielle et y avoir placé les points intéressants qui n’y figuraient pas, on aura un tableau suffisamment fidèle des accidents du sol, ainsi que de ses ressources en pierres, en bois, en chaux, en matériaux de construction de tous genres, et mémo des distances et des obstacles qu’ils auraient à franchir pour arriver à pied d’œuvre, si l’on avait quelque constrnction ultérieure en projet.
Cours d'eau. Il conviendra alors d’étudier les cours d’eau quant
à leur profondeur , quant à leurs volumes , quant à leurs chutes , quant au travail qu'ils pourront laisser disponible suivant les saisons . Sont-ils flottables, navigables (pag. 446)? La méthode des flotteurs (pag. 451) ou l’emploi du tube de Pilot, suffiront
Îiour déterminer les vitesses, et quelques sondages, rapprochés, de a largeur du cours d’eau , donneront son débit a l’époque de la reconnaissance. Les renseignements locaux, prudemment contrôlés les uns par les autres, basés sur les traces laissées aux rives, compléteront les connaissances relatives à son état dans les diverses saisons, à l’époque, aux effets et à la durée des crues ou de l’étiage.
Mmes. Le terrain recèle-t-il des mines? Si elles ont été exploitées, en examiner alors très-attentivement les déblais; consulter les anciens mineurs, mais se métier de l’exactitude des renseignements locaux, toujours dictés par l’intérét de voir renaitre pour celui-ci une entreprise de transports, pour celui-là un cabaret ; ne pas oublier que la plupart des gîtes abandonnés ont été très-complètement exploités par les anciens ; tâcher de suivre les affleurements des filons (pag. 758), et rapporter avec soin leur direction sur la reconnaissance.
Si l’on a à reconnaître chimiquement quelques substances minérales, l’officine du pharmacien du canton fournira presque toujours les réactifs nécessaires , ainsi que les ustensiles qu’exigent de simples analyses qualitatives. Si j’en crois ma propre expérience, j’ajouterai qu’on y trouvera de plus la complaisance et le bon vouloir qu’inspire une communauté d’études scientifiques. La forge du maréchal permettrait, au besoin, quelques essais par la voie sèche (pag. 27).
Forêts. Indiquer leurs essences. — Et, si le temps le permet, étudier quels bois seront propres à la charpenterie , à la menuiserie, au charronnage, à l’ébénisterie (pag. 151), au chauffage ou à la carbonisation (pag. 567 et suivantes)? Pourront-ils être flottés (*)? La contrée fournira-t-elle les bûcherons, les scieurs de long, les charbonniers et les animaux de trait nécessaires à l’exploitation ? —A quels prix? — Remarquer que le nombre, le diamètre, la hauteur moyenne et l’état de conservation des arbres, sont une constatation bien plus importante que l’étendue du sol forestier, qui, seule, n’apprend rien. Un mode expéditif de reconnaissance qui convient aux futaies, consiste à traverser la forêt suivant toutes
(4) Question de détail que les capitalistes qui exploitèrent la Corse, vers 1839, ne s’étaient même pas adressée. D'immenses forêts de chéne-yeute avaient été acquises dans U vallée de l’Orfoto, en vue d’en flotter les produits sur ce torrent, de la montagne jusqu’il la mer. On s’aperçut, en arrivant sur les lient que, même après six mois de coupe, le thene-yeute pesait encore 1260 kil. le uiètre cube, et ne pouvait dès lors être flotté (pag. 162).