MARQUANT LE SUJET
« Je ne veux pas parler de moi. » (= au sujet de) [110] « Que faut-il penser de lui ? » [U1]
Ces trois points sont de première importance, et dès la 6e ! 2° De introduit le complément du verbe d'une façon obligatoire :
il forme avec le verbe un bloc inséparable ; on dit que le verbe se construit avec de.
[Cf. plus haut : Compléments du verbe, 2° : c)]
Le bloc correspond quelquefois à un bloc semblable avec génitif en latin, par ex. : « se souvenir de quelque chose. » [112]
Plus souvent le latin s'écarte tout à fait du français :
Exemples : « Il manque du nécessaire. » [113]
« Il ne s'est aperçu de rien. » [114]
« Il jouissait d'une bonne santé. » [115]
Avec l'infinitif :
Je lui ordonne de se taire. » [116]
Il a essayé de passer. » [m]
Il avait besoin de parler. » [118]
• Pour en finir avec la préposition de, il restera :
1° à reconnaître certains gallicismes, expressions particulières au français, qui se rendront par des latinismes divers :
Ex. : « de son propre mouvement.» [119] « d'heure en heure », etc. [120]
2° à savoir que DE + nom se rend parfois au moyen d'un adjectif, de même qu'en français dans l'exemple suivant :
« Elais-je en présence d'un homme de génie ? » [121] l'expression de génie équivaut à l'adjectif génial.
Ainsi trouvera-t-on :
clamor pavidus = des cris de peur navis Alexandrina = vaisseau d'Alexandrie.
La préposition A.
Moins difficile que de, la préposition A présente pourtant quelques particularités gênantes.
Distinguons d'abord trois emplois où cette préposition marque :
1° l'attribution : (voir plus haut) (2e complément du verbe) « Laisse une part à ton frère » (DATIF en latin) [*»] (6e) « Vous me l'accorderez » (= à moi) (vous = tu) [123]
2° la possession :
« Ce livre est à moi » (GÉNITIF possessif en latin) [m]
N. B. — Cela est tout différent d'un latinisme enseigné dans les premiers mois, et dont le mot à jnot est :
« un livre est a moi » (emploi de est propre au latin) c'està-dire : « j'ai un livre ».