MOTS INTERROGATIFS
Il y aurait d'abord à rappeler les adjectifs et pronoms, dont certains sont pris adverbialement, comme quid. (cf. [242]).
• Quant aux adverbes interrogatifs, ils correspondent aux diverses catégories déjà vues, et en premier lieu la quantité : à l'aide des indications précédentes, on traduira les exemples suivants :
— combien de froment ? — combien de guerriers ? — combien de courage ?
— combien il est plus avide ! (car ces tours sont aussi bien exclamatifs)
— combien as-tu acheté cela ? [498]
• L'adverbe interrogatif de manière est « comment ? » On le rend par ut ? ou quomodo ? ou quemadmodum ? (= ad quem modum = selon quelle manière ?).
Traduire : « Comment cela se fait-il ? » [499]
* Le mot français comme peut signifier « combien » ou « comment ». Voir Aidez-le... en français, p. 46, et traduire ces deux exemples : « Gomme il est bienveillant ! » — « Voyez comme il me traite. » [50°]
• L'adverbe interrogatif de cause : « pourquoi ? » se rend par cur ? ou quare ? ou quid ? ou quamobrem ? (= ob quam rem ? = à cause de quelle chose ?)
• Viennent ensuite les fameuses questions de lieu :
Ubi es ? — Quo is ? — Unde venis ? — Qua is ? avec les réponses : Chez moi. — Chez moi. — De chez moi. — Par la voie Appienne.
In urbe. — In urbem. — Ab arbe-
Traduire : « Ils ont traversé la Gaule des Alpes au Rhin. » [501]
• Enfin les questions de temps :
Quando ? — Quamdiu ? — Quamdudum ? — Quanto tempore ? avec les réponses : le lendemain, — pendant trois ans, — depuis deux mois, — en une heure (= une seule). [502]
• Le tour interrogatif simple : « Viens-tu ? Est-ce que tu viens ? » se rend par -ne, particule dite enclitique que l'on soude après le premier mot : venisne ?
Cet usage est une source d'erreurs, si l'on cherche obstinément une forme se terminant par -ne, alors qu'il faut dissocier le mot en deux ! Le piège est quelquefois difficile à déceler quand le point d'interrogation est éloigné. En outre une voyelle de liaison peut être introduite entre le mot et l'enclitique.
Exemples à traduire :
Tune eum exire patiere ?
Huncine quem modo ovantem vidistis, eum cruciatum videre potes-
tîS ? [503]
• On distingue en latin l'interrogation oratoire, ou « pour la forme ». Cicéron a découvert le complot de Catilina ; il lui dit : Num negare audes ? = « Oses-tu nier ? » L'adverbe num ainsi placé en tête a le sens de : « est-ce que par hasard ? » quand on sait que la réponse est négative. Cicéron sait que Catilina ne peut nier, n'osera pas nier.
• Le tour interrogatif-négatif se rend par nonne, formé de la négation et de l'enclitique. Insistons fortement sur cet adverbe, et répétons que seul non est négatif !
Traduire : Nonne veniet ? — Visne ? — Nonne vis ? [504]
• Il reste Y interrogation double : « est-ce que ceci... ou bien cela ? » Elle s'exprime en latin par utrum... an... ?(utrum est le neutre de uter devenu adverbe, signifiant « laquelle des deux choses ? la première, ou la seconde ? »). Mais, en tête, on peut trouver -ne, ou rien.
Traduire : « Est-ce que j'obtiendrai le silence ou non ? » Mosne majorum te impedit, an invidiam posteritatis times ? Ego hoc faciam an tu ? [505]