‹ Aimons notre prochain parabole en un acte, en proseChapitre 6 sur 12 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

M*"* DE FONTALBE, DÉLIA.

DÉLIA, les yeux dans son mouchoir et feignant la désolation.

Madame... je sais aller au devant de vos ordres, et me donner le congé que je mérite... Je vais faire mes malles. (Fausse sortie.)

M"’* DE FONTALBE.

Délia !

DELIA.

Madame m’appelle?

Vous avez une étourderie bien coupable.

DÉLIA

Je le sais, madame; oh! je connais mes défauts ; mais j’oublie toujours de m’en corriger. Si je ne quitte pas votre maison, je retomberai demain dans la même étourderie, et peut-être ce soir. C’est plus fort que moi, il faut que je fasse des fautes. Ainsi, ayez la bonté de ne pas me pardonner, et soyez assez heureuse pour trouver une autre femme de chambre qui ne s’occupe pas des voisins.

(Fausse sortie.)

M*"® DE FONTALBE.

Délia... vous voulez donc me laisser ici toute seule?

AIMONS NOTftE PiUMIHAIN.

DÉLIA

Si madame a besoin de mes services, je resterai encore huit jours.

M"*® DE FONTALBE.

Soit... ensuite, nous verrons.

DÉLIA

D’abord, je commence par fermer cette maudite fenêtre, qui est la cause de tous nos malheurs.

Nous allons étouffer. Délia, ne fermez rien.

{On entend un accord de piano.)

DÉLIA

Bon, le voisin va chanter ses adieux à Ville-d’Avray.

M"*® DE FONTALBE.

Silence, Délia...

{Ckant dans la coulisse.)

Adieu, charmant village,

Désert peuplé de fleura,

Air du ciel qui soulage Et calme les douleurs.

Le monde me réclame,

Plus d’espoir de retour.

Je te laisse mon àme,

Et l’âme, c’est l’amour.

DÉLIA , après le premier couplet.

C’est le moment de fermer la fenêtre pour lui donner une leçoncorame il n’en recevra pas au Conservatoire.

M™® DE FONTABLE.

Délia, je ne vous ai rien ordonné.

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