SCÈNE XYIII
Les Mêmes, LE COMTE *.
SAUNIER
Eh bien, quelles nouvelles?
LE COMTE
Vous les connaissez...
M™e SAUNIER.
Mais tout n'est pas désespéré?
.^e l'ignore... l'attaque est vive... mais je répondrai à mon adversaire... à M. Georges.
* Saunier, le Comte, M"" Saunier.
SAUNIER
Vous savez?...
LE COMTE
J'ai tout appris en rentrant... ce n'est plus un
mystère.
M'"^ SAUNIER
Mais n'y aurait-il pas aucun moyen de réparer le mal?...
LE COMTE
Mes amis en trouvent un, mais je ne sais si je je dois...
SAUNIER
Pourquoi donc?... parlez, monsieur lecomte... rien ne nous coûtera pour faire réussir votre élection.
LE COMTB.
Eh bien... nos amis assurent qu'elle serait certaine, si à votre appui je pouvais joindre celui de M. Durand.
SAUNIER
Le négociant... c'est vrai... mais nous avons toujours été opposés.
Un intérêt commun pourrait vous rapprocher... et si l'alliance des deux familles...
M™e SAUNIER.
L'alliance?
LE COMTE
Oui, le fils Durand aime votre fille aînée... vous le savez, car il vous a déjà demandé sa main; il est riche, estimé.
M'"^ SAUNIER
Sans doute... Fanny ne peut rien espérer de mieux.
SAUNIER
Je ne dis pas... mais il y a toujours eu entre nos maisons rivalité d'influence , d'intérêts... nous sommes presque ennemis...
LE COMTE
Eh bien, un mariage effacerait tous ces mauvais souvenirs... et à moins que vous n'ayez d'autres engagemens....
M^ie SAUNIER.
Du tout...
LE COMTE
Alors, permettez-moi d'insister... d'autant plus que ce mariage, en assurant mon élection, lèverait tout obstacle pour le mien.
M™« SAUNIER, vivement.
Monsieur le comte a raison.
Ainsi, mes deux demandes...
SAUNIER, tendant la main.
Sont acceptées...
LE COMTE
Ah ! comment vous témoigner ma reconnais- I sance?... et à vous, madame?
MAGASIN THEATRAL
M"e SATJMER,
Dès ce soir, je veux annoncer les deux mariages.
SAUNIER
Oui... mais les invités vont arriver au salon... et je ne suis point encore prêt...
LE COMTE
Ni moi... Vous permettez que je coure à ma toilette...
M°»e SAUNIER.
Comment donc... à tout-à-l'heure, monsieur le comte... mon gendre.
Elle lui tend la maia qu'il emLrasse, puis il sort après avoir donné la main à Saunier.
SAUNIER *
Je vais aussi passer mon habit.
M™« SAUNIER, transportée.
Eh bien, Saunier...
SAUNIER
Plaît-il?
Mine SAUNIER.
Embrasse-moi donc !
SAUNIER
C'est juste; nous avons réussi... (il V embrasse, puis dit comme débarrassée d'une corvée ) voilà ce que c'est !
M™« SAUNIER
Voici Fanny... laissez-moi avec elle... que je lui apprenne son bonheur...
SAUNIER
C'est cela.
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