‹ Ainée et cadetteChapitre 25 sur 43 · SAUNIER, M^^SAUMER · texte numérisé non relu

SAUNIER, M^^SAUMER

M™^ Saunier.

Je vous dis, monsieur, qu'on a joué de l'or.

SAUMER

Eh bien! après?

M™* SAUNIER

Mais vous voulez donc que notre maison ait l'air d'un tripot?... Que dira le commerce du Havre?

SAUNIER

Que veux-tu que j'y fasse ?

M'"« SAUNIER

Vous deviez réprimander celui qui a commencé.

SAUNIER

Mais...

M™e SAUNIER.

Le mettre à la porte!

SAUNIER, à demi-voix.

Mais c'est le comte...

JH^e SAUNIER.

Ah ! c'est...

SAUNIER

, Tu comprends bien, je ne pouvais pas lui dire que ch^z nous on se cave de dix sous... j'aurais eu l'air d'un prolétaire.

Mine SAUNIER.

Certainement! si c'est le comte... ^ au fait pourquoi ne jouerait-on pas de l'or chez nom? il me semble que nous sommes assez riches.. .**vérité, il y ades gens qui trouvent toujours à redire.

I SAUNIER

[ Mais qui donc s'est plaint...

M"» SAUNIER

Que sais-je, moi?... d'abord M^e veuve La bert et M. Léonard.

SAUNIER

Oh I de petits détaillans, qui, le dimanche jouent le loto à un sou la fiche !

M"e SAUNIER.

Et qui ont encore pour enseigne : Â la bonn" foi:

SAUNIER

Est-ce arriéré!

M^e SAUNIER.

Je ne veux pa.s qu'on nous confonde avec ces gens-là , monsieur, il faut jouer de l'or, puisque c'est distingué.

Oui... mais je perdrai, je n'ai pas la tête au jeu...

M"e SAUNIER.

Pourquoi donc?

SAUNIER

Fanny paraît si triste!

M"""! SAUNIER

Ce n'est rien, vous dis-je; Georges s'embarque cette nuit... lui parti, tout ira bien.

SAUNIER

Je ne dis pas, mais je crains qu'avant de nous quitter, il ne me demande une explication.

M^e SAUNIER.

Vous la lui donnerez,

SAUNIER

Certainement ; mais je tremble que Girardot nes'en mêle.

IS

MAGASIN THEATRAL

Bt™^ SAUNIER.

Ah çà, mais vous avez donc peur de tout le inonde, monsieur?... C'est cela... cédez aux caprices des uns, aux exigences des autres, oubliez ce que tous devez à votre famille L

SAUNIER

Comment?

M"^ SAUNIER

Son élévation dépend de vous, mais vous ne ferez rien pour assurer le mariage de Noémi.

SAUNIER

Par exemple !

M^e SAUNIER.

Oui, monsieur, vous faiblirez , c'est votre habitude... Mon Dieu! on vous connaît... tout le inonde le dit, vous avez toujours manqué d'énergie 1...

SAUNIER

Ah: on dit cela?...

»>"« SAUNIER

Partout!

SAUNIER

Eh bien ! nous verrons.

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SCEISE IIT.

Les Mêmes, NOÉMI *.

NOÉUI.

Maman ! mam... ah ! que faites-vous donc ici?

SAUNIER, d'un ion d'humeur. Nous... nous causons.

NOÉMI

Mais ce n'est pas le moment... venez donc tous les deux.

SAUNIER

Non, j'ai de l'humeur.

NOÉMI

Un jour de réception 1... oh! ça ne se peut pas, maman... on garde son humeur pour quand on est entre soi. Songez que tout va mal là-bas, en votre absence.. .on manquait de rafraîchissemens... i'ai donné les clefs de la cave aux domestiques...

M™^ SAUNIER

Ah! mon Dieu! je vais les reprendre.

NOÉMI

Non pas.

M"e SAUNIER.

Maïs tout va être au pillage.

KOÉMI, avec aplomb.

Ce sera comme s'il y avait eu plus d'invités !

SAUNIER

Quelle présence d'esprit!... ce que c'est que l'éducation !

* Saunier, JN'ocmi, M™« Saunier.

M"« SAUNIER

Eh bien, aide-moi... conseille-moi, car je perds la tête... que faut-il faire?

SAUNIER

Oui, que faut-il faire?

NOÉMI

Vous, maman, tenez-vous dans le premier salon... un mol agréable aux principaux invités.

SAUNIER

Aux électeurs 1

* NOÉMI-

Quelques complimens aux dames sur leurs toilettes... mais surtout, ma bonne mère, je vous en prie, n'embrassez pas vos amies.

M^e SAUNIER.

Pourquoi donc?

NOÉMI

Cela ne se fait pas dans les grandes soirées.

SAUNIER

Eh non... ça ne se fait pas... on n'embrasse plus ses amis... ça se devine, ma bonne... avec un peu de tact. . il faut traiter tout le monde de la même manière... des sourires et des poignées de main...

NOEMI.

Ah! non.

de main...

non, mon père... pas de poignées

Je croyais...

NOÉMI

C'est peuple!

SAUNIER

Ah: bah!...

M™« SAUNIER, ironiquement.

Certainement... on sent cela... avec un peu de tact.

NOÉMI

Maintenant, rentrons... ^lais pas ensemble!...

SAUNIER, à demi-voix à M"^' Saunier*.

Est-elle au fait, hein?

U'^^ SAUNIER

Un vrai prodige.

SAUNIER

C'est agréable d'avoir comme ça des enfans qui vous avertissent que vous êtes ridicules... C'est vrai, à notre âge on a des habitudes... sans celle petite-là nous n'aurions jamais appris à vivre.

M™'' SAUNIER, à IVoêmi.

Ah çà, tu vas te mettre à ton piano, n'est-ce pas?

NOÉMI

Tout-à-l'heure...

M>ne SAUNIER.

Je m'assoierai à côté de toi...

"* Saunier, M"' Saunier, Koe'mi.

NOÉHI.

Non... il vaut mieux, maman, que vous me laissiez seule.

M°ie SADNIBR.

Pourquoi?...

NOKMI.

C'est que... sans vous en apercevoir... vous battez une mesure... imaginaire.

SAUNIER, riant.

Ah! voilà, par exemple^ qui est peuplai

NOÉMI

Au contraire , une habitude du grand monde à Paris; il y a toujours aux avant-scènes de l'Opéra des connaisseurs fashionables qui gardent exprés leurs cannes pour battre la mesure a contre-temps sur leur menton.

M™^ SADNIER.

Je me tiendrai éloignée du piano, et je ne bougerai pas.

SAUNIER

C'est cela.

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