‹ Aix ancien et moderne, ou Description des édifices sacrés et profanes ... d'Aix; précédée d'unChapitre 17 sur 72 · COMTES DE PROVENCE DE LA PREMIÈRE MAISON · texte numérisé non relu

COMTES DE PROVENCE DE LA PREMIÈRE MAISON

d' ANJOU.

BÉATRIX ET CHARLES l.

Béatrix fut reconnue pour souveraine à Aix. En 1240 , elle confirma les privilèges de cette ville, Charles son époux soumit la Provence à son autorité.

Urbain IV, menacé de perdre ses états parMainfroy, iils naturel de l'empereur Frédéric second , qu'une faction puissante voulait faire nommer sénateur de Home, demanda du secours à Charles. Il lui envoya l'investiture du royaume

(5i ) des Deux-Siciles. Clément IV , son successeur Ten fit couronner Roi , avec Béatrix son épouse.

Mainfroy y ayant attaqué Charles à Bénevent , perdit la bataille et la vie. Le vainqueur s*empara de Naples et <le plusieurs autres villes.

Les ditmes de la cour de Béatrix et de toute la Provence ^ 4 l'exemple de la souveraine , avaient vendu leurs bijoux, pour aider Charles dans cette guerre. La ville d*Aix avait fourni vingt mille florins d*or.

Les templiers étaient reçus à Aix depuis Tannée 1260. Ils possédaient une terre considérable appelée Balle , entre Puyloubier et Saint-Antonin, à laquelle ils avaient fait de grands travaux. Il firent bâtir près du palais des comtes , une Église sous l'invocation de Sainte Marie du temple , appelée ensuite Sainte Catherine.

Béatrix mourut à Nocera , vers l'an 1 267, âgée de 58 sms. Son corps fut apporté à Aix , et placé dans l'église 'Saint-Jean , près du tombeau de son père.

Charles se déclara contre les gibelins, pour la faction des ^uelphes. Les premiers lui suscitèrent un concurrent dans Conradîn , jeune prince rempli de mérite. Après avoir réuni ses forces , Conradin attaqua Charles. Mais le sort ne seconda pas sa valeur. Les troupes qu'il commandait se dispersèrent, et lui-même fut obligé de prendre la fuite avec son cousin Frédéric d'Autriche. Ayant été reconnus sous le déguisement qu'ils avaient pris, ils furent conduits à Naples où ils perdirent la tête sur l'échafaud.

Le fameux massacre des français et des provençaux , commis en Sicile et appelé les vêpres siciliennes y eut lieu à peu près dans ce temps-là. Il n'y eut d'épargné que Guillaume Porcelet, provençal qui s'était fait chérir et respecter dans la Sicile , par sa probité et sa justice.

Charles avait résolu de se rendre à Paris , pour engager Saint Louis à faire la guerre au roi d*Aragon ,

(3a) parce qqe celui-ci avait refusé de se battre contre lui. La mort le surprit en route.

La fondatiou du couvent des dominicains eut lieu sous ce prince et en 1277 y de même que celle des religieux ermites de S.' Augustin, par Richard, frère d'Henri HI, roi d'Angleterre (1).

CHARLE$ II le Boiteux.

Il était fils du précédent. Ayant été attiré dans un piège , par Roger Dori^, général de l'armée navale dii roi d*Aragon , il fut conduit prisonnier à Barcelonne. II n obtint la liberté qu'en donnant une forte rançon, jusqu'au paien(ient de laquelle ses enfans et 80 geç^tilshomffi^ furent gardés en otages. Jl Visita la ville d'Aix qui avait puissamment concQuru au paiement de la rançon. C'était vQrs l'aaniée i3oo. Charles II fit d' inutiles efforts pour conquérir la Sicile. Il s*f^ssura de Naples et vint ens^i^ à Aix où il confirma les anciens privilèges des habit^tns et leur en accorda de nouveaux.

Charles le boiteux rendit quelques ordonnances remarquables. Une d'elles fixe la quotité de la dime des blés , raisins et fruits , pour Aix et son territoire (2). Une autre sur l'Qbservation des fêtes , sur les juges séculiers , contre les blasphémateurs et contre les juifs (5). Il fit aussi agrfindir le pals^is des comtes.

(i)' H. Bouche , Chorog. de Provence , pag. 207 ; Pitton , Ann, 4ê »Féglisê (Pjiix , pag. 199.

fuj Recueil de plusieurs pièces concernant les privilèges et ^droits, usages et régi, pfirticuliers à la ville d^Aix et son territoire ,

fXJ JUtffi , JHistoire des comtes de Provence , pag, 207.

C'est fous Charles qu'eut lieu en Provence la destruction de Tordre des templiers. D'après une lettre que ce prince avait reçue à Marseille, de Philippe le bel,, roi de France^ les juges 9 y iguiers , lieutenans du comté et officiers , eurent ordre de sabir les tenipliera. On dressa inventaire des biens qu'ils possédaient. Vingt-sept furent enfermés dans le château de Meyrargues et vingt et un dans celui de Pertuis. La tradition porte qu'ils ne furent pas traités en Provence , aussi cruellement qu'en France.

Les provençaux aimaient beaucoup Charles , et ils le pleurèrent à sa moit , comme un père. Par son testament , ce prince ordonna que son corps serait déposé dans le chœur de ^l'église des religieuses de Nazareth qu'il avait fondée en l'année 1292 (i). 41 était tellement chéri, qu'il s'établit en coutume , que le premier jour que les consuls de ia ville entraient en fonction, ils allaient, en cérémonie , vuiter son tombeau (2).

Les religieux du Montcarmel s'étaient établis à Aix du temps de Charles.

Ce prince eut quatorze enfans , entre autres S.* Louis , évéque de Toulouse et Robert son successeur.

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