CHAPITRE PREMIER
Résumé de V histoire dAix , depuis sa fondation , justfu*à la formation du Comté de Provence. ,
Les salyens, peuples d'origines différentes , mais unis par les mêmes intérêts , occupaient une petite portion de la partie
(lO)
méridionale des Gaules «^ui' devint provmce romaine, et qui reçut dans- la suite le nom de Provence. Quoicpie leur caractère tint de celui de la nation celtique , il devait avoir feçu lés inodTfièëtions Qu'exercent ' (îrÀnÉiliiàKènt le climat et les localités. Ils étaient plus propres à la guerre^ qu'à l'agriculture (i). Les principales divinités qu'ils adoraient étaient Theutatès , Hœsus , Bellenus , etc. (2) , auxquelles, ib • sacrifiaient des victimes hùhiiàmes.
Les prêtres chargés de ce soin, émiploy aient divers' lÀOJens pour faire ces horribles holocaustes. Souvent 'iU ëg|oi*geaient la victime et laissaient couler son sang sur' la tUniqùe blanche dont ils. étaient revêtus; d'autres fois ils 1 enfermaient dans des idoles d*osier qu'ils 'eîitbCtfafént'*~'de foin et auxquelles ils mettaient ensuite le ' tëu ' (S). Ces prêtres appelés Druides exerçaient une grande ikiflùènee sur la nation.
Les saljens avaient des j^ràcco? , ' e^pèees 'iîte culottés larges et courtes , et le Sagwn qui était une peau de mouton ou de bête fauve, posée sur les épaules (4). Ils portaient la barbe et les cheveux longs , leurs boucliers étaient en osier , Vècbiiverts ' de ' pêaiibc > ainsi que leurs casques. Les chefs avaient des anneaux et des hausse-cols de pierre.
Selon un écrivain provençal (S), la capitale du pays des âèljréns était 'sfédééHbn loin' Ides èààx 'éiÉlifdes (à
(i) Strabon , Geog. Ub, iv.
(3) César, De bello gallico , lîb. vi. Làctancius^ lib. i , c. 3i« Gtcëro, ppo' Faut,
(3) Dissertation • $ur la religion des ancietis provençaux, par M, Pabbé Castellan, dans le premier recncil des Mémoires de la Société académique d'Aix.
(4) Diod. Sic. , y. 219.
(5) Galaup de Chasteuil ^ Discours sur Us arcs triomphaux dressés fn la ville d^Aix , à Varrivée des ducs de Bourgogne et de Èerrjr^
l'endroit où fut bâtie l'église dé N. D. de la Seds » l*èfitlplacëe ensuite par le couvent des Minimes et oceÙ{^ée 'aC^ourd*hUr par les religieuses Sacremehtides ), selon d*aiitres , âU contraire, cette capitale était située sur une colline au nord de la source d'éaux chaudes. (^La colline d^Entremonf),
On voit en effbt dans ce lieu, de lofigties mtlràillèis construites en grandes pierres carrées placées sans niôrliér, les unes sur les stutres , et formant un vaste triangle. On croit généralement que les gaulois élevaient léiirs remparts de cette manière. Il y a dans l'enceinte 'fbmiëè par ces murailles , une immense quantité de débris 'd^ vases et d'ustensiles ' antiques. On y a découvert eh6Gfrè des pierres sculptées , représentant des têtes humaili€tt et dès guerriers à èheval , 'Vêtus ^une nrànîère' étràilge; le tout sans connaissance du dessin et dans le goût^ attritrùé aux gaulois. fauris-de-Saint-Vincèns (i) assise qu'il existe en cet etidroit de Vastes souterrains.
Uâe colonie de Phocée, ville de TAsie hiineure,^ijràttt abordé sur les côtés voisines du pays 'des sàlyeus , et s'y étaiit établie , ceux-ci ne purent Voir sans jalousie 'et sans ct*ainté, dés étrabj^ers si près de liears téiMs. Bs fôrtnèfent, avec lés peuples limitrophes, utié lij^e 'fel'jriidablfe, poiiT àbalttte cette puissanee naissante. Ti^ faibles pour résister sèiils à des ennemis éntréprehfàns , les hàbitans de 'MdT^za (Marseille.') ap^lèi*ent les romains à leur Secours. Rome ne laissa pas échaj^per récdàsiôn d'ètivoyër des 'troupes , dans un pays où elle fiôUvàît étendre ses conquêtes. Le coilsul Tulviiis FlaccUs partit à la iête d'une arthée. 11 attaqua lés ennemis de Maz^a,' les vainquit et s'empara d'une partie de leur territoire. Malgré cet état d'hostilité , les salyens surent profiter des connaissances des phocéens , en agriculture.
(i) Premier recueil de Mémoires et autres pièces de la Société académique d^Aix. 1809.
Us apprirent d'eux, l'art de cultiver la terre (i), ils leur durent aussi l'introduction de l'olivier (2) , et leurs mœurs éprouvèrent même quelques changemens avantageux.
Sextius Cdlvinus 9 proconsul romain , acheva de soumettre les salyens. Pour conserver leur pays à la république , il établit une garnison près de la capitale de ^e peuple, dans un lieu où coulaient des eaux chaudes , qu'il nomma de son nom , Acjuœ Sextiœ (5) , peut-être parce que .leur vertu l'avait soulagé des infirmités qu'il éprouvait (4)- On construisit des habitations à l'usage des soldats et une forteresse pour leur sdreté. Sexlius consacra ces lieux à Mercure , et ce fut l'an du monde SgS i , de la fondation de Rome 65 1 9 et 120 ans avant J. C.
Environ vingt ans après 9 eut lieu l'invasion des cimbres et des teutons. Ces peuples qui 9 selon les conjectures des historiens 9 venaient de la Scandinavie , furent renforcés en route par les embrons 9 qu'on croit être les anciens habitans de l'Ëmbrunois. Leur valeur et leur nombre jetèrent l'effroi dans Rome. Plusieurs généraux furent inutilement envoyés pour leur résister^ aucune barrière ne pouvait arrêter leur marche. Cn. . Papirius Carbon fut battu en lUirie. Le consul Silanus éprouva le même sort. Scaurus qui lui succéda, fut tué et son armée détrjulte. Enfin Manlius et Cœpion furent vaincus. Les deux enfans du premier perdirent la vie 9 et quatre-vingt mille hommes restèrent sur le champ de bataille. La fortune de Rome voulut que les barbares , au lieu de profiter de leurs avantages , pour aller droit en Italie où rien n'eût pu leur résister 9 changeassent tout à coup de dessein , pour se répandre en Espagne.
(i) Strabou.
(2) Legrand d'Aussy , HisU de la vie privée des français , depuis Vorigine de la nation , jusqu'à nos jours ,. tom, i , pt^g» i44*
(3) Strabon. — Florus.
(4) Galaup de Chasteuil , Disc, sur les arcs triomphaux , etc. , pag. 5.
(i3) Dans ces conjonctures , sauver la rëpubliqiie , fut la pensée générale. On nomma Consul , Caïus Marius , malgré son absence, qui, d'après les lois romaines, était un empêcliement à cette nomination. On disait hautement à ce sujet, qu'il ne fallait pas s'arrêter à une loi , quand il s'agissait de les conserver toutes. Marius arriva dans le pays des saljens , et profitant de Fabsence des ennemis , il exerça son armée ainsi que les habitans du pays , à la discipline militaire. Pendant tout le temps que dura cette absence , il employa ses troupes à de grands travaux ; il embellit Acfuœ Seoctiœ de monumens et de beaux aqueducs. Il fit dessécher des marais étendus qui infectaient l'embouchure du fleuve , ( l'Arc ). Il y établit un point de communication appelé Marii Ager ( Marignane ) , fit creuser les fossce Marianœ , pour faciliter les transports de vivres dans son camp. Cest ainsi qu'en disciplinant ^on armée , il l'habitua à la fatigue.
Après une occupation de trois ans , les cimbres , les ambrons et les teutons , quittèrent l'Espagne , dans l'intention d'envahir l'Italie. Mais leur nombre étant trop considérable pour aller ensemble , ils prirent le parti de se diviser en deux grands corps : les cimbres qui se dirigèrent par les montagnes des Alpes, et les teutons réunis aux embrons qui s'avancèrent par le littoral de la médîterranée. Ces derniers arrivèrent sur le territoire ^Aquœ Sextiœ , et s'arrêtèrent dans une vaste plaine, située à l'occident et traversée par le fleuve. Marius qui suivait leur marche , prit position sur un rocher qui ^dominait la plaine , à l'extrémité occidentale. Ses soldats étaient exténués de fatigue et de soif. Ils murmuraient sourdement contre lui , de ce qu'il ne les employait qu'à •creuser des fossés et à construire des monumens. Ces plaintes devinrent peu à peu générales, et les soldats romains demandèrent à combattre. Loin de se laisser intimider, Marius jeta sur eux un regard étincelant de colère. 41 leur reprocha leur insubordisatioa et leur dit qu'il ne
js'dgissait^ pas danf cette guerre de chercher à acquérir dô; 1^ gloire i qu'ils , avaient été envoyés pour sauver la piltrîe.; que dès lors , loin de rien hasarder, il fallait, pour combattre, at;tendre patiemment Toccasioa favorable. Le3 soldats demandèrent de Teau. Marius d'un ton séxère -leur, dit en montrant la rivière qui coulait près ^u camp : en: voilà» mais il faut la gagner, au pnx de votre sang. Eh 1 bien , combattons s'écrièrent les soldats , en brandissant )«ui:s javelot3< Marius dominant ces clameurs, leur signifia avec force qu'ils ne combattraient que lorsqvie le^ dieux «n donneraient l'ordre, qu^il fallait avant tout fortifier le camp* Aussitât les troupes se mirent à l'ouvrage , et tandis qu'on travaillait avec ardeur , des valets descendirent vers. le. fleuve pour abreuver les chevaux de leurs maîtres. Qu({^Ique$ embrons. voulurent leur en dis|)uter l'approche. Des 4old{kt9 romains, malgré la défense des chefs , quittèrent le camp , pour soutenir les leurs. Les embrons leur opposèrent de nouxeaJix soldats. Ce fut ainsi que peu à peu l'action devint générale, entre les romains et les embrons. ,Les femmes de ceux-ci voyant que leurs époux pliaient , coururent au.dervaiM: i'eux , en leur reprochant leur lâcheté. Elles: .les .frappaient comme dqs ennemis, et les forcèrent de > retourner au combat. Se jetant ensuite dans les rangs de l'année romaine, eUes saisissaient les épées par le tranchant , sans cr^dre la .douleur et sans faiblir à la vtte-vde leur propre^ sang., La nuit sépara les combattans , et les romains, restés maitrea du champ de bataille, y passèrent; la nuit, noi| dans un repos réparateur, mais dans, les plus vives alarmes , entourés d'une quantité imioii^rable d'ennemis qui pous3aient des hurlemens épouvantable». Mariu3 ordonna à Glaudius Marcellus , un de ses lieutenans» de. partir, à la faveur de la nuit, avec trois mille homme^^, de se tenir sur la droite des barbares, en* opéraxit. sa marche daqs . les bois qi^i couvraient les hauteurs 9 et) de .se jeter sur les derrières des en^iemis, Jorsqiie la bataille .serait engagée.
Le leademai»^, les teul^BSi et Ie9j eiqbrq^^, co^tlnuérenC leur manche, et comme ài l'o^lUi^U'f ^ Marius le^ suivit Wr'jj^s^ en ëyîtatit,4>n '.venir: a^3q.II^lips,. Oi^.c^l*^^^ ainsi, dans uae- grande .plaine qui termina Js| v^U^f;,. Le général romain établit .son .camp, j^iir iUne^/hf^m^ur. Au. .soleii naissant, il fitsortir l'armée de>sea retri^çhjçip^içis, et la rangea en bataille, en disant que le moiBM^nt de . com^attrç , était venu. II. r^pçnmandji^j^ ^^ trpupe;» de laisser avancer les l>aijbai:^.,id^ très-pr,èf , de UojCjçjI^ leurs javelots et de fondre eiisiii(^jsm! J'fsn|ieii(ii,jaye9 iqipéjtupsité , mais en bon ordre , pew.Faoçdl^ler d^ Içu^. nofnbr^.et profiter ainsi de Tavanta^^uin l^rraii^.
Quand. iIqs ^mbrop^.éf^^l^s teu^ns virent ces apprêts, ilft fiou/9sèi!eDiti de grands cris ide joie , et battirent avec lcNfa».aime4^^1es.p€^3^^^d^^^qf:fi pouyrak^^ les chariots de . baçE^^oi^ Ik . sç/ir^TOffçpli .^ i ^^ ^^^. . «^ gravirent en ç^rantt l^.ba^|fe^|1^ qui. 1^» s^araient des rqmains^ Ib étaient .déjà(]i^lâ(^u^,dç fatigue^ , rçi^qu'ils furent parvepus A.-Ia.distaifcçe>Â<^q|i^ pa^^jVlyius. ALpr^ les.soldats romains lattcèr^it;sur eux leur^ j^yç^ots et renversèrent les premiers rangs, ensuite , Taro^ s'ébranle qt va heurter les barbares 4|OÎ^ ne pouMfiftt résist^ à ce, chQç inatteiidu , sont culbutés juaquîm .pied^.df; la coUinei.^ L^f ils cherchent à se réunir. Les romains ne leur en laissent pas d*abprd. le temps , mais cofpnie ils ne peuvent combattre tant d'ennemis à lafoisj^la.r^qnign s'opère, et l'on vient dé nouveau at- ^qif^rjlç^s rpi^ains qui font tous leur^ efibrts pour tenir tête» l^am, ,qç mo^pt , Maçcelïus sort de l'embuscide , à la tète ^4f^- 3(|9 ^tr^is mille^ hojnmes auxquels il recommande de pousser de grands cris , et il fond tout à coup sur les 'derrières- de l^nnemi qui, saisi .d'épouvan^, s'imagine que <le puissans secours arrivent d'Italie. La confusion se mêle ^ans ses rai^s et il ne cherche qu'à prendixs 1^ fuite. Le massacre fut alors affreux. Les romains ne firent point de quarder , et deux cent mille hommes restèrent sur le •champ de bataille.
£n reconnsâssance d'4m si grand succès, Marius, à la
( «6 ) tête de son armëe , offrit un sacrifice solennel aux dieux protecteurs des romains. Il éleva ensuite un monument triomphal sur le champ de bataille (i), et appela la montagne au pied de laquelle la victoire avait été remportée : Rupes Victoriœ , ( aujourd'hui Sainte- Victoire ). Les saljrens contribuèrent beaucoup par Tardeui' de leur courage » au gain de cette mémorable bataille.
Ce peuple, ne pouvant dans la suite se résoudre à la perte de sa liberté , se révolta contre ses oppresseurs. Caïus Cœcilius, général romain, les soumit et les remit en servitude (2). Il assura ainsi ce pays à la république, et lors de la division des Gaules en dix-sept Provinces , Aquœ Sextice devint capitale de la seconde Narbonaise.
Environ 4^ ^^^ avant J. C», César' établit à Aquœ Sextice , une colonie qu'il avait tirée de la vingt-cinquième légion (5). Cette ville est appelée dans diverses inscriptions : Colonia Jitlia Aquensis et Colonia Augusta Aquensis (4)*'
La puissance des druides avait reçu une première atteinte , chez les salyens , lorsque les romains s'étaient emparés de leur pays. La religion et les usiages des vainqueurs avaient peu à peu prévalu. Vers l'an Sj de J. C, une nouvelle atteinte fut portée à la puissance des druides , par l'empereur Tibère (5). Claude la détruisit entièrement (6).
Plusieurs auteurs placent vers l'année 100 de J. C, , la construction d'un mausolée , en forme de tour , qui subsistait encore à Aix , en 178S , et dans leqtÉel furent trouvées des urnes cinéraires. Les deux autres tours qui existaient auprès , étaient plus anciennes. Il y a quelque
(i) Plutarque , ■F'àa Marii.
(ta) Fioras.
(3) Paul Merul , Cosmograph,
(4) Pitton , Hisu de la ville d^Aix , pag. Sy.
(5) Pline.
(6) Suétone.
( «7) Yabon de penser qu'elles avaient été élevées du temps de
Marîus.
Il ne s*est rien passé de remarquable dans la capitale, ni dans la seconde Narbonaise , jusqu'à saitit Trophjme, premier évéque d'Arles , qui vint y prêcher l'évangile , sous le rè^ne de Néron. Les juifs y étaient déjà établis, f^hassés de Rome , au nombre de 4000 9 ^'J^e partie avait été en Sardaigne où un établissement leur avait été offert, et le reste s'était réfugié dans la province romaine.
Les visigoths et les bourguignons se montrèrent dans nos contrées , vers l'année 45o. Ils commirent des dégâts inouïs, et si la cité d'Aix échappa à leur fureur, elle le dut à Bazile son archevêque (i).
La Provence fut divisée en occidentale et en orientale: la première qui comprenait le comtat Venaissin, Avignon, Apt , Pertuis , Manosque et Sisteron , appartint aux rois Bourguignons; la seconde, composée du restant de la province , obéit aux rois Visigoths.
Les français , à leur tour , ne tardèrent pas à paraître dans ces contrées. Après la bataille de Poitiers , ils ravagèrent la Provence. Clovis , ayant conquis le territoire des Bourguignons , le restitua à Gondebaud , fils de Sigismond leur roi. Gondebaud vint mettre le siège devant Wm ; obligé de se retirer , il alla essayer ses armes contre Marseille. H surprit celte ville et la livra au pillage.
Théodoric, roi des Ostrogoths , étant venu secourir son petit-fils Amalric dont Clovis menaçait les états , vainquît les français , et garda la Provence qu'il combla de bienfaits.
An 526. — Le pays (ut gouverné au nom d'Athalaric , ïiutre petit -fils d'Alaric par Amalazonthe sa mère. Ce prince mourut à l'âge de seize ans , et Amalazonthe fit nommer , pour lui succéder , Théodat son cousin-germaîn qu'elle épousa ensuite. Celui-ci répondit à ce généreux
(i) Papon , Hisl» générale fie Provence, tom. î., pag. 184.
( «8 ) procédé , par la plus noire ingratitude , il là fit inhumai^ nement étrangler. L'empereur Justinien , indigné de cette barbare conduite , envoya contre lui une armée commandée par Bélisaire. Les troupes de Théodat , ennuyées de Findécision et des longueurs que ce prince mettait dans ses opérations , se révoltèrent contre lui et proclamèrent à sa place , Yitigès , Tun des principaux officiers de Tarmée. Ce général , pour se soustraire aux armes victorieuses de Bélisaire , céda la Provence aux français.
An 575. — Contran , roi d'Orléans et Clotaire , roi de Metz , se disputèrent cette province. Les lombards , profitant des circonstances, vinrent jusqu'à Aîx, en commettant de grands excès. Cette ville , pour se déKvrer de leurs armes , paya la somme , alors exorbitante , de 1 7,600 liv. Ces peuples à qui quelques auteurs attribuent l'origine des fiefs (i) , furent battus en plusieurs rencontres par le gouverneur Mummolus. Cet habile général défit aussi les saxons qui avaient fait une invasion dans la Provence , et les obligea de repasser les Alpes. Mais à leur arrivée , ils furent repoussés de l'Italie, par les lombards qui s'y étaient établis. Ils résolurent alors de retourner dans leur patrie. Pour exécuter ce projet , il leur fallut traverser la Provence. Ce passage fut marqué par le meurtre et le pillage.
Les lombards firent une seconde irruption dans la Provence qui dut encore son salut à l'habileté et à la bravoure du gouverneur Mummolus.
L'année 58o fut remarquable à Aix , par l'arrivée d'un certain nombre de juifs qui obtinrent d'y fixer leur résidence. Les sarrasins suivirent de près les lombards. Originaires 4é l'Arabie , ils avaient pénétré d'abord en Afrique et soumis la Mauritanie. S'étant joints ensuite aux africains , ils envahirent l'Espagne et s'étendirent jusqu'en Provence. La
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(i) Jacques Reissonel , Tf'C.ÙP fie V hérédité des Jîefs de Provence, pag. 33.
( '9) célèbre bataille que gagna sur eux, en 758, Charles Martel,
et qui leur coûta 5oo,ooo hommes et la perte d'Abdérame
leur roi , les en éloigna pour quelque temps. A leur retour ,
ils commirent de nouveaux dégâts. Ils brûlèrent les actes
publics et les monumens littéraires. Aîx eut ses murailles
renversées , ses maisons pillées et incendiées , et les habitans
qui y étaient restés , devinrent esclaves ou fiH'ent écorchés
vifs.
La Provence était comprise dans les états de Childéric III, iils de Thierry , et dernier roi de la première race dite des Méroyùigiens* Elle fit aussi partie de Tempire de Charlemagne , et passa successivement de Louis le Débonnaire son fils 9 à Charles le Chauve et ensuite à Lothaire. Sous ce prince et en 796 , on commença à relever la ville d'Aix de ses ruines.
Les sarrasins parurent vers les Bouches du Rhône, Ils voulaient remonter ce fleuve , saccager Arles et se répandre ensyite dans la Provence. Mais une violente tempête éloigna leur flotte du Rhône, et Tajrant jetée sur le rivage , les habitans massacrèrent ce qui avait échappé à la fureur des flots. Un autre événement remarquable de ce temps , fut la révolte de Folcrade , gouverneur de Provence. Elle eut pour résultat le remplacement de ce gouverneur , par Gérard de Roussillon.
Notre pays fit ensuite partie des états de Lothaire , un des trois enfans de Charles. Lothaire prit le titre de Roi de Provence. Plus tard, cette province passa sous Tautorllé de Louis , roi d'Italie ; puis sous celle de Charles le Chauve j enfin , en 877 , elle appartint à Louis le Bègue, Ce pnnce faible se la laissa enlever par Boson qui en était duc ou gouverneur, et qui établit le royaume d'Arles.