‹ Aix ancien et moderne, ou Description des édifices sacrés et profanes ... d'Aix; précédée d'unChapitre 61 sur 72 · II · texte numérisé non relu

II

Sur la force et la véhémence, D*vn tel dueil qui me va séchant.

Par ou veut-on que ie commence.

Les tons fîmeraux de ce chant.

Si le delien mes délices, O pires , que louues et lyces , Filles d'Brebe et du péché ,

A son propre dueil empêché Ne peut fauorir mon génie , Et si les neuf Vierges en pleurs N'ont pour moy guirlandes ny fleur»

A qui est-ce qu'à toy ivaenie D'estre sortable a mes douleurs.

O déesse triste et lugubre , Qui soubs les funestes heraux Qui de noir bandent maint delubre,.

Présides aux chants funeraux , De ceux que l'âge meur emporte A cette mal plaisante porte , Ou jeune et vieulx entrer conuient, Mais d'où jamais on ue reuient Estant plus qu'Apollon féconde, Et docte aux lamantables sons Des lybitinaires chansons, Soy moy fauorable et seconde En ces mortuaires leçons.

Ce dieu blond pleure après sa lyre > Galliope après son luth d'or.

Qui du pelide chante l'jre.

Fatale au Priamide hector.

Toutes les vertus et les grâces , Arrosants de larmes leurs traces , Auec tout le Parnasse en dueil, Auprès du corps et du cercueil, De leur phoenix, cent choeurs recitent Et maudissans , Styx , Alecton , Lachese, Atropos et Gloton A pitié les dires excitent Et tirent des pleurs de Pluton.

( ai8 ) r.

Ce grand ennuy tel qu'un fantasme , Me rau^t se montrant a moy , Toute espèce d'enthusiasme Plus ne voyant ce que j'aymoy.

Je n*ay trait ny ryme qui vaille.

C'est en vain que ie me trauaille De rendre' vn si juste deuoir A celuy que ie ne puis voir, Son corps n'estant plus en son estre , Ah ah, tu devois le guérir, vLiEN (i) et mieulx le secourir Saichant qu'ssPAGNET devoyt naistre , Mais qu'il ne devoyt pas mourir.

O douleur combien tu me trompes , De croire mort un homme tel La dame volante à cent trompes Le rend elle pas jmmortel \ £t si ie suis en conoissance , Mes vers n'ont-ilz point la puissance , Malgré l'enuie et le trespas, De faire qu'il ne meure pas , Par un ordinaire miracle , Que les muses ont mérité.

Et n'est ce pas la vérité , Que ce grand monibe (a) cet oracle , L'a de mort , vif ressuscité \

vij.

Les nymphes de l'Arc jmplorées.

De mille transis damoyseaux.

(i) Son médecin.

(a) Son panégiriste.

( 219 ) Sont veùes sur l'herbe esplorëes ,

Et sur les sablons de ces eaux.

Le phoenix de noz paranymphes ,

Disent ces adorables nymphes,

Ah sourds , noirs et fâcheux destins ,

Plus ne nous fera des festins ,

Grand père des Dieux , roy des hommes ,

Maistre de la mort et du temps

Tu deuois pour rendre contens ,

Tant d'humains , au globe ou nous sommes

Le prester encore cent ans.

Tu n'jgnorois pas que la parque ; Pleuroyt le voyant trespasser.

Que Gharon dans sa vielle barque « Anoyt honte de le passer, Par une juste préférence , Considérant la différence , De luy à tous ceux de Tabbord.

Le portant seul à l'autre boid Sans de luy rien prendre : ou les fées , Jmpatiantes de le voir Autant que les dieux de l'auoir , Les Amphions et les Orphées, Accouroynt pour le reeeupir.

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