MONUMENTS ROMAINS
peregrini Ulpianus Decemvir, Bellenus et Verecondus Cornulus dant, dedicant.
Plus tard, en 1645^ on trouva dans le même jardin, un vase votif en argent , sur lequel on lisait ces mots : — Genio Populi Romani — une urne cinéraire de terre noire et sans inscription, et une pierre carrée sur laquelle les mots suivants étaient gravés: — Diis Manibus Matidius Marinus sibi et Censorinie Faustine conjugis anime defuncte vovet lubens merito.
A une époque reculée on voyait dans le mur de la cathédrale, du côté de la porte dite du Loup ^ une pierre portant cette inscription — Diis Manibus Ninnius Diavsonius vivus sibi monumentum fecit. — Malheureusement ces restes précieux de l’antiquité ont disparu : des étrangers les ont acquis pour une légère somme d’argent.
Indépendamment de ces monuments , qui seuls suffisent pour prouver le long séjour fait par les Romains à Aix-la-Chapelle , on y montre des monnaies romaines, et des restes de bains romains. En 1756, on découvrit, au lieu où est bâti une chapelle de la cathédrale, dite, la chapelle Hongroise un bain romain bien conservé ; inallieureusement , au lieu de le couvrir d’une voûte, 011 prit l’inconcevable détermination de le combler.
Enfin à une époque toute récente, lorsqu’on ouvrit
MONtJMENTS ROMAINS.
le canal qui sert à conduire l’eau du bain de l’Empereur, à la fontaine Elise, on Rencontra des restes de bains romains , ce qui prouve que le peuple Roi avait connaissance des sources thermales , et qu’il en faisait usage. Il y a peu d’années, on découvrit près du chemin de communication entre Aix et Borcette , les restes très bien conservés d’un aquaduct Romain.
11 est remarquable, que quelques soins qu’on se soit donné, les événements de l’époque de l’occupation du pays par les Romains sont restés couverts d’un voile impénétrable, et l’histoire d’Aix-la~Ghapelle n’offre rien de positif jusqu’au règne de Clovis , fondateur de la monarchie franque , qui suivant ce que rapporte Melchior Goldart , publia dans une diète tenue dans cette ville, 13 articles nouveaux à la loi salique promulguée par Pharamondj son fils Théodoric nomma en 514, les villes de Metz et d’Aix-la-Chapelle , résidences royales.
L’histoire d’Aix-la-Chapelle présente une lacune de près d’un siècle , entre le règne de Sigebert et celui de Pépin III; la présence de ce monarque en cette ville est démontrée par l’acte de donation qu’il fit au couvent de Sorèze, évêché de Lavaur, et fondé par lui, des fermes de la Villapinta et Yillamanna : des guerres que Pépin eut à soutenir en Italie contre le Roi des Lombards, en Saxe, contre les Saxons révoltés, enfin en
ANCIENNETÉ d’ AIX-LA-CHAPELLE.
Aquitaine, contre le Duc Waifarius , tinrent ce Monarque, pendant 11 années éloigné d’Aix , où il ne revint qu’en 765 , pour assister aux fêtes de Noël et de Pâques. Cependant ce fait bien constaté de la présence de Pépin à ees fêtes a jetté les commentateurs dans quelqu’embarras, sur l’église où le culte divin fut célébré, parceque ce ne fut que plus tard que Charlemagne fit bâtir la. cathédrale.
Aix fut successivement la résidence , de Romains du plus haut rang et des Rois Francs, ce qui doit faire supposer l’existence de palais et de vastes habitations ; néanmoins Fhistoire ne mentionne nulle part l’époque où ces édifices ont été détruits : cependant c’est un fait constant que Charlemagne n’y trouva que des restes de palais ensevelis sous leurs débris; il est vraiment déplorable que la tradition n’ait conservé nulle trace des événements importans dont cette ville a dù être le théâtre â ces époques reculées.
Ce fut Chai lemagne qui fit d’Aix-la-Chapelle la capitale de l’Allemagne et de la France, réunies sous son sceptre, et ce n’est qu’à dater de son règne que les nuages qui obscurcissaient son histoire, se dissipent, et que cette cité prend tout- à-coup un tel degré de grandeur et de prospérité, que l’histoire n’ofFre rien de semblable.