PROPRIÉTÉS MÉDICALES DES SOURCES THERMALES D^AIX-LA-CHAPELLE
Les eaux minérales, sous l’empire de la nature, dit le Dr. Alibert, jouissent, n’en doutons pas, d’une sorte de vitalité, qui est commune à tous les corps du globe terrestre; elles sont animées d’une multitude de principes, qui échapperont long-tems et peut-être toujours
PROPRIETE MEDICALES ETC.
a nos plus fines reclierclies etc. — Ce sont Ifien moins les parties substantielles de ces eaux, que ses vertus qu’il est intéressant de connaître; l’expérience et la pratique peuvent seules donner cette connaissance, et faire connaître les bons effets qu’on a lieu d’en attendre dans telle, ou telle maladie.
Les sources thermales d’Aix-la-Chapelle agissent soit prises en boisson soit en bains, comme un puissant moyen de reveiller les principes vitaux. Les parties constitutives, l’eau même , considérée comme telle, sont puissamment aidées dans leur efficacité par la chaleur qui se trouve en elles, et par les divers gaz. Ce sont précisément ceux-ci , qui lorsque ces eaux sont prises en boisson, excitent les organes du bas-ventre et leur communiquent un grand degré d’activité, détachent les flegmes et autres matières nuisibles amoncelés dans le corps, en produisant des évacuations par les selles, les urines et la transpiration. Ce sont les parties volatiles de ces eaux qui rehaussent ses effets, quelque soit la quantité de souflre dissous dans ces gaz : c’est précisément dans cette liaison que ces eaux ont une influence plus salutaire, en vivifiant l’activité de tout l’organisme , et spécifiquement par sa réaction contre les poisons métalliques, tels que le plomb, le mercure, l’arsenic et qu’elle en anéantit les funestes effets; il faut ajouter
pbopriété médicales etc.
à ces vertus l’efficacité de l’acide carbonique, salutaire ingrédient de tant d’eaux minérales , qui en général les rend spiritueuses , et si efficace pour procurer la digestion et rendre l’activité au système vasculaire. Si' l’on ne connaît pas encore suffisament le phlogistique comme remède , l’on connaît au moins depuis longtemps sa bienfaisante influence sur les organes de la poitrine, et il est connu que l’aspiration, sans excès, de la vapeur des eaux d’Aix-la-Chapelle a été salutaire à quantité de poitrinaires. 11 faut surtout remarquer le calorique et le principe spiritueux qui se trouve à un si haut degré dans ces eaux, principe, source principale de la vie, qui atteste si constamment les puissantes forces cachées dans le sein de la terre d’où jaillissent les eaux thermales.
Mais ces eflels sont conditionnels et résultent de la différence des eaux, et de la manière d’en faire usage. Cette eau prise intérieurement excite immédiatement les organes intérieurs , et détermine encore leur fictivité à l’extérieur , déplus les matières mortifiques amoncelées dans le corps, en sont évacuées par diflé rentes voies. Ces eaux prises très-chaudes et en quantité peuvent produire de l’irritation, et même purger, mais la purgation n’est pas toujours , comme on l’a erronément cru, l’effet de la cure parla boisson. On a, au contraire,
PROPRIETE MEDICALES ETC.
souvent remarqué un défaut de selles, dans les commencements de la cure, et même dans le cas de flux, de petites doses d’eau minérale d’un ou deux gobelets par jour, ont produit le meilleur eflet. On remarque, en général, que de petites doses de cette eau sont trèsfavorables à la digestion ; il est très-rare que l’estomac ne puisse les supporter. On a souvent demandé si ces eaux affaiblissent : Sans doute, elles affaiblissent si l’on en prend trop, c’est l’effet que tous les remèdes produisent lorsqu’on en use avec excès.
Quant au hain, l’eau minérale opère médiatement sur tout l’ensemble de la superfice du corps, jusque sur les organes intérieurs. C’est là la principale vertu spiritueuse, surtout par le calorique qui agit si salutairement sur l’organisme, pénètre dans la peau, donne de l’activité aux nerfs et vaisseaux sanguins, et rehausse, en un mot, peu-à-peu la force vitale du baigneur , de manière à le rendre capable d’exj)ulser de son corps les causes morbifiques. Il est encore à remarquer, qu’outre ces eflèts , l’eau minérale , prise en bain, a encore , par ses parties constitutives, la vertu de produire d’autres effets spécifiques, comme p. e. d’augmenter la transpiration, d’opérer la sécrétion des urines, ou de varier la circulation du sang, ce qui assure le succès do la boisson prise après le bain.
PROPRIETE MEDICALES ETC.
L’effet du bain ordinaire est plus calme et moins gênant, fjuand il est pris à la température de la chaleui du sang, et qu’on y fait pas d’excès. Ces bains doiveni paraître, au commencement et dans le courant de le cure extrêmement échauffants , et conséquemment dan-j gereux, si ou en prend un très-grand nombre et à un| très-haut degré de chaleur, tandis que les bains prisi avec précaution et modération, doivent fortifier le malade, même le plus faible, et lui donner une nouvellevie.
Les douches qu’on employé , non-seulement sur quelque membre particulier, mais encore selon la méthode des frictions usitée à Aix-la-Chapelle, pour irriter tout le corps, sont encore bien plus pénétrantes que les bains. Elles sont surtout très>efficaces quand il existe des défauts locaux, internes ou externes: dans ce cas le jet d’eau doit être dirigé sur cet endroit, comme aussi, lorsqu’il s’agit de détourner le cours des humeurs, la douche est appliquée à la partie inférieure du corps, pour y augmenter la circulation du sang, et attirer vers le bas , le sang des parties supérieures.
C’est de la même manière qu’on utilise les bains de vapeurs y dans lesquels la vertu des eaux thermales se manifeste dans toute sa force. Ces bains employés avec certains intervalles, et avec précaution, peuvent être
MALADIES, POER LESOÜELLES l’usâGE ETC. 61
pris même par les malades les plus affaiblis, par les paralytiques , et même dans ce cas ils sont indispensables. Si ces bains sont nombreux, et pris au plus haut degré de chaleur pendant 15 à 20 minutes, ils saisissent d’avantage, en irritant fortement le corps, et procurant une transpiration plus abondante: dans ce cas ils peuvent produire un affaiblissement momentané, mais cet îffet n’est que relatif. Les bains de vapeurs sont le plus iouvent salutaires dans plusieurs maladies graves enracinées, surtout les maladies de la peau, les rhumatismes et la goutte : il n’est pas rare que des femmes d’une très-faible complexion , ainsi que des vieillards, essayent pendant la cure des bains de vapeurs , pris avec certaines modifications , et s’applaudissent de leurs effets.
11 n’est guères possible de donner une nomenclature bien complette de toutes les maladies pour lesqu’elles l’usage des eaux thermales d’Aix et de Borcette est salutaire, et nous nous bornerons à en indiquer les principales. —
— Difficulté dans la digestion, sans complication gastrique. — Aigreurs dans les premières voies; flatuosité; crampes d’estomac; coliques; vers; constipation. Engorgement du mesentère; obstructions du foie, de la rate , des reins; hypocondrie et histérie'; insomnie; affection hémoroïdales ; jeaunisse ; hydropisie, prise dans
62 MALADIES, POUR LESQUELLES l’üSAGE ETC.
bon principe ; suppression ou dérangement des règles; stérilité ; diarhées; restes de dissenterie ; catharres chroniques ; fleurs blanches, si elles ne sont pas causées par i une trop grande faiblesse ou une descente de la matrice; difficulté d’uriner, particulièaement dans les cas où cette difficulté a pour cause des hémoroïdes ou du rhumatisme ; flux glaireux; pierres dans les reins et la vessie. Endurcissement des glandes ; écrouelles et maladies scrophuleuses ; tubercules au foie; les rhumatismes fixes ou ambulants; la goutte; éruptions cutanées ; dartres; restes de gale; diocrasie scorbutique | maux suites de l’usage du mercure , ou de poisons métalliques ; surdité ; perte de la voix ; faiblesse de la vue, et même perte momentanée de la vue , causée par l’usage du mercure.
Les hémoragies sont, en général une contre indication de l’usage des bains d’eaux thermales, cependant on a maints exemples de guérison , par leur usage, de saignements de nez obstinés, d^hémoragies hémoroïdales , et de la matrice produisant la stérilité. De même aussi une disposition à l’apoplexie interdit l’usage de ces eaux, cependant on a de fréquents exemples de guérison de paralysie, suite d’apoplexie. Mais dans tous ces cas le malade ne doit pas agir sans comulter le médecin , car quelque salutaire que soit en général l’usage des eaux