CHOIX DES SOURCES
diminuer la chaleur jusqu’au 20® ou 26® R., Peau n’est pas pour cela déchargée de ce qu’elle a de spiritueux ; elle en a^ au contraire plus de vivacité, lorsque ainsi qu’il est d’usage dans tous les bains, on mêle à l’eau thermale chaude, de l’eau thermale froide. L’air des cabinets de bains , imprégné de gaz , n’a pas non plus une légère influence sur réchauffement du corps par le poumon. En beaucoup de cas les bains de vapeur des sources d’en haut à Aix-la-Chapelle, agissent aussi autrement que ceux de Borcette , qui contiennent, il est vrai^ du phlogistique est de l’acide carbonique, et dont la température et plus élevée, mais qui n’ont pas l’eflet produit par le gaz mêlé au souffre.
C’est ici le lieu de parler de la prétention de vouloir suppléer aux véritables eaux thermales , par des eaux factices , comme si Part avec toutes ses ressources, pouvait égaler dans ses produits, ceux que prépare la nature dans ses immenses et profonds laboratoires.
» Les eaux minérales naturelles, dit le savant Dr. » Alibert , ne sont point succeptibles d’être imitées. » Les efforts que l’on a faits jusqu’à ce jour pour les » imiter sont louables, sans doute, mais ils sont loin » d’avoir atteint le degré de perfection désirable, et » qui puisse permettre au médecin d’employer in- » distinctement ces deux espèces d’eaux j les eaux mi-
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» nérales artificielles peuvent être employées comme )) des agens thérapeutiques spéciaux, lorsque l’expé- » rience en a démontré l’utilité, mais il est dérisoire » de les désigner par des noms particuliers, qui peu- » vent sans aucune raison valable, les faire confondre » avec des produits naturels, dont elles ne sont qu’une » tentative d’imitation aussi éloignée que grossière. » Les eaux minérales artificielles, disait un candidat )) qui soutenait une thèse, ressemblent aux eaux ini- )i nérales naturelles, comme l’homme ressemble au )) singe. M
RÈGLES GÉNÉRALES POUR L^EMPLOI CONVENABLE DES EAUX D^AIX-LA-CHAPELLE ET DE BORCETTE.
On ne peut donner que des règles générales sur Feraploi des eaux , en général, et particulièrement sur celui des bains sulfureux. Chacune de ces règles souffre des restrictions et des exceptions dans les cas particuliers, et le médecin seul peut en décider.
Celui qui vient prendre les eaux doit les considérer comme un puissant remède, qui tout salutaire qu’il soit sous la direction d’un médecin prudent et expérimenté, peut produire les plus funestes effets, faute d’une bonne direction, à raison de la force héroïque de ces eaux.
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2® Des préparatifs préliminaires à la cure sont utiles, mais ils ne sont pas indispensables. On peut donc user de purgatifs si Pestomac est surchargé, et se faire saigner si la surabondance fait craindre de l’irritation par l’usage des eaux chaudes : on peut aussi user de restaurans et fortifians s’il y a une trop grande faiblesse. Mais surtout qu’on ne vienne pas prendre les eaux trop tôt après une maladie aigue, ou une fièvre lente : il faut attendre avec calme une parfaite reconvalescence.
3° La vraie saison des eaux est depuis juin jusqu’en octobre. Rien n’est plus défavorable à l’usage des eaux sulfureuses que la fin de l’automne , ou le passage de l’hiver au printems. 11 est alors difficile de fixer la température dans les chambres, et de prévenir la mauvaise influence de l’inconstance de l’atmosphère, si nuisible au corps en état d’irritation par l’efficacité des bains. Il en est de même des grandes chaleurs de l’été, qui opèrent si puissamment sur Pair imprégné de matières électriques. A Aix, ainsi qu’à Borcelte, on a pris toutes les mesures nécessaires relativement aux cures qui s’y font Phiver : Mais le malade pourrat-il constamment garder la chambre, et en supporter Pair pendant tout le lems de la cure? Telle ou telle saison convient à certain malade par rapport à son tempérament et à sa constitution ; mais , malheureusement ,
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chacun n’est pas maître de choisir l’époque la plus convenable.
4® Combien doit-on prendre de bains, combien de verres d’eau faut-il boire? sont des questions qu’on fait ordinairement. Cela dépend de la nature et de Pélat de la maladie. De petits maux se guérissent facilement ; des maux enracinés exigent plus de patience de la part de celui qui en est affligé : puissent les malades être intimement convaincus de la nécessité d’avoir de la patience, et que la guérison n’exige pas moins de tems qu’il en a fallu pcmr former la maladie même. Qu’ils se gardent bien d’abréger inconsidérément ou de fixer d’avance la durée de la cure : Comment peut-on juger d’avance, si elle exigera 3, 4 ou 6 semaines?
5® Une autre question est celle de savoir si après une première cure, il faut en entreprendre une seconde. D’abord, qu’on écarte tout ce qui peut préjudicier au succès des bains, et le médecin décidera ensuite s’il y a convenance d’user encore des bains chalibés de Spa, Schwalbach ou autres. En général le malade ne doit pas croire , en prenant son dernier bain , ou en buvant son dernier verre d’eau, être guéri comme par enchantement. La guérison, et le sentiment qu’on en éprouve ne s’opèrent qu’insensiblement. Si pendant longtems encore il reste des douleurs, des malêtres, des lassitudes,
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ce sont souvent les précurseurs assurés d’une parfaite i guérison. La promesse de l’effet successif des bains n’est pas une chimère. Mais il faut, la cure finie, savoir | garder les ménagements nécessaires, surtout quant aux parties affligées. Cet avertissement regarde plus particulièrement les gens d’affaires , qui s’empressent de retourner à leurs travaux, surchargés par leur absence.
6®. Il faut, en général, pour le succès d’une cure, apporter la plus grande attention à ce qui peut lui donner une bonne ou une fausse direction.
Il arrive souvent que le malade néglige de se munir d’un écrit descriptif de sa maladie, fait par le médecin qui l’envoye , et qu’il n’est même pas en état de donner le moindre éclaircissement sur ce point ‘ qu’il prend les eaux selon sa fantaisie , ou selon ce que lui aura prescrit un médecin éloigné; qu’il ne prend aucunes précautions dans le choix de son logement, de ses aliments etc. etc. Il faut donc que le malade commence à se conformer à la vie des bains, qu’il apporte la ferme résolution de se priver, dès son arrivée, de bien des choses d’usage dans son train de vie ordinaire, et de suivre exactement le nouveau genre de vie indiqué, s’il veut que la cure réussisse.
BÈGLES PARTICULIERS ETC.
RÈGLES PARTICULIÈRES SUR L’USAGE DES EAUX MINÉRALES PRIÇE SOIT EN BOISSON^ SOIT EN BAINS.
P II faut faire attention à la température de l’eau qu’on boit^ et si l’on croit remarquer qu’elle échauffe trop, communiquer cette observation au médecin.
2° Il ne faut pas, sans l’avis du médecin , ajouter du sel de glauber, ou de la sulfate de magnésie à l’eau qu’on boit.
3® On peut, mais toujours après avoir pris l’avis du médecin, mêler un peu de lait à l’eau minérale: on pourra aussi, après chaque verre d’eau minérale, user de sucre d’anis, d’écorce d’orange confite, d’angélique etc. . . ces petits moyens rendent l’estomac plus paisible.
4° La mesure de la boisson se règle sur l’état du malade. On consulte trop peu le médecin à ce sujet : on s’imagine que beaucoup soulage beaucoup tandis qu’au contraire une boisson immodérée est du plus grand danger.
5° 11 faut pareillement observer de mettre un intervalle convenable entre chaque verre, plus ou moins suivant qu’il en est besoin. Plus l’eau se digère facilement , et moins grand sera l’intervalle : il est communément d’un quart-d’heure.
BFGLES PARTICULIÈRES ETC.
6° L’ancien nsage de boire le matin à jeun est bon, et doit être conservé, parce qu’alors le corps est plus en état de recevoir l’eau avec un bon effet.
7° Il existe trois cas qui déterminent la distance à mettre entre la boisson et le bain. Il est généralement , préférable de ne se baigner qu’après que la digestion j de l’eau est faite, et selon les circonstances, en peut boire un on deux verres d’eau pendant, ou après le bain.
8° Il est bon de faire une légère promenade en buvant, mais si on poussait cet exercice jusqu’à la fatigue, il deviendrait nuisible : on peut , si la maladie l’exige boire l’eau au lit, mais il est essentiel d’avoir égard à la température, et on doit se garder de se promener si le tems est mauvais. Les personnes faibles et irritables surtout doivent être fort réservées sur le degré d’exercice à prendre en buvant.
9° La boisson des eaux minérales excite ordinairement Faj^petit, mais il ne faut pas le satisfaire complettement, il faut au contraire être fort modéré sur cet article. Si le bain ne suit pas immédiatement la boisson, il faut faire un léger déjeuner en laissant au moins une demi-heure d’intervalle après le dernier goblet.
Si au lieu de se trouver mieux, on éprouve quelque mal être, un défaut d’appetit, une digestion difficile.