ÉGLISES
LA CATHÉDRALE
Eginhard , dans la vie de Charlemagne, rapporte que cet Empereur, qui affectionnait particulièrement le séjour d’Aix-la Chapelle, y fit construire, sous l’in-
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vocation de Notre-Dame , une cathédrale , richement décorée, dont les portes ainsi que les grilles étaient d’airain pur : les coloniîes et les marbres avaient été amenés de Rome et de Ravenne.
L’édifice, tel qu’il existe actuellement, a conservé beaucoup de parties de sa forme primitive , qui d’ailleurs a subi de notables changements. Il offre un octogone de 48 pieds de diamètre , avec un corridor de deux étages, qui à l’est, touche au choeur, et à la tour, à l’ouest : on voit des deux cotés, et aux deux étages des chapelles latérales.
Les arcades supérieures ont une grande hauteur, et étaient originairement ainsi distribuées : à chaque ouverture des arcades , étaient à égale distance, deux colonnes qui par une corniche encore visible aux piliers principaux, soutenaient trois petites arcades au-dessus desquelles courrait une corniche horizontale * sur cette corniche, s’élevaient deux autres colonnes, qui rejoignaient la soffite de l’arcade principale.
Les belles balustrades de bronze, qui accompagnent cette colonade , paraissent être de première origine.
Ces colonnes sont pour la plupart, de beau granit gris, quelques unes sont de marbres et de porphyre. Grâce à la munificence du Roi, ces colonnes viennent
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d’être remise» sur leur ancienne place. La restauration de l’intérienr de la cathédrale contribuera à rendre ce monument un des plus curieux et sublimes tant sous le rapport historique que de Parchiteclure.
La coupole est éclairée par huit croisées qui sont au-dessus des arcades , et elle est fermée par une voûte d’arrête à huit pans.
A cliaqne côté de la tour sont deux escaliers circulaires : dans la partie supérieure de Pescalier du nord est une ouverture, qui paraît avoir donné sur la galerie qui conduisait de l’église au palais impérial.
Il existait jadis un autel sur l’estrade au-dessus de la chapelle : on y voyait quatre belles colonnes isolées ; deux de porphyre verd, et deux de granit jaune grisâtre : elles sont actuellement dans la chapelle de St. jNicülas.
Au milieu , et au-dessous de l’octogone, on voit une grande pierre, avec cette inscription simple, mais significative — CAROLO MAGNO. — Le caveau qu’elle couvre est vide. L’opinion générale que les dépouillés mortelles de Charlemagne avaient été déposées dans ce caveau , n’est pas fondée. On a fait des fouilles dans un autre lieu au bout de la nef où l’on a trouve plusieurs tombeaux, fort intéressants, sans arriver jusq’ici à celui de l’Empereur. Au-dessus de la pierre
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est suspendu un lustre de la plus grande dimension , en cuivre doré : c’est un présent fait par l’Empereur Frédéric I. Un reste précieux des temps anciens, à raison des souvenirs qu’il reveille, est le fauteuil en marbre, sur lequel Charlemagne était placé dans son tombeau , et sur lequel plus tard les Rois allemands , s’asseyaient lors de leur couronnement : ce fauteuil était originairement revêtu de plaques d’or, que les besoins de l’église ont forcé plustard de vendre.
Quatre chapelles sont disposées autour de l’église et en font partie: Lachapelle St. Nicolas, fondée
par le chanoine Roudelli en 1433. Un crucifix en bois, qui décore l’autel, est un chef d’oeuvre de sculpture.
2° La chapelle Hongroise , porte ce nom parce qu’elle a été fondée en 1372 par Louis I, Roi de Hongrie ; elle a été entièrement renouvellée en 1748 par l’Impératrice Marie-Thérèse.
3® La chapelle St. Michel, fondée en 1543, par le Duc Henry de Bavière , évêque de Spire , et prévôt de l’église cathédrale d’Aix : la galerie qui conduit à cette chapelle , lenferme de tableaux , on y voit quelques morceaux intéressants de l’école allemande, et même un tableau de Rubens, dont l’authencilé est assez contestée.