‹ Alain de LilleChapitre 6 sur 26 · WM · texte numérisé non relu

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leur faisant mention dans ce môme ouvrage du concile de Latran

et de Texcommunication qui fut lancée contre les Yaudois (4 ] ,

la date s*en trouve fixée postérieurement à 1179, époque à laquelle se tint le troisième concile de Latran qui , par son vingt-septième canon , excommunia en effet les Albigeois et les Yaudois.

he Guillaume de Montpellier dont il est question ici , avait donc le titre de seigneur postérieurement à 1179. On trouve précisément que le dernier de ce nom, Guillaume YIEI dit Sibylle du nom de sa mère, a gouverné de 1 1 72 à 1 %0%. Ainsi il ne peut être question que de lui , d'autant plus que des raisons particulières le lièrent au pape, et par suite rengagèrent à sévir rigoureusement contre les hérétiques ; ce dont la même dédicace le félicite.

Yoilà donc la date de ce livre limitée entre les années 1179 à 1 202 , dass un espace de trois ans au plus. Analyse ^^ traité de la foi contre les hérétiques énumère une à une toutes les principales erreurs des quatre grandes croyances : albigeoise , vaudoise , juive et mahoraétane , puis les réfute compéndieusement. £n ce qui concerne les deux dernières religions , cet ouvrage montre seulement combien les auteurs du XII'' siècle, môme les plus savants, en connaissaient imparfaitement les doctrines. La controverse prend au contraire un grand intérêt, quand elle est dirigée contre les Albigeois et les Yaudois. Ilust impossible d'analyser cette brillante polémique. Ceux qui en trouveraient ici le squelette n'en auraient aucune idée \ nous avons d'ailleurs signalé plus haut ce qu'il y avait de capital au point de vue philosophique dans ces discussions (2).

(i) Lib. II, cap. IV, in fine.

(2) Ci-dessus, introduction, page i4.

Àuthen- On a contesté souvent au docteur universel la propriété de '^* * cet écrit. M. Schmidt, dans un de ses excellents travaux histo« riques, voudrait Tattribuer à quelque autre Alain (4). Il fait remarquer que Fauteur du De fide , le dédiant à Guillaume de Montpellier, Tappelle son seigneur (Domino suo), de même que la Summa quoi modis, autre ouvrage également attribué à Alain , est dédiée à Ërmengauld , abbé de Saint-Gilles. Ce qui indique que Técrivain à qui Ton doit ces deux traités, avait avec le Midi des rapports intimes. De plus , le De fide montre une connaissance approfondie des hérésies méridionales , qu'on est porté à attribuer à un écrivain né dans le Midi ou qui y a vécu longtemps , tandis que suivant M. Schmidt , Alain de Lille est Flamand et a passé la majeure partie de sa vie en Angleterre. Qu'Alain soit Flamand, cest en effet incontestable, mais il n'est nullement avéré qu'il ait passé sa vie en Angleterre , personne ne Ta dit, sauf D. Brial, dont le roman inadmissible a été rapporté et refuté ci-dessus [t). Quant à ce mot : Monseiseigneur [Dominus suus) dont on a voulu tirer parti, il n'an'avait pas alors une autre signification que de nos jours. C'est là une formule habituelle et indépendante de l'obéissance. C'est ainsi qu'on dit encore Monseigneur à tout évêque , mon général à tout officier de ce grade , madame à toute dame.

Les raisons alléguées contre l'authenticité de ce livre ne sont donc point convaincantes (3). On ne sait nullement dans quelles

(1) Notamment à Alanus de Podio, qui n'tst rependant pas distinct d* Alain de LU]e comme nous rayons dit ci-dessus page 61 et comme nous le démontrerons plus loin page 98. Conf. Schmidt. Histoire et doctrine des Cathares et des Albigeois. Paris et Genève, 1849, 2 vol. in-8, tome D, pages 2S3 et 312.

(2) Voyez page 57.

(3) Conférez parmi ceux qui la nient les écrivains que nous avons cités ci-dess!is : Gariet, Bossuet, Lebeuf, I. c.

contrées Alain a passé sa vie et il ne serait pas étonnant qu'il eût parcouru le midi (1);, du resté la connaissance que ce livre montre au sujet des hérésies albigeoises et vaudoises n^est pas tellement approfondie que Tauteur n*ait pu la tenir d'aulrui.

On ne peut tirer de lumières des manuscrits qui portent seulement magistri Alani, sans autre désignation , sauf chez quelques-uns, ces mots en plus : cisterciensis ordinis. Mais il faut dire que les ouvrages du docteur universel les plus incontestés sont souvent désignés ainsi , sans que la qualrCication d'insulensis y soit ajoutée (2).

Il est très-remarquable que les contemporains d'Alain de Lille lui attribuent un traité de la Foi contre les hérétiques , tels sont Albéric de Trois-Fontaines et Othon de Saint-Biaise ; le premier dit même contre les Albigeois et les Yaudois, citation qui me semble résoudre les diftîcultés que M. Schmidt apercevait.

Mais ce qui est déterminant pour nous , c'est que ce livre porte au plus haut point, le cachet du docteur universel , son goût pour les citations sacrées et profanes, son érudition étendue, ses antithèses répétées, ses énumérations multipliées, toutes les habitudes de son style brillant. Il suffit de lire X Anti- Claudien pour s'assurer que le Traité de la Foi est de la môme main.

Alain a un faire reconnaissable entre mille , une honnête modestie , un choix excellent dans une vaste érudition , des allégories fines et délicates, un style nourri et serré où ue se trouve jamais un moment de langueur, où la facture de la phrase ne

(1) Coiif. ce que nous avons dit page 4i au sujet d'Etienue de Borbotie .

(S) Conf. Montfaucoii. Bib. bibliothec. manuscript. nova. Paris, 1739. Cet auteur dans sa table ne range pas cet ouvrage dans les œuvres d* Alain de Lille, mais tout le inonde sait combien est mal faite cette table d'un bon livre. — Calai, des mmiiscr. de la bib. du roi. — Catal. des mamiscr. des bib. des dt'-paiiements. Nous aurons à citer plus d'une fois ces deux derniers recueils.

se sent jamais et qui tantôt s' élevant, tantôt se repliant avec le sujet , va sans peine des élans poétiques aux déductions précises et serrées. On ne saurait du reste déterminer exactement les caractères de ce faire, pas plus qu'un amateur ne saurait dire à quels signes précis il reconnaît un Titien ou un Gorrège ; mais pour le lecteur exercé , il n'y a pas à se tromper. Seulement, ce que nous admettrions facilement, c'est qu'Alain a laissé son ouvrage inachevé et qu'il ne faut lui attribuer que les deux .premiers livres , ainsi que le petit fragment du troisième, publié d'abord par De Visch dans les Aiani opéra. Quant au troisième et au quatrième livre , édités par le même auteur dans la bibliothèque de Gtteaux , ils nous paraissent d'une autre main , ce qui explique pourquoi l'édition de 4 61 SI et la plupart des manuscrits sont incomplets. On ne trouve presque dans cette dernière partie que des lieux communs ; plus d' études approfondies ; plus de discussions philosophiques élevées ; plus de grand style ; enfin , ce qui est notable , plus aucune citation d'auteurs profanes ou sacrés. On peut donc dire de cette fin , ce qu'on ne peut dire du commencement, c'est que l'authenticité n'en est nullement assurée.

n* De arte seu de arttculis fidei catholicœ (1).

idei ^^^ ouvrage a été publié pour la première fois par B. Pez

^, — dans son Thésaurus anecdotorum (2), d'après des manus-

(1) De arte seu de articulis catholicœ fidei, libri quinque (Clemens papa et après le prologue : Causa est per quam aliquid). De Visch avait déjà cité cet ouvrage dans sa bibliothèque de Cîteaux^ mais comme n'ayant qu^un livre. Les Fasti Gampililienses l'avaient également indiqué comn:« l'ayant dans leur bibliothèque. M. Rousselot (Etudes sur la philosophie scholastique) prétend qu'Alain lui-même a cité cet ouvrage sous le titr^ : Liber de solertia purœ honitads .

(2) TTiesaurus anecdotorum novissimus, Augustœ yindelicorum^ 1721, in-fol., tome II, page 476.

crits inobservés jusqu'alors. La patrologie de M. Migne n'a fait que reproduire le texte de Pez.

Date. li est dédié à un pape du nom de Clément , ce doit être

Clément III, qui occupa le saint siège de H 87 à H 92. Le rap prochement des dates des autres ouvrages attribués à Alain le prouve , ainsi que les circonstances mentionnées dans la préface de ce livre : l'Occident désolé par les hérésies , et TOrient par le fer des mahométans. Clément III vit en effet les Albigeois maîtres de Toulouse et Saladin à Jérusalem.

Analyse. ^ titre, quoiqu*ait dit D. Brial, peut être tout aussi bien : des Articles de foi que : de l'Art de la foi. Les cinq livres de fort peu d'étendue , examinent en effet les principaux dogmes du catholicisme : 4 ^ Dieu et la Trinité (De uno eodem que trino); 2° Le Monde, les Anges, la Création, le libre Arbitre ; 3° l'Incarnation et la Rédemption ; i^ les Sacrements ; 5<* la Résurrection des morts. Il n'est pas possible d'analyser cet écrit, car Tenchalnement en est tellement serré . le style tellement concis, que l'on ne peut ni le résumer, ni en rien retrancher. Nous en avons d'ailleurs cité ci-dessus les passages les plus importants (<).

Authen- On n'a point songé à contester l'authenticité de cet écrit , et cependant, il y avait grands prétextes à le faire. Ainsi» dans l'histoire littéraire de France, à l'article Alain de Lille , D. Brial lui attribue bien le De Arte fidei (2). Mais dans la notice de Petit Radel, sur Nicolas d'Amiens, dans le même recueil , c'est à ce dernier que le même ouvrage est attribué, et cela sans la moindre observation (3].

Nicolas , chanoine d'Amiens , qu*il faut se garder de confon-

licite.

(1) Ci-deMus pAge 26.

(2) Tome XVI, 1. c.

(3) Tome XVII.

dre avec le cardinal Nicolas , beaucoup plus célèbre dans le même temps, n est guère connu que par les éloges et les recommandations du pape Alexandre m (1). Toujours était-ce un homme distingué et capable d* écrire un ouvrage remarquable. D. Brial a pour lui Tautorilé de B. Pcz qui a eu deux manuscrits sous les yeux en faisant son édition. On peut encore en citer d*autres qui portent le nom d'Alain [i].

Petit Rade! , pour Nicolas d'Amiens , cite un manuscrit de la

(1) Voyez deux lettres de ce pape dans Martenne : Jmplissimacollectio, tome II, page G58~744. L^lne écrite dans les premières années dupontifirat d'Alexandre III, revêtu de la tiare en 1139, témoigne à Nicolas Tintérêt que SCS mérites lui attirent. L'autre, ultérieure, enjoint à Henri, archevêque de Keims, d'agir sur Robert, évêque d'Amiens, pour qu'il donne à Nicolas la première prébende vacante. Elle est donc antérieure à 1 176, dernière année de Tépiscopat d'Henri.

(S) Un notamment à la bibliothèque impériale, vi MDLXIX, 13<>, sur parchemin, écriture des XIII* et XIV® siècles, fonds Mazarin, contenant sous une même reliure des livres et commentaires de l'époque , portant à la fin cette mention : Earplicit liber magistri /llani de articulis fidei.

Quant au manuscrit ii MDIV, 2®, sur parchemin, écriture serrée à deux colonnes du XIII® siècle, fonds Colberl, intitulé : Tractatus magistri Alani quid sit fides , et quid arficulus fidei et quid coarticulas et quot sint articuli {cam circa fidtfm catholicam et ejus articulas qaos scriptura vobis memorat salus hamana consistât), il n'a aucun rapport avec le précédent. Il examine les points mentionnés 'dans le titre et quelques autres : ce qui constitue l'hérésie, si l'Eucharistie est article de foi, etc., etc.

Cet ouvrage est du reste peu remarquable, plus verbeux qu'Alain ne l'est d'ordinaire. On doit, malgré le titre, se demander s'il lui appartient, ou si ce n'est pas plutôt un examen de son livre. Ainsi après avoir cite l'opinion de divers théologiens sur le point de savoir si la nativité et la passion de Jésus- Christ, quoique faits réels et visibles, sont articles de foi contrairement au principe : Fides est reruni invisihiliam^ le manuscrit cite l'opinion d'Alain en ces termes : Alanus dicit^ ce qui nous fait douter grandement que l'ouvrige soit de lui.

bibliothèque impériale [\) Il aurait pu ajouter que Montfaucon en cite deux autres (2).

La question est diffîcile. Trithème ni les auteurs contemporains d'Alain no parlent de cet écrit; en outre, il est extraordinaire de trouver la forme scholastique toute sècbe et toute nue dans un écrivain qui parait d'ordinaire le plu« élégant des littérateurs de son temps. On voit cependant parfois les prosateurs les plus chaleureux et les pins brillants devenir les plus secs lorsqu'ils veulent dogmatiser. Ce n*est pas d'ailleurs le seul de cette espèce qu'Alain ait écrit. Le traité dont nous allons parler après celui-ci : Theologicœ regulœ est conçu dans un esprit scholastique plus sec et plus raide encore.

En présence de ces raisons de douter, nous avions été tentés de supposer d'abord que le De Arte fidei est un traité de la philosophie d'Alain , composé sur ses ouvrages et peut-être d'après ses leçons, par Nicolas d'Amiens. De celte manière se trouverait expliqué le mot editam (publié) du titre ci-dessus. De celte manière aussi se trouveraient levées toutes les difficultés, et l'ouvrage dont nous nous occupons ne serait plus qu'un

(1) Le catulogue de la bib. impér. le cite ainsi : Opusculum cujus titalus est ars fdei catholicœ authore Nicolao andranensi, dans un volume portant le nO vi MDVI, in-io^ sur parcliemin, écriture du XIV® siècle, à deux colonnes, si serrée que cet opuscule qui y est réui;ii à plusieurs commentaires d^Averroès sur Aristote ne forme que huit pages, fonds Colbert. Il est pareil au n» vi MDLXIX, et c'est bien le texte de B. Pez.

Petit Kadel au lieu d'Aiidranensi porte Andratium, mot mis suivant lui pour Ambianensi. 11 signale dans ce manuscrit beaucoup de renvois àrËcrifure. Je ne les y ai pas trouvés.

A la bibliothèque des ducs de Bourgogne s'en trouve un manuscrit anonyme du XIV^ siècle, sous le no 1974 du catalogue dressé par M. MarschalJ.

(2) Montfaucon . Bibliotheca bibliothecarum, page 137, cite : Nicoldi Àmhianensis de arte fidei catholicœ^ nO 245 et 172 de la bibliothèque du Vaticîin. Page 630, il cite encore : Nicolaï Àmhianensis ars pdei catholicee^ dans la bibliothèque du roi d'Angleterre.

de CCS travaux comme il en a été fait , avec leur agrément , sous la dictée des plus célèbres professeurs. Il a dû en être souvent ainsi au moyen âge. Quand Abélard, Albert-le-Grand, Buridan , transportaient et fanatisaient leur auditoire, ce n*était sans doute pas avec les squelettes d'argumentation, les syllogismes décharnés qui nous ont été conservés. Nous n'avons probablement plus que les thèmes, les sommaires analytiques sur lesquels se développaient les brillantes variations de leur improvisation.

Mais Nicolas est plus âgé qu'Alain et serait difficilement son disciple, d*après les dates rapportées ci-dessus. Puis Touvrage est parfaitement fait, trop bien fait, il me semble pour être le cahier d'un élève. On trouverait difficilement dans toute la scholastique qui en a tant , une œuvre de déduction aussi simple et aussi serrée. Abélard est plus artiste , saint Bonaventure plus mystique, saint Thomas plus chargé de détails et Duns Scot de recherches. Peut-être faudrait-il aller jusqu'à l'Ethique de Spinoza pour retrouver cett énergique simplicité , car Wolf qui a procédé d'une fa^on analogue au développement des attributs de la divinité est plus complet mais bien moins fort.

La question est donc bien difficile, comme nous le disions en commençant , mais l'élévation du livre nous fait pencher pour Alain.

m. Theologicœ regulœ seu regulœ cœlestis juris, seu de

llieolo- Loctrinay seu Doctrinale altum , seu de maximis gêneraitregulœ ^^^ * '^^ axiomalibus theologiœ(i).

(f ) Theologicœ regulœ (pmnis scientia suis nitiîur regulis) cité sous ce titre par Mingarelli. — Regulœ celestis vitœ. Othonde S. Biaise (l'Hisloire littéraire de France en fait à tort les paraboles*). —De doctrina lih. I, seii de ma^rimis generalihns theologis seu flicologiœ d'apn'^s Trithémc et Fabriciiis. — Doctrinale allum seu de majcimis seu de ajciomatibus theologiœ d'après De Visch, Oudin, THisloire littéraire. (Le titre de Doctrinal était

connues.

£dition$ De Visch dit qu'il avait vu cet ouvrage manuscrit à la bipcu bliothèque des Dunes , il est singulier qu*il ne Tait pas édité (4). Par suite de cette omission , on Ta cru généralement inédit , et rhistoire littéraire elle-même le donne pour tel d'après quelques catalogues [%),

Cependant , au dernier siècle, Mingarelli le publiait dans son Anecdotorum fasciculus, d'après un manuscrit du XII* siècle (3).

C'est le texte donné par Mingarelli que la patrologie a reproduit de nos jours (4).

Ce qu'il y a de bizarre , c*est que de même que l'histoire littéraire donnait cet ouvrage pour inédit soixante ans après que Mingarelli Tavait publié, ce savant italien croyait lui-même éditer une œuvre restée manuscrite, quand cependant elle avait eu deux éditions antérieures.

En eiïet , Hain nous les cite toutes deux , elles sont du XV* siècle, mais sous le nom A'Alanus Porretanus (^),

très-usité au moyen-àge; celui-ci, surnommé le Grand, altum^ est opposé au petit (doctrinale minus) qui est le livre des Paraboles. Vojcz ci-après page 1S17.— De maximis theologiœ. Incipiunt regulœ celestisjuris. Editions gothiques.

M. Jung, le savant bibliothécaire de Strasbourg, me fait savoir que dans un manuscrit de son dépôt intitulé : Quœstiones theologicale» et termini iheologicaleSj une note de l'auteur indique qu'il avait l'intention de traiter plus amplement {diffasius) les matières de ce livre.

(1) De Visch. Bibliotheca scriptorum ordinis cistercii, I. c. {%) D. Brial, 1. c. 11 ignorait même le sujet de cet ouvrage.

(3) D. Jean Aloysius Mingarellus. Anecdotorum fasciculus. Roms, Monaldini, 1754, in>&o^ page 171.

(4) Patrologie cursus, vol. CGX. Alani opéra, p. 618.

(5) Mingarelli dans sa préface se demandait pourquoi T^unoy, en citant cet ouvrage dans son traité de unctione infirmorum, l'attribuait à un certain

AuUien- C'est à ce sujet que nous nous sommes demandé plus haut '** • si cet Alain Porret , qu'on a généralement distingué d'Alain de Lille , ne doit pas être confondu avec lui ?

Pour trancher la question, il sufïit de savoir si les Regulœ theologicœ sont bien le même ouvrage que lesBegulœ cœlestis jurts seu de maximis theologiœ, et si ce dernier traité est bien du Docteur universel. .

Or il suffit comme nous l'avons fait , de jeter un coup-d'œil sur le texte de M. Mingarelli elsur celui des éditions gothiques, pour voir que ces titres différents s'appliquent à un seul et même livre.

Quant à l'auteur, dès les premières lignes l'élévation des idées , la vigueur du style , nous ont appris immédiatement quelle plume avait écrit de tels passages. Il y a peu d'écrivains de cette époque qui soient de cette force. Une étude attentive nous a plus encore fait reconnaître la méthode large , le vaste savoir, le goût pour les étymologies subtiles et invraisemblables qui caractérisent Alain de Lille

En outre Othon de Saint-Biaise attribue au docteur universel des Regulœ celestis vitœ , litre à peu près pareil à l'un de

Alain Porrel {^Alanas nescio qui Porretanus), C'est que Lauaoy avait eu soui les yeux Tune des deux éditions.

La première est sans nom, ni lieu, ni date d'impression « mais Hain croit y reconnaître les caractères de Richard Paffroet, célèbre imprimeur à Deventer, dans le XIV* siècle. Nous avons ^u le bonheur de trouver cette édition à la bibliothèque Mazarine , à paris, dans un recueil très-curieux dont la provenance n'est point indiquée. On y reconnaît, en effet, les types de PafTroet qui a imprimé un g;rand nombre d'ouvrages d'Alain de Lille, comme nous le Terrons plus loin.

La seconde est de H. Quentel, Cologne, 1500, iu«io. Elle est intitulée comme la précédente : De maœimis théologies ^el eusuitt : Jncipiunt regulœ celestis juris vel maximœ theologiœ ma gis tri Àlani Porretani. Ejasdem metrum in parabolis, optima ejcplanatio.

Voir pour plus de détails, Hain : Reperloriam hibliographicum, nO B89.

ceux que nous venons de voir. Trithème lui attribue un De doctrina lib. \ , alim maximœ tkeologicœ dont il cite Vincipit : omnis scientia suis nititur regulis. Voilà qui est concluant. Du reste plus d*un manuscrit porte le nom d^Alanus de InsuU^ sans que Porretanus y soit ajouté (1 ).

Enfin dans l'édition de Quentel citée ci-dessous en note , on a joint à Touvrage qui nous occupe maintenant les paraboles en vers du môme auteur (ejusdem metrum in par abolis]. Or les paraboles sont Touvrage le plus incontesté d'Alain de Lille.

On peut donc bien conclure comme nous l'avons fait , que Porre.t est le nom de famille du docteur universel , mais comme nousMe disions aussi, il est bizarre que ce nom ne se trouve joint à celui d'Alain que dans cet ouvrage seulement. Paffroet et Quentel ne Tont jamais ajouté aux autres ouvrages du même autour qu'ils ont publiés, et cependant ils n'ignoraient pas cette communauté d'origine , la façon dont les 27ara6o/(p sont jofntes aux maximœ theologiœ vient de nous le prouver. Date. La date de ce livre ne peut être déterminée.

Analyse. H se compose de 4 3i règles dans les deux éditions anciennes. Dans celle de Mingarelli on n'en Irouve plus que <^o , encore les dix dernières semblent-elles ajoutées après coup en-dehors de l'ordre du traité.

Nous avons ci-dessus examiné et analysé autant que possible cet ouvrage scholaslique (2).

Conrad Gessner, qui en avait eu entre les mains un manuscrit, le trouve écrit en latin barbare, ce qui est bien loin des habitudes du Docteur universel et ce qui n'est pas vrai d'ailleurs, car le style en est excellent, mais on sait que pour beau-

(1) Notamment ceux que citent De Visch et Mingarelli. (î) Ci-dessus , page 30.

coup de critiqués ce qui était scholastique touchait à la bar-barie(l).

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