‹ Albert Dürer et ses dessinsChapitre 66 sur 163 · BUSTE DE VIEILLARD · texte numérisé non relu

BUSTE DE VIEILLARD

Cabinet des Estampes de Francfort.

sement remplacé par la planche B. 26; — l’Homme de dou-

étagés forment comme les marches d’un escalier que Jésus vient de gravir. Un autre au musée du Louvre, daté i520. Un troisième à l’Ambrosienne de Milan. Enfin un Christ au jardin des Oliviers, élevant les bras en signe de désespoir; les apôtres, à

leurs, aux bras étendus i; à la plume, au musée du Louvre qui possède également la première pensée, à la plume, de V Homme de douleurs, aux mains liées-, gravé en 1 5 1 2 3, dont le projet est peutêtre un Christ, debout dans l’attitude de la crucifixion, avec une expression de grande douleur, sans contraction violente ; à la plume, d’une grande légèreté de facture; 1 5 1 1 et monogramme (British Muséum); — deux études de la gravure sur fer, Jésus- Christ en prière au jardin des Olives'1 : le Christ est à genoux, tourné de profil à gauche, la tête entourée d’une auréole brillante devant l’ange qui vient de déposer le calice sur un rocher; dans le fond, les apôtres endormis ; l’une est à l’Albertine, l’autre au

droite, endormis près d’un groupe d’arbres; dans le fond, des soldats entrant par une petite porte; monogramme et 1524 (cabinet des Estampes de Francfort). A l’Ambrosienne encore, un petit croquis pour le même sujet. — Comme nous l’a fait remarquer M. Grimm, Durer nous conduit, dans cette suite de dessins à la plume, à travers les phases successives de l’agonie au jardin des Oliviers, depuis l’entrée au jardin et la première prière jusqu’à la prostration désespérée au sommet de la montagne.

1. Bartsch, 20 : « L’Homme de douleurs, aux bras étendus. — Le Sauveur debout au pied d’un tronc d’arbre, qui est censé être l’arbre de la croix. Il est nu, n’ayant qu’une ceinture autour des reins. Sa tête est couronnée d’épines. Il a les bras étendus et élevés. Sa robe et les dés avec lesquels celle-ci fut jouée, l’éponge, la verge et une tête de mort sont répandus à terre autour de ses pieds. Le chiffre est marqué au bas de la droite. »

2. Bartsch, 2 1 : « L’Homme de douleurs , aux mains liées. — Il est debout, ayant les mains liées devant lui. Ses jambes sont couvertes d’un large manteau qui descend de son épaule droite, laissant le reste d$ son corps à découvert. Le fond, à droite, est orné d’un groupe de deux arbres plantés au sommet d’une colline. L’année 1 5 1 2 et le chiffre sont marqués au haut de la gauche. Ce morceau est très rare ; il est gravé sur une planche de fer. »

3. A la Bibliothèque royale de Bamberg un projet pour la même gravure, Y Homme de douleurs, à la plume; au-dessus, une draperie. Dans la collection Esterhazy, à Pesth, une petite demi-figure d’un Ecce liomo dans le même esprit, à la plume.

4. Bartsch, 19 : « Jésus-Christ en prière au jardin des Olives.-— Il est à genoux, vu de profil et dirigé vers un rocher qui est à droite, et au-dessus duquel paraît l’ange. On voit dans le fond, à gauche, deux disciples qui dorment, et dans le lointain la porte par laquelle entrent les Juifs pour se saisir de Jésus-Christ. Au milieu du bas est le chiffre de Durer surmonté de l’année 1 5 1 5. Ce morceau est gravé à l’eau-forte sur une planche d’étain. »

Cabinet des Estampes de Francfort.

musée du Louvre, provenant de la collection His de la Salle; toutes deux absolument analogues à la gravure datée, comme elles, 1 5 1 5 , mais en sens inverse et d’une facture plus simple. La première pensée de cette composition est également au musée du Louvre, et la figure du Christ, tournée plus de face, se trouve à l’Albertine. Ces dessins sont à la plume.

Durer aimait à se copier ainsi, tantôt avec le souci d’améliorer l’œuvre première, tantôt sans y rien changer. Ainsi, un dessin de la Trinité de i5i5, à l’Ambrosienne, est heureusement remanié d’après la gravure sur bois de 1 5 1 1 1 : Dieu le père, en costume impérial, sous les traits d’un vieillard en proie à une profonde douleur, emporte dans les airs le Christ inanimé, enveloppé d’un suaire2 et dont le corps inerte, d’une langueur admirablement rendue, est soutenu de chaque côté par des séraphins ; au-dessus, le Saint-Esprit, sous la forme d’une colombe; belle et noble composition , supérieure dans le dessin à la gravure sur bois3. Au cabinet des Estampes de Berlin, le Joueur de cornemuse tourné à droite, de trois quarts ; à la plume4, signé et daté 1 5 1 4 , gravé cette même année par le maître, en sens inverse5.

1. Bartsch, 122 : « La Sainte Trinité. Dieu le père soutenant le corps de Jésus- Christ. Aux deux côtés sont en l’air plusieurs anges qui portent les instruments de la passion. Au milieu d’en bas est une tablette avec le chiffre et l’année 1 5 1 1 . »

2. A l’Albertine, un buste de Christ mort, dans une attitude renversée; croquis à la plume, en bas 1 5 1 5 et le monogramme.

3. La collection du marquis d’Azeglio conserve un verre églomisé, peint par quelque contemporain de Durer, d’après ce bois.

4. Bartsch, 91 : « Un paysan jouant de la cornemuse au pied d’un arbre, contre lequel il est appuyé, et qui s’élève à la droite de l’estampe. L’année 1 5 14 et le monogramme de Durer sont marqués au bas de la gauche. Cette pièce est une des plus finies de l’oeuvre de notre artiste. » — Dans cet ordre d’idées un paysan et une paysanne enlacés revenant du marché, l’humeur gaillarde et le geste libre; aquarelle, relevée de plume; signé et daté 1 5 1 3 (musée de Brême, provenant de la collection Mariette).

3. De 1 5 1 4 aussi deux Turcs de distinction, enturbannés, en costume national, suivis d’un esclave nègre; à la plume lavée d’aquarelle; en haut, la date et le monogramme (collection de M. Malcolm). Une gravure sur bois reproduite par Derschau,

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