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je e Guillaume que vous allez voir ici n’esi pas le peinire clair, robuste et per-. ER L sonnel qui d'année en année. avec une maîtrise croissante, reproduit tani d’aspects de la vie acluelle ; c’est le Guillaume première manière, le caricaturisie et le dessinateur, l'homme qui, dans les rues, a l’air de suivre ioutes les femmes à la fois.
| Ei, en effei, il les suit toutes el il les suit partout ; ei, elles, sachant par qui elles sont observéés, se relournent en souriant, s’arrélent, repartent, frémissent, provoquent, cherchant Icur à tour à se monirer et à se cacher à l'artiste, comme elles font à leur amant. | L'une, jeune et ardenie, lui dit : « Jele livre ma frivolité, le secret de mes altitudes el mes ruses, mais à; condition que Iu proclames aussi la douceur de mes caresses. Je n'ai pas été fidèle à lous ceux qui m'ont aimée, tu ne voudrais pas (car elles tutoient Guillaume); je n'ai pas été toujours fidèle non plus à ceux que j ai aimés, mais je ne leur ai fait que le mal sirictement nécessaire pour qu'ils ne m'oublient ras trop vite. Je ne suis pas méchante, je ne suis pas cruelle, je
suis pleine de pilié pour ceux que les autres femmes font souffrir »
Et Guillaume admire ces contradictions. 11 est sur le point de s'émouvoir. Son dessin et sa légende qui allaient devenir féroces, s'amusent et rient avec indulgence. — Mille pardons, chère Madame, répond-il, j'ai failli vous prendre au sérieux. ;
Une autre, alors, s'approche de lui: « Je trompe mon mari, c'est vrai, mais aussi quels plaisirs je procure à mon amant ! Ne vois-tu pas qu'il y a ld une compensation pour l’ensemble de l'humanité ? »
Et Guillaume s'incline avec sympathie devant ce raisonnement.
La troisième se confie à lui sans réserves : « J'ai, lui dit-elle, une âme pour chaque saison, obéissant ainsi, du moins je le crois, aux lois de la nature.
« Mon âme d'hiver a besoin d'une chaude tendresse et par conséquent, chaque biver, il me faut un amant neuf et passionné.
« T1 est superflu, Guillaume, de te décrire mon âme au printemps. Tu la devines à mon regard luisant et aigu, à mes gestes prompts, à mes hanches plus mobiles. En cette saison, mon âme et mon corps forment une union étroite. JMalbeur à celui qui ne comprendrait pas cette harmonie !
« Mon âme d'été est apaisée et subtile. Elle a un charme léger ; elle se contente de vagues épanchements. C’est la saison où je suis le moins difficile sur les qualités de l’homme que j'aime. Un amant superficiel et distrait m'a souvent suffi.
« Mais que mon âme, à l'automne, est langoureuse et délicate ! Une feuille qui
tombe n’est pas plus silencieuse ; le ciel n’est pas plus mélancolique. L'amant à qui
je me donne alors, doit me prendre avec précaution. C'est ia saison où il ne me plait pas d'être déshabillée. »
Et celle-la, la Parisienne redoutable entre toutes, Guillaume nous la montre dans les postures essentielles de sa délicieuse perversité : au bal, évoluant avec grâce parm: les danseurs froublés ; faisant du tout des lèvres qui sourient une scène atroce à son amant; en cabinet particulier, abandonnant ses fourrures au garçon respectueux ; jalouse et indifférente, sensuelle et dissimulée ; accomplissant enfin tous les exercices de la coquetterie, de l'amour et de la trahison.
Aucune des sournoises manœuvres féminines n'échappe à notre dessinateur. Tl sait les définir d’un trait spirituel et net. Son œuvre est déjà un abondant répertoire de nos ridicules, de nos faiblesses, de nos plaisirs, sous leurs formes les plus modernes.
Mais la vie lui a laissé une philosophie sans amertume. Sa caricature n'a pas de baine, et quand ses figures grimacent ou grincent, la légende en riant semble par-
donner au dessin.
Alfred CAPUS.