Tôt igitur miracula fecit quot articulos scripsit
OU des actes publics. On peut pour n'importe quel motif et tant que l'on voudra en amoindrir la signification, il reste cependant certain que les Papes ont ainsi élevé saint Thomas au-dessus de tous les autres théologiens. Lorsqu'un Pape se prononce publiquement sur un grand homme, sur un saint canonisé, son jugement n'est plus une appréciation ordinaire, d'autant moins que lui, suprême Docteur et Pasteur universel du troupeau de Jésus-Christ, appelle celui dont il parle un grand maître et l'indique comme la règle la plus sûre de la doctrine et le plus fidèle commentateur des Écritures \ Nous avons plusieurs qualifications de cette nature énoncées par saint Pie V, ce grand Pontife, ce Pasteur d'une gravité extraordinaire, le plus sévère de tous les Papes ; de Sixte Quint, qu'on n'accusera pas de partialité pour les dominicains; de Benoît XIII, qui déclare qu'après mûre réflexion et en vertu de son autorité apostolique, il renouvelle à l'égard de saint Thomas toutes les décisions de ses prédécesseurs; enfin de Clément XII qui veut « que personne ne soit assez téméraire pour oser affaiblir la portée des
l. Vaughan II, 13 i.
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déclarations pontificales à l'égard de l'ange de récolo. »
Ce ne sont plus là des phrases de rhétori(iue, ce sont au contraire de Graves recommandations et do sérieuses appréciations de la doctrine de saint Thomas. Pourquoi voudrait-on infirmer tous ces témoignages? On peut sans doute en discuter la portée et se demander quelle signification il y a à leur donner \ Quant aux discussions soulevées l>ar le Correctorlum frafrisThomae du franciscain Guillaume de la Marre ^ à la fin du xiii'' siècle et par le Nodus indissoliihilis de son confrère Pierre de Alva ed Astorga dans le xvii*'^, elles ont dépassé toute mesure parce qu'elles attaquent la doctrine elle-même du saint Docteur et la taxent d'hérétique. Plus intéressantes sont colles de Pierre d'Ailly et des autres députés de l'Université de Paris, introduites à Toccasion de l'appel en cour pontificale a Avignon, de Jean de Montson, parce qu'elles furent restreintes à la
1. Parmi les écrits parus sur cette question, nous citerons en particulier : Gravina. Cherubim Paradisi S. Thomas Aq. Neapoli IGil et Pjccinardi do approbationedoclrinseD. Thomœ Patavii, 1683, 3 tomi fol.