Les Espérances de l'Église
Mais, pour combler iinalement la mesure, il ne manqua pas, à cette époque dans le sein même de l'Église, de ces apparitions que Ton voit toujours se produire quand l'Église est pressurée en dedans et au dehors.
En effet, lorsque l'Église est fortement opprimée par ses ennemis du dehors et aussi quand elle souffre de plaies intimes, elle i^encontre toujours de ces zélateurs de la bonne cause qui s'imaginent, dans leur ardeur impatiente et fiévreuse, qu'elle doit prendre toutes les mesures
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dv l'iixiiour })oiii' terrasser d'un seul coup ceux (fui la persécutent et bannir de son sein ses membres malades. Au lieu de se calmer et de se vaincre, et d'attendre avec l'Eglise le moment opportun; au lieu d'alléger le fardeau de leur mère en prati({uant plus héroïquement les vertus ([u'elle enseigne, ils s'insurgent contre l'autorité ecclésiastique, comme si elle était incapable de remplir ses devoirs. Cet esprit d'exagération et d'orgueil conduit toujours au schisme et bien souvent à l'hérésie. Nous avons pour exemples les montanistes , les novatiens , les lucifériens, les circumcelliens et les jansénistes. Il n'en était pas autrement au temps dont nous parlons. h^Evangelluin aeternum n'é1?Rit qu'un petit ulcère purulent qui s'était ouvert avant d'être mûr et dont le poison se glissa à travers le corps de l'Église pour le corrompre." L'apparition des flagellants, des fraticelli, des bégards et des lollards prouve suffisamment quels éléments dangereux cette période renfermait en elle.
Telle était la situation de l'Église durant la première moitié du xiii' siècle. Et lors même que nous regardions" ce que ce temps nous offre de grandiose et d'élevé à d'autres points de vue, il
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n'en attristait pas moins les cœurs faibles et n'ébranlait pas moins les caractères vacillants et pusillanimes.
Mais plus le danger est grand, plus les difficultés sont nombreuses, plus aussi doit être fondée à son tour la confiance de la divine Épouse de Jésus-Christ en son Époux. C'est alors qu'elle doit se souvenir des paroles d'éternelle durée qu'elle a entendues tomber des lèvres du Sauveur : Et joortae inferi non praevalehunt adversus eam. Là où nul secours humain ne peut détourner le mal, Dieu choisit lui-même les instruments de salut.
C'est ce qui arriva aussi à l'époque dont nous parlons; et, parmi les instruments, dont il se servit^ apparaît en première ligne saint Thomas d'Aquin.
Ce n'est que lorsque nous regardons le fond obscur devant lequel se dresse rayonnante la grande figure du Docteur angélique, que nous pouvons reconnaître la noble mission que Dieu lui a confiée au milieu de ces temps ébranlés. Il lui fallait précisément cet esprit réfléchi dont il était doué, pour prévenir les catastrophes les plus effroyables qui menaçaient l'Église, pour rétablir
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l ordiv et la discipline dans renseignement, pour procurer un temps d'arrêt à l'esprit humain prêt à se perdre dans la course effrénée dans laquelle remportait la science païenne, jetée sans mesure par les Arabes et les Juifs sur l'Occident catholique.