LE PRINCIPE AUQUEL SONT SUSPENDUS LE CIEL ET LA
iù-, È:wy.£v:v. — Arist., Métciphys., X!l. 7.
NATURE *... Son bonheur est son acte Même ^.. »
Aristote a été vingt ans disciple de Platon et il s'en est souvenue — Reste à savoir, à présent, comment s'expliquera ce fait d'une singulière importance : la théologie catholique officielle , au moyen âge , s'est séparée de Platon ; pourquoi ? Rien ne nous autorise à supposer que l'Eglise renoue jamais les liens d'une ancienne et glorieuse amitié : l'Eglise demeure encore, à l'heure qu'il est, la cliente du gouverneur d'Alexandre; encore une fois, pourquoi?
1 . ... 'E^ ToiàuTn; âpa àpx.YÎ? r.^-:r,Tax i cùpavô; x.at r. g6g'.;. — Arist., Métaphysique^ XH, 7.
2. 'EtteI Kal r, xS'ovyi èvsp-^eix toutci». — Arist., Mélaphys., Xil.
3. Après avoir médité sur les mêmes problèmes qui ne devaient pas moins préoccuper que lui Aristote et Platon, Albert et saint Thomas, le philosophe grec Xénophane s'écrie en ces très-beaux vers que nous a conservés Sextus Empirions : « Il n'est point de mortel qui ait pu voir clair dans ces profondeurs; il n'y en aura pas qui puisse jamais savoir à fond ce que sont les dieux et l'univers dont j'essaye de pailler. Si quelqu'un par hasard rencon- Irait un jour la vérité coinplète, il ne saurait pas lui-même jiisquà quel point il la possède^ et sur tout cela il n'y a jamais EU QUE VRAISEMBLANCE. » (V. Origines de la philosophie grecque. Œuvres d' Aristote. Traité de la production et de la reproduction, Barthélémy Sainl-Hilaire, p. clxv.) — Mille ans et plus nous séparent de Xénophane : il nous semble toutefois que sa conclusion dernière en théodicée est encore , à tout prendre, la seule raisonnable et que l'aveu que contiennent les très-beaux vers conservés par Sextus Empiricus eût pu être médité avec fruit par les scolastiques et filii.
(( DiSCirULUS ADSUM QUI TRES EXGOGITAVI CAUSAS, MAGISTER * ! »
(( Toute théologie un peu profonde s'appuie nécessairement sur une psychologie , » remarque avec infiniment de justesse l'un des modernes que saluerait le plus volontiers Albert le Grand, s'il revenait en ce monde, car tous deux se sont rencontrés en Aristote et ils pourraient se dire l'un à l'autre : In eo vivimus et siimus. a ... Ce fut la doctrine d'Aristote qui régna durant tout le moyen âge, non pas qu'elle fût la plus vraie , mais parce qu'elle était la plus régulière... La croyance religieuse ne courait aucun danger à ce contact. Les faits étaient parfaitement observés par le philosophe païen : on les lui empruntait. Quant aux doctrines qu'il en avait tirées, on s'en inquiétait peu, et, au besoin, on savait les accommoder avec le dogme ^ . »
La méthode d'Aristote prévalut , jmrce c/u'elle était la plus régulière. Quant au fond de ses idées, on ne s'en inquiétait que médiocrement... Yoilà que
i . « C'est un spectacle assez surprenant de voir toute la théologie chrétienne déserter le platonisme, qui lui est si conforme, pour adopter la psychologie péripatéticienne do?it les conséquences sont si conlradicloires à l'orthodoxie. » — V. Barthélémy Saint- Hilaire. Œuvres d'Aristote, Traité de l'âme, préface.