VENISE
... Tout réussissait à Venise. Ayant eu, un jour, maille à partir avec Constantinople, elle força les Grecs à lui payer 15,000 livres d'or comme dommages et intérêts, et non-seulement ses privilèges furent maintenus , mais elle obtint des libertés nouvelles. Venise reçut un accrois-
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sèment de puissance extraordinaire de la fondation d'un empire clirétien à Constanlinople : ce fut pour elle une opéralion commerciale que les croisades. Lorsque l'empire grec s'ëcroula, elle en recueillit les débris. Des îles de l'Arcbipel lui furent dévolues en pleine propriété. Enfin, par suite d'un traité conclu avec Michel Paléologue, elle n'eut bientôt plus à redouter Gènes, sa rivale^Quelques chiffres donneront une idée exacte de sa prospérité. Venise, dès l'année 1120, fut en état d'armer cent quarante-deux vaisseaux contre Pise. Elle entretenait vingtdeux mille cavaliers ou fantassins ^ A la fin du xii« siècle, en 1188, la sérénissime République, alors en bons termes avec l'empire grec, s'engagea, pour lui venir en aide, à faire sortir de ses ports cent vaisseaux de guerre, garnis chacun de cent quarante rameurs, ce qui représente un effectif de quatorze mille hommes d'embarquement, les pilotes, les matelots non compris-'. Dans les annales de Venise, il est fait mention de flottes de deux cents navires. En tenant compte des proportions énoncées plus haut, c'est donc trente mille hommes que Venise, du xni* au xiv*" siècle, pouvait lancer sur ses galères, sans interrompre pour cela son commerce. Mais n'est il point liors de propos d'appuyer plus longuement sur le passé d'une ville dont nous avons vu les palais, laissant pencher leurs façades crevassées sur le canal , servir d'asile à quelques brocanteurs?... Que si des lagunes nous portons nos regards vers le nord, nous comprendrons mieux quelle dut être la physionomie de Padoue au moyen âge, résultat
1. Tentori , IV, 150; — Marin, IV, 320; — Raumer, Geschiclite der Hohenstaufen, passim.