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née. Il mit la main dans sa poche pour en tirer son canif ; en le retirant, son chapelet tomba à terre.
Il se baissa pour le ramasser.
M. Lyons fit un sourire moqueur.
—Que faites-vous de cet instrument ? dit-il.
—Vous venez de donner à ce chapelet un nom qui lui appartient, dit Albert. En effet, monsieur, le chapelet a été un instrument de conversion pour des nations entières ; il a été un instrument de paix pour beaucoup de familles où la haine et la discorde régnaient avant son apparition au milieu d'elles ; un instrument de secours pour bien des malheureux naufragés et autres.
— Allons donc, jeune homme, vous n'êtes pas sérieux. Vous êtes trop intelligent pour croire que dans cette chaîne composée de métal et d'ivoire, il y a une vertu divine.
Un des chapelains de la caravane, ministre protestant, approchait au même instant.
—C'est parce que je suis intelligent, dit Albert, que je conserve ce chapelet comme un ob-
jet sacré. Oui, monsieur, le chapelet est, comme
vous venez de le dire, une chaîne dont les liens unissent celui qui la tient, à Jésus et à Marie qu’il invoque.
M. Lyons et le ministre haussèrent les épaules.
— Je ne vous aurais pas cru aussi ignorant, dit le ministre.
— J'ignore bien des choses, il est vrai; mais permettez-moi de vous le dire : sur ce point nous sommes peut-être sur un pied d'égalité. Il y 2 beaucoup de choses dont vous ne soupçonnez pas même l'existence et qui n’en existent pas moins.
—Je n’ignore pas cependant que les prières faites et répétées sur ces grains par les catholiques romains, sont plutôt une injure à Jésus- Christ qu’une prière du cœur.
—C'est l’une et l’autre, dit Aibert, cela dé pend.
—De quoi? demanda M. Lyons.
—Cela dépend de la manière dont on récite les prières qui composent le chapelet.
—Ce sont ces prières qui font injure à Jésus- Christ, dit le ministre.
Connaissez-vous ces prières P
— Oui, le ‘ Pater ” et ‘l’Ave.”
—Le ‘ Pater” n'a-t-il pas été composé par Jésus-Christ lui-même? L’'aurait-il composé pour nous permettre de l'injurier en le répétant ? —Non, non, dit le ministre, il n'y a pas de
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