DEUXIEME PARTIE
Oh, que mon cœur est lourd! Je ne sais pas pourquoi Jamais je n’ai senti tant de douceur en moi...
…Ce soir, je voudrais même Me fondre sous tes dents comme un fruit, tant je t’aime ‘..
et mièvre
Cette nuit est, vois-tu, si douce que j'ai peur, Comme un vase trop plein, de répandre mon cœur *...
de quelques Elégies du Chariot d'Or.
Enfin, et sans doute est-ce là l’argument le plus fort en faveur de la personnalité du drame de Samain, la conclusion de la pièce, le pardon du cyclope, n’est pas
une note grecque, malgré la forme de l’invocation : $
Vents de la mer. parfums des bois, souffles nocturnes... Grands arbres doucement par la brise agités, Plaines, coteaux, vallons des nymphes habités,
Bonne terre, et toi, nuit dont la majesté veille, Protégez à jamais cette enfant qui sommeille *..
Non qu'il faille, en faveur de ce pardon, s’exagérer la valeur de la conduite de Polyphème. Ce n’est pas le sacrifice véritable, qui eût consisté à vivre pour continuer d’aimer. C’est, et là se reconnaît le poète du Jardin de l’'Infante, un suicide pour moins souffrir, une lâcheté larmoyante dans un affaissement moral. Force est de convenir cependant que si Euripide eût traité le sujet,
1 P: 133 et 154.