‹ Albert Thomas 1878-1932Chapitre 8 sur 37 · BULGARIE · texte numérisé non relu

BULGARIE

Slovo (M. St. Mochanoff) :

... L’énergie de M. Albert Thomas ne se contentait pas des cadres restreints de compétence spéciale que lui assignait son institution. La

crise mondiale, le chômage, l’avaient complètement absorbé ces derniers temps, et il travaillait avec enthousiasme à l’élaboration d’un grand plan de travaux publics. Dans son élan à servir les autres, M. Albert Thomas oublia sa personnalité et les conseils des docteurs, que les forces physiques ont une limite et ne sont pas invincibles comme son esprit à lui...

Il laisse une épouse et une collaboratrice de qualités rares. Il rend orpheline une grande œuvre qui ne trouvera jamais son remplaçant. La Bulgarie perd en lui un fidèle ami...

Narod (M. I. Yanouoff) :

Le prolétariat tout entier est en deuil. Il n’est pas de drapeau syndical qui ne s’incline devant son tombeau. La classe ouvrière, sans distinction d’opinion et de race, était défendue par lui avec une rare intelligence, avec un tact classique joints à une profonde pensée et une vive éloquence. L’époque sociale avait trouvé son maître incontesté. Compagnon de l’immortel Jaurès, il resta pour toujours fidèle à sa pensée fondamentale : éduquer systématiquement le prolétariat en vue d’atteindre son émancipation sans faire couler de sang.... Ce fut sur ses recommandations qu’on a procédé chez nous à une enquête sur les réfugiés. L’appel de secours, lors du tremblement de terre en Bulgarie, fut signé par lui et, tout récemment encore, il s’intéressait vivement à la détresse sociale qui accable notre pays. Au milieu de notre douleur, dirigeons nos regards en avant, comme il le faisait lui-même, avec la foi inébranlable dans la justice sociale.

Obchestvenik (M. Dim. Nicoloff) :

... M. Albert Thomas était un savant accompli, poète et homme politique dans le sens le plus large du mot, mais tout cela devait pour lui, en vrai réformateur, servir non seulement le progrès social en général, mais surtout la transformation de ce progrès sur la base de la justice sociale, cette dernière constituant son impératif à la réalisation duquel il avait consacré toutes ses forces... Doué d’une volonté invincible et d’une capacité de travail infatigable, lui, en tant que chef de parti, rédacteur, ministre des Munitions et ensuite Directeur du Bureau international du Travail, il développait une énergie étonnante en se constituant partout en pivot agissant qui entraînait tout autour de lui.

... Envers la Bulgarie il nourrissait des sentiments d’amitié. En 1922, quand l’enquête sur le service obligatoire du travail fut entreprise en Bulgarie, il défendit au sein du Conseil d’administration du Bureau la cause de notre pays vaincu et humilié. Plus tard, quand il fallait entreprendre l’enquête sur les réfugiés, c’est lui qui était plus pressé que nous les Bulgares... Le mot d’ordre qu’il servait Si vis pacem cole jusiiciam , — c’était son âme.

Nezavissimosi (M. G. Valeff) :

Des millions d’ouvriers, des milliers de réfugiés, tout le monde pleure cet homme de cœur et de haute intellectualité qui s’était assigné la tâche d’établir une paix durable basée sur la justice sociale... Il n’y avait pas de souffrance qui n’ait trouvé d’échos dans son cœur...

Devant l’horrible crise et le chômage, son rapport à la seizième Conférence du Travail se dresse comme un document de première valeur.

C’est grâce aux efforts d’Albert Thomas que le projet de travaux publics internationaux et nationaux commençait à s’imposer, mais hélas, avec sa disparition la réalisation de ce projet sera retardé de beaucoup. La Bulgarie perd en lui un grand ami qui répondait toujours à ses appels... Thomas est mort à son poste en luttant pour le droit humain et pour une meilleure existence pour ceux qui souffrent et qui sont victimes de l’injustice.

Bulgarie :

... Nous sommes persuadés que le nom du grand défunt restera toujours présent dans la mémoire de ceux qui aspirent à la justice sociale et à la paix. Car cet homme extraordinaire qui, par ses idées lumineuses et ses nobles aspirations paraissait appartenir à une époque plus avancée de l’humanité, avait donné le meilleur de son énergie pour le triomphe de l’œuvre de coordination économique, d’organisation de la production et du rendement afin d’aboutir à la justice sociale.

Indouslrialen Pregled :

... Il employa tous ses dons d’homme politique éclairé et perspicace pour créer des conditions améliorant le sort de la classe ouvrière et pour les faire accepter de tous les pays, sans se laisser entraîner par des utopies et des idées extrémistes, mais suivant uniquement le chemin de la réalité. Et pour connaître la réalité il visita un grand nombre de pays. Il vint deux fois en Bulgarie, connut le peuple bulgare, l’aima et fut toujours prêt à l’aider et à le défendre.

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