SCÈNE VIII
ALBERTINE, M. DE BRÉVANS.
Une minute à perdre... Ah ! décidément je ne suis pas dans les bonnes grâces de madame de Chazeuil.
Vous? Oh!.. (Elle s’assied sur le canapé après lui avoir montré une chaise.)
DE BRÉVANS, approchant sa chaise.
Ce joli oh! n’y fera rien, chère madame; quand elle m’adresse la parole, c’est du bout des lèvres, et elle a toujours mille prétextes pour rompre l’entretien, (n s’est assis.)
Et cela vous étonne?
DE BRÉVANS, riant.
Non ;... mais jamais je n’ai vu madame de Chazeuil si pressée de suivre son mari.
Elle l’aime beaucoup, vous savez... Et puis, une visite, je crois...
* Albertine, Antoinette, de Brévans.
Oh! je ne m’en plains pas. (Il lai baise la main. Albertine la relire.) Ne sommes-nous pas seul»?... (lise relourno.)
ALBERTINE, li part.
Antoinetlo se trompe. Il m’aime sincèrement. Comment lui dire.,.?
DE BRÉVANS.
Irez-vous aux Italiens, ce soir?... C’est votrejour.ee me semble.
Oui, mais je n’y paraîtrai pas... J’ai des lettres à écrire.
DE BRÉVANS.
Soirée perdue alors, puisque je ne vous verrai pas.
Oh ! une soirée, qu’est-ce ?
DE BRÉVANS. s
C’est vous qui parlez! (n l'observe.) Albertine, vous avez quelque chose?...
Moi?...
DE BRÉVANS.
Avez-vous des ennuis?
Des ennuis 1 qu’est-ce que cela? Je voudrais en avoi*
DE BRÉVANS.
Un malheur, peut-être?...
Peut-être I
DE BRÉVANS.
Mais, alors, j’en veux ma part... Qui donc aurait le secret de vos chagrins, si co n’est moi?...
Non! c’est une folie. Que vous ai-je dit?... J’ai eu la fièvre ce matin... c’est là mon chagrin... N’y prenez pas garde!
DE BRÉVANS.
C’est la première fois que je ne vous trouve pas sincère... Il y a dans vos yeux une expression que je ne leur connaissais pas... Que se passe-t-il? ne suis-je pas à vous? ne savez-vous pas que je vous aime?. ..
ALBERTINE, sc reculant sur le canapé.
Et voilà justement ce qu’il ne faut pas, ce qu’il ne faut plus.
DE BRÉVANS.
Ah!...
Êcoutez-moi, de grâce... vous ne savez pas tout co que je souffre... Un temps, j’ai pu fermer les yeux... ne voir que