ALBERT INE
Antoinette, il ne faut pas avoir deux morales, une pour les autres, une pour soi... Donne- moi ta parole... d’honnêtefemme qu’à ma place tu te marierais avec M. de Gerciaux sans remords... Tu ne réponds rien... Tu vois!...
ANTOINETTE
Je m’interroge. Voyons!... voyons, il y a toujours un moyen!...
Oui, il y en a un!...
ANTOINETTE
Lequel?...
C’est de tout dire à M. de Cerclaux!...
ANTOINETTE
Jamais!... Tout; excepté celui-là!... Avouer!... Jamais, jamais, jamais!.. je n’ai rien à avouer, moi... mais il y aurait quelque chose, m’eût-on vue, m’eût-on... je n’avouerais pas... Songe donc, ma chère ! nous sommes des femmes après tout. .. Il y a des sous-entendus naturels dans la vie. Est-ce que tu vas demander à M.de Cerclaux s’il a aimé quelqu’un pendant son voyage?.. A Venezuela, il a peut-être adoré un négresse. Qu’est-ce que ça te fait? Tu as eu des années de chagrin , une minute d’erreur... Tu n’aimes plus M. de Brévans, tu ne le reverras jamais... Où sont les preuves?...