F AN NV
Rien !... Jo comprends votre exclamation de tout ù l'heure. En efl'et, co serait drôle, comme vous dites, que M. de Merris mourût juste au moment où M. de Corclaux revient... comme il est drôle...
ANTOINETTE
Que M. cfc Corclaux revienne juste au moment où M. do Morris...
FANNY
Malheureusement ou heureusement, M. de Merris vit encore.
Comme vous dites cela !
FANNY
C’est que, si drôle que doive être un pareil hasard, je n’en suis pas encore, quel que soit mon attachement pour M. de Cerclaux, à souhaiter, môme en vue de son hou lieu r, la mort d'un homme à qui je dois au moins la moitié de ce que sa femme a fait pour moi.
ANTOINETTE
Moi non plus, chère enfant, croyez-le bien. Seulement, j’admire les combinaisons possibles du hasard, voilà tout; et si Albertine aime M. de Cerclaux comme elle en est aimée...
FANNY
Elle ho l’aime pas!
ANTOINETTE
Vous en êtes sûre?
FANNY
J’en suis sûre!. . Si elle l’eût aimé, elle l’eût épousé.
ANTOINETTE
Il y avait des obstacles. M. de Cerclaux était sans fortune, sans appui... et le père d’Alberline ne transigeait pas sur ces. questions... Enfin, si elle ne l’aime pas, il l’aime, lui... et quand on a fait deux mille lieues, — il va bien deux mille lieues de Venezuela à Paris? — pour revoir une personne aiméo et qu'on la trouve libre, il y a bien des chances pour qu’on arrive à la convaincre.
FANNY
Tout est possible, madame. Quant à moi, je ferai tout co que je devrai faire pour le bonheur de ceux que j’aime.
ANTOINETTE, à part.
J’ai parlé trop tôt!... Elle aime M. de Cerclaux!... Pauvre petite!... hum! ça passera, (liant.) Nous ne parlons pas de la maladie de M. do Merris, c’est convenu.