Album Caranda
Armentières est un petit village de 175 habitants, dépendant du canton de Neuilly- Saint-Front, arrondissement de Château-Thierry (Aisne).
Il est situé au fond de la vallée de l’Ourcq, et se trouvera prochainement sur la voie ferrée de Château-Thierry à Laon (1).
Armentières vient du latin Armentariæ Armentarias (2), et signifie: lieu où l’on fait paitre des troupeaux. La situation Armentières, la disposition et la production des terrains qui l’avoisinent, confirment cette étymologie. C’était dans les vastes prairies qui longent la rivière d'Ourcq, depuis Armentières jusquà Nanteuil-Notre-Dame, que paissaient de nombreux troupeaux, destinés à lalimentation des troupes. Get entrepôt se
trouvait placé sur le bord de la voie antique, qui allait de Soissons à Château-Thierry.
@) Officiel du 95 Février 1882.
@) Joseph Berthelé, archiviste des Deux-Sèvres.— Annales de la Société Historique de Château-Thierry, 1880, page 79.
Armentières n’est éloigné que de 2 kilomètres de Breny où nous venons d'explorer une intéressante nécropole Gallo-Romaine et Franque. Aussi, après avoir terminé les fouilles de Breny, la pensée nous vint, tout naturellement, de chercher si quelques-unes des populations barbares, qui se sont succédé dans cette partie de la France, n’avaient pas établi leur champ de repos à Armentières.
Nous dirigeñmes nos recherches de ce côté, et ne tardâmes pas à découvrir, dans la direction du clocher, sur le versant de la colline qui domine Armentières, des squelettes, orientés la tête à l'Ouest, les pieds à l'Est.
C'était un cimetière Mérovingien.
Nous lui avons donné tous nos soins pendant les mois de Septembre, Octobre et Novembre 4881, et nous pouvons, aujourd’hui, rendre compte des résultats déjà obtenus sur 500 sujets que nous avons visités.
Ce cimetière a une certaine analogie avec celui de Caranda; son mobilier funéraire consiste principalement en Armes, Épées, Scramasaxes, Francisques, Framées, Couteaux, et en un grand nombre de Vases de terre, quelques-uns en verre. On y remarque des Boucles en bronze et en fer, avec leurs plaques et contre-plaques, des Colliers en ambre et en perles de verre, des pommeaux d'Épées ; ceux-ci de forme triangulaire, en bronze (PI. 15, nouvelle série), ceux-là en pâte de verre, très-ornés, et bombés d’un côté, plats et rugueux de lautre.
Le travail des fouilles a offert, à Armentièr
certaines difficultés : le sol y est formé d'un tuf calcaire, compact, dans lequel des fosses, espèce de bacs, d'un mètre de profondeur, sur soixante centimètres de largeur, avaient été taillées, pour y recevoir les corps. Nous les avons trouvés entourés de leur mobilier funéraire qui, malheureusement, avait été envahi par les débris du tuf, formant, avec lui, un conglomérat très-dur, compromettant, parfois, l'extraction des objets.
Quelques-unes de ces fosses, celles des chefs, principalement, étaient recouvertes d’une dalle en pierre du pays, sur laquelle figurent les ornements en usage à l’époque
Mérovingienne, et dont voici une reproduction imparfaite.
Au bas de la colline, sur laquelle est établi le cimetière, se trouve l’ancien château féodal d'Armentières. Destiné à être entouré d’eau, il a été bâti sur pilotis, et on aperçoit encore le pont-levis qui en fermait l'entrée.
« Dès 864, le château d’Armentières était du domaine royal; le roi Charles le Chauve » l'ayant donné au chantre de sa chapelle, nommé Fulbert, celui-ci le donna à saint » Crépin, de Soissons. Parmi les plus remarquables seigneurs du château d’Armentières, » on cite Jean Juvénal des Ursins, archevéque de Reims, qui en fit l'acquisition en
» 1446. » (Histoire de Coincy, par De Vertus, page 391.)
Vus D'ARMENTIÈRES, COTÉ DU CHATEAU (OFFERTE PAR M. VaRIN)