GRANDES BOUCLES EN FER
Ces deux fortes Boucles en fer appartiennent à des sépultures de femmes. Celle fig. 1, du poids de 570 grammes, avec sa contre-plaque, à été trouvée, le 12 Octobre 1881, dans les conditions suivantes :
À Om 30 du sol reposait une Mérovingienne, portant, #u cou, un remarquable Collier
composé de trente-sept perles, des plus fortes dimensions, en ambre, pâte de verre et
(1) Abbé Cochet, Tombeau de Childérie, page
terre cuite rehaussée d’un émail de couleurs variées, PL 20, nouvelle série, fig. 2. Au
bas du Collier sont, en pendeloques, deux Monnaies Romaines : l’une, petit bronze fruste;
Vautre, moyen bronze, qu'on croit être de Trrus, 79-81 après J.-C. (on voit, au revers
s, la
Jupga Capra). Plus bas, sur la poitrine, était placée une des plus belles Fibules de la
Collection, PI. 19, nouvelle série, fig. 1. Près d’elle se trouvait la Boucle en fer, avec sa plaque et contre-plaque. En descendant vers les bras, on retirait de l’un des doigts de la main droite, un élégant Anneau, en argent, avec monogramme, PI. 19, nouvelle Séne tee
La Boucle, fig. 2, et son appendice carré, qui ont conservé une partie de leurs riches
ornements primitifs de damasquinure, se trouvaient dans une autre sépulture, vers la ceinture d’une femme qui portait, au doigt, un anneau en bronze, et, à la tête, une élégante Épingle styliforme, en bronze, fig. 3; deux vases en terre se trouvaient à ses pieds.
Depuis plusieurs années, nous nous étonnions de ne rencontrer avec les fortes plaques, bronze ou fer, aucune de ces armes si familières aux Mérovingiens : épées, scramasaxes, francisques et framées. Nous nous demandions si nous n’étions pas en présence de sépultures de femmes; plusieurs fois, même, nous avions consigné ce doute dans nos procès-verbaux. Mais, aujourd’hui, nous avons la certitude que les Boucles que nous représentons PI. 16, nouvelle série, appartiennent positivement à des femmes.
Du reste, tout récemment, aussi, des archéologues très-autorisés, MM. les abbés Renet et Hamard dans l'Oise, et M. J. Pilloy, dans le département de l'Aisne, faisaient les mêmes constatations, venant confirmer la présence de fortes boucles, avec leurs plaques et contre-plaques, dans des sépultures de femmes. M. J. Pilloy, même, qui ne les a jamais rencontrées qu'avec des objets de toilette, en conclut qu’elles appartiennent exclusivement aux femmes.
Voici, maintenant, l'opinion du si regretté M. Jules Quicherat, et la réponse qu'il a
bien voulu faire à notre communication:
Écoce NATIONALE DES CHARTES. — 23 Janvier 1882
« Au sujet de la Boucle de fer incrustée d'argent, voici ce que je lis dans mon » Histoire du Costume en France, à propos de l'habillement des barbares de l’époque » Mérovingienne, page 86 :
» Les femmes portaient aussi le ceinturon.
» Il fut, pour elles, non moins large, et bouclé de même, à ce point que des ferrements » atteignant le poids de 5 et de 600 grammes, ont été trouvés sur le squelette de certaines » matrones Franques.
» Mon autorité, pour avancer cela, a été une fouille de cimetière, dont le compte-rendu
» se trouve dans les Mémoires de la Société Académique de Boulogne-sur-Mer, pour les
années 1864-1865. Une agrafe et sa contre-plaque en fer damasquiné, pesant 640 grammes furent recueillies sur un squelette reconnu, sans hésitation, pour être celui d’une femme.
» Je m'étais sans doute un peu trop aventuré, en généralisant un fait dont je ne possédais qu’un exemple. Je nai pas lieu de m'en repentir, après la confirmation que
vous venez d'apporter. Reste à savoir, maintenant, si ces agrafes n’auraient point été
exclusivement à l’usage des femmes. La suite de vos explorations nous apprendra cela. En vous recommandant de ne pas perdre de vue cette piste, j'appelle aussi votre attention sur la position exacte de ces objets dans la sépulture : s'ils sont au milieu ou
au-dessus du bassin du squelette; s'ils se présentent horizontalement ou obliquement. »
Ces précieux conseils, qui prouvent tout l'intérêt que M. Jules Quicherat portait à la
question, nous ont été donnés par
science une perte immense. Et nous, F croyons payer un respectueux tribut d paroles prononcées par M. Léopold De
de la 20e réunion des délégués des Soc
ui, peu de temps avant sa mort. E
e regrets à sa mémoire, en rappelan isle, à la Sorbonne, le 11 Avril 1882,
iétés savantes :
le est pour la
Jour qui le maître fut toujours si bienveillant, nous
ici quelques
à l’ouverture
« (1) Une mort soudaine nous à enlevé Jules Quicherat. Vous savez, Messieurs, quelle était sa compétence pour toutes les questions d'histoire et d'archéologie. Que de remarques judicieuses lui inspiraient les comptes-rendus de vos fouilles et de vos explorations ! Quels précieux encouragements ne trouviez-vous pas dans ses observations, quand, après une discussion approfondie, il fixait rigoureusement la portée de vos découvertes, quand il en déduisait les légitimes conséquences, et qu'il vous signalait les points douteux sur lesquels votre attention méritait d’être attirée ! Il y aurait eu injustice à ne pas rappeler ici de tels services, et je suis certain que vous m’approuverez de vous avoir rappelé le nom d’un éminent collègue dont la voix, hélas ! n’animera plus nos séances, mais dont le souvenir restera gravé dans nos esprits. »
La fis. 3 est l’élégante Kpingle styliforme, en bronze, trouvée dans la sépulture de la Le] © L L>] èl ? ?
boucle fig. 2.
La fig. 4 est une fibule, en bronze, recueillie dans le cours de nos fouilles.
(1) OfficiL du 42 Avril 1882, page 1954.