‹ Album de l'exposition rétrospective de ToursChapitre 54 sur 104 · M. HENRY ROYER-COLLARD, A SAINT-SYMPHORIEN · texte numérisé non relu

M. HENRY ROYER-COLLARD, A SAINT-SYMPHORIEN

Il est assez difficile de dire exactement ce que le sculpteur a voulu représenter dans le long bas-relief placé sous nos yeux. Trois enfants, à droite, sont bien occupés à charger de fruits un lourd massif rectangulaire, près duquel fume une cassolette sur un trépied, et assez semblable à un autel. Une satyresse et un petit satyre ne laissent pas, au centre, que de paraître se préparer à la même action; mais que signifient, d'une part, la femme endormie au pied de l'autel, un petit satyre à ses côtés; de l'autre, l'homme et la femme accroupis près d'une vasque, où le premier vient de remplir l'urne avec laquelle il arrose désagréablement deux marmots en train de se battre? Tout cela évidemment ne présente pas une unité parfaite, et l'on ne sait comment expliquer l'importance accordée à certains groupes, dont le rôle accessoire est assez peu contestable. Dans Y Offrande à Flore et V Offrande à Cérès, conservées au Musée national de Sèvres, la composition, moins agréable à voir, moins artistique en quelque sorte, se tient beaucoup mieux, et nulle hésitation ne vient à l'esprit sur le sujet que l'on a voulu reproduire. C'est de la mythologie classique, tandis que la fantaisie joue ici le rôle principal.

Au-dessous d'une ravissante petite fille, qui se hausse sur la pointe des pieds

pour arriver à atteindre le bord supérieur de l'autel, le sculpteur a gravé son nom :

Clodion ; mais n'eût-il pas agi de la sorte , qu'à première vue on attribuerait le

bas-relief à ce maître. Plus que tous les autres artistes de son temps, Claude Michel,

dit Clodion, né à Nancy le 20 décembre 1738, mort à Paris le 28 mars 1814, a su

unir la grâce du mouvement aux frémissements de l'épiderme, imiter la nature,

répandre la vie et obtenir des effets surprenants. L'antiquité n'a presque rien à voir

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