‹ Album de l'exposition rétrospective de ToursChapitre 60 sur 104 · COMMODE LOUIS XV · texte numérisé non relu

COMMODE LOUIS XV

1° Commode en vernis Martin, avec ornements de bronze ciselé et doré, milieu du xviif siècle. — Longueur par-devant : 1,27; par derrière : 1,65; hauteur : 0,88. — Préfecture d'Indre-et-Loire.

C'est seulement en 1770 que le duc de Choiseul, pour n'avoir pas voulu plier devant la du Barry, fut renversé du ministère et exilé à Chanteloup. Mais, bien avant cet événement, le château, qui datait du commencement du xviif siècle, s'était enrichi, à diverses reprises, de magnifiques pièces d'ameublement. Les prédécesseurs du ministre n'avaient rien négligé pour en faire une demeure splendide, et il fallait la manie alors générale de sacrifier au goût du jour, pour sentir la nécessité d'introduire certains changements.

Dans tous les cas, quelle que soit l'époque de son entrée à Chanteloup, la belle commode dont la préfecture d'Indre-et-Loire a heureusement hérité appartient au milieu du xviif siècle. Le fond du meuble se compose de panneaux laqués, imitant la manière chinoise; car nous ne croyons pas à une origine exotique, et il faut bien se rappeler que, dès le milieu du xvif siècle, des tentatives avaient été faites en ce genre dans différents ateliers parisiens. On en trouvera la preuve, pour peu qu'on le désire, dans le Livre commode de Pradel, publié en 1692. Au début, les frères Martin, qui ont donné leur nom à un vernis célèbre, ne se proposaient pas autre chose que d'imiter les laques de la Chine. Dans deux arrêts du Conseil, datés de 1730 et 1744, il est expressément dit que ces artistes sont autorisés à fabriquer, exclusivement à tous autres, pendant vingt ans, « toutes sortes d'ouvrages en relief de la Chine et du Japon. » D'où la conséquence que notre meuble sort très probablement de l'une des trois manufactures fondées par les Martin, faubourg Saint- Martin, faubourg Saint-Louis et rue Saint -Magloire. Mais les essais tentés ne furent pas toujours très heureux, et l'on admire principalement ici, avec juste raison, les bronzes qui servent d'encadrement. Ces derniers, d'une composition charmante, font en outre le plus grand honneur à qui les a fondus et ciselés. Par suite du

rapprochement des parties traitées de différentes façons, les unes lisses, les autres

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