M. SIEGFRIED, CHATEAU DE LANGEAIS
Au mois d'octobre 1888, lors de la vente des tapisseries du château du Plessis- Macé (Maine-et-Loire), M. Siegfried fit l'acquisition, pour son château de Langeais, de deux pièces de la tenture dite du Saint Sacrement, qui toutes deux ont figuré à l'exposition de Tours. Cette tenture provenait originellement de l'ancienne abbaye du Ronceray d'Angers. La révolution, en dépouillant l'église bénédictine, l'avait fait émigrer à l'église voisine de la Trinité, dont la fabrique ne trouva rien de mieux que de la vendre au château de Serrant, d'où elle passa à celui du Plessis-Macé.
L'ensemble se composait de onze pièces, où l'Eucharistie était envisagée sous un triple point de vue : ses figures dans l'ancienne loi, son institution, les miracles auxquels elle a donné lieu dans l'Eglise. M. Siegfried en possède précisément le commencement et la fin. C'est la pièce de début que nous reproduisons.
Elle est divisée en trois panneaux. Le premier porte comme inscription :
dts commanre Igstoire et la figure lté jiftîïcrist et son Batnrt sacrement ÎBcpugs atel et la log ûe nature jusques à son cruel crucifiment
On y voit, sous les yeux de Dieu le Père, qui sort à mi-corps d'un nuage : 1° Adam bêchant la terre; 2° Eve filant, entourée de ses enfants; 3° le sacrifice d'Abel et de Caïn, le premier accepté, le second refusé; 4" Caïn tuant Abel, avec une mâchoire d'animal, la seule arme alors en usage, d'après VHortus deliciarum.
Entre la légende du premier panneau et celle du second , ont été ostensiblement représentées, encadrées de deux Y, initiales de ses nom et prénom, les armoiries d'Isabelle de la Jaille , qui fut abbesse du Ronceray, de 1505 à 1518, et sous l'administration de laquelle la tenture dite du Saint Sacrement fut donnée par Louise