‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 121 sur 328 · MICHEL-ANGE · texte numérisé non relu

MICHEL-ANGE

Que ton visage est triste et ton front amaigri! Sublime Michel-Ange, ô vieux tailleur de pierre, Nulle larme jamais n'a baigné ta paupière. Comme Dante, on dirait que tu n'as jamais ri.

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Hélas! d'un lait trop fort la Muse t'a nourri: L'art fut ton seul amour et prit ta vie entière; Soixante ans tu courus une triple carrière, Sans reposer ton cœur sur un cœur attendri.

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Pauvre Buonarotti! ton seul bonheur au monde Fut d'imprimer au marbre une grandeur profonde, Et, puissant comme un Dieu, d'effrayer comme lui;

Aussi, quand tu parvins à ta saison dernière. Vieux lion fatigué sous la blanche crinière, Tu mourus longuement plein de gloire d'ennui.

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