‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 148 sur 328 · LE BANC DE PIERRE · texte numérisé non relu

LE BANC DE PIERRE

Au fond du parc, dans une ombre indécise, Il est un banc solitaire et moussu Où l'on croit voir la rêverie assise.

Triste et songeant à quelque amour déçu.

Le souvenir dans les arbres murmure.

Se racontant les bonheurs expiés.

Et, comme un pleur de la grêle ramure. Une feuille tombe à vos pieds.

Ils venaient là, beau couple qui s'enlace. Aux yeux jaloux tous deux se dérobant, Et réveillaient, pour s'asseoir à sa place, Le clair de lune endormi sur le banc.

Ce qu'ils disaient, hélas! Elle l'oublie, Mais l'amoureux, cœur blessé, s'en souvient. Et dans les bois, avec mélancolie, Au rendez-vous, seul, il revient.

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Pour l'œil qui sait voir les larmes des choses, Le banc désert regrette le passé, Les doux aveux et le bouquet de roses, Comme un signal à son angle placé.

Sur lui la branche à l'abandon retombe, La mousse est jaune et la fleur sans parfum, La pierre grise a l'aspect d'une tombe Qui recouvre un amour défunt.

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