‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 155 sur 328 · LE BERCEAU · texte numérisé non relu

LE BERCEAU

De cette vaste mer qui dort J'aime à longer le lit de sable, Berçant mes rêves sur le bord A son murmure insaisissable.

Le golfe semble un pur miroir, Où se regardent tout à l'aise, Penchés sur l'eau pour mieux s'y voir, Les tamaris de la falaise.

L'air est sans brise et sans fraîcheur. Et, seule, sur la mer profonde.

Flotte la barque d'un pêcheur Dont le filet traîne dans l'onde.

Fais bonne pêche, ô matelot! , . .

De temps en temps sa barque penche.

Elle projette sur le flot

Un long reflet de voile blanche.

Assise au bord, sur le galet.

Auprès d'un enfant qui sommeille. Sa femme répare un filet Qui revint déchiré la veille.

m®^p3- Mme ACKERMANN .£^^=&m

Elle est habile dans cet art, Elle promène son aiguille, Tout en jetant plus d'un regard /Au premier-né de la famille.

II est couché, l'enfant vermeil, Dans son berceau d'algue marine; Le léger souffle du sommeil Soulève à peine sa poitrine.

II dort, charmant comme l'Amour Un bras replié sous sa tête.

Celui qu'agiteront un jour Tous les soucis de la tempête!

La tempe est moite de sueur, La peau reluit humide et rose; Le ciel d'été met sa lueur Au front de l'ange qui repose.

Et seul tu sais qui dort le mieux, O Dieu très haut. Père invisible!

De l'Océan silencieux.

Ou du petit berceau paisible.

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