‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 160 sur 328 · LA MERE · texte numérisé non relu

LA MERE

Quand la Mort vient frapper un enfant adoré, Sa main, du même coup, fait la maison maudite, Les serviteurs muets, la famille interdite. L'aïeul inconsolable, et le père éploré.

On condamne à la nuit, comme un tombeau muré, La chambre des adieux où plus rien ne s'agite. Où l'air jaunit le cierge et sèche l'eau bénite. Où le lit garde en creux les traits du corps pleuré.

Mais à la porte close et dont le gond se rouille. Une ombre souvent passe et longtemps s'agenouille. L'œil collé sur la fente où glisse un jour moqueur.

C'est la mère!... son corps est d'un spectre, et son cœur Gît, stoïque amputé que la souffrance enivre. Oubliant de mourir et dédaignant de vivre.

88^^^ JOSEPHIN SOULARY .s^r^œ

Page 1