LE VASE
Sculpteur, cherche avec soin en attendant l'extase, Un marbre sans défaut pour en faire un beau vase; Cherche longtemps sa forme, et n'y retrace pas D'amours mystérieux ni de divins combats. Pas d'Alcide vainqueur du monstre de Némée, Ni de Cypris naissant sur la mer embaumée. Pas de Titans vaincus dans leurs rébellions. Ni de riant Bacchos attelant des lions Avec un frein tressé de pampres et de vignes; Pas de Léda jouant dans la troupe de cygnes Sous l'ombre des lauriers en fleurs, ni d'Artémise Surprise au sein des eaux dans la blancheur de lys. Qu'autour du vase pur, trop beau pour la bacchante,
Théodore de Banville
©gt^^^ç- EUGÈNE MANUEL ^^^^sm
La verveine mêlée à des feuilles d'acanthe, Fleurisse, et que plus bas, des vierges lentement S'avancent deux à deux, d'un pas sûr et charmant, Les bras pendants le long de leurs tuniques droites. Et les cheveux tressés sur leurs tètes étroites.
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