LES LARMES
Si vous donnez le calme après tant de secousses, Si vous couvrez d'oubli tant de maux dérobés, Si vous lavez ma plaie et si vous êtes douces, O mes larmes, tombez!
Coulez, coulez longtemps et sans mesurer l'heure ; Laissez dans le sommeil mes esprits absorbés; La douleur est moins vive alors que l'âme pleure: O mes larmes, tombez!
Mais si comme autrefois vous êtes meurtrières. Si vous rongez un cœur qui déjà brûle en soi, N'ajoutez pas au mal, respectez mes paupières: O larmes, laissez-moi !
Oui, laissez-moi ! je sens ma peine plus cuisante. Vous avez évoqué tous mes rêves perdus : Pitié! laissez mourir mon âme agonisante; Larmes, ne tombez plus!
L'auteur de ces strophes est une simple ouvrière.
^S^^^^ STEPHEN LIÉGEARD .5^è=sge