‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 236 sur 328 · LE VASE BRISÉ · texte numérisé non relu

LE VASE BRISÉ

Le vase où meurt cette verveine D'un coup d'éventail fût fêlé; Le coup dut effleurer à peine, Aucun bruit ne l'a révélé.

Mais la légère meurtrissure, Mordant le cristal chaque jour, D'une marche invisible et sûre En a fait lentement le tour.

Son eau fraîche a fui goutte à goutte, Le suc des fleurs s'est épuisé; Personne encore ne s'en doute.

N'y touchez pas, il est brisé!

Souvent aussi la main qu'on aime, Effleurant le cœur, le meurtrit; Puis le cœur se fend de lui-même, La fleur de son amour périt.

Toujours intact aux yeux du monde.

Il sent croître et pleurer tout bas Sa blessure fine et profonde:

Il est brisé, n'y touchez pas !

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