‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 238 sur 328 · L'AVENUE · texte numérisé non relu

L'AVENUE

Nos âmes, tant de fois, s'oublièrent bercées Sous ces grands arbres noirs de la chanson du vent! Le long de ces vieux murs, elle et moi si souvent Nous avions vu glisser nos ombres enlacées!

Quant j'ai longé, suivant les traces effacées L'avenue où moi seul irai dorénavant.

Tous mes chers souvenirs m'y guettaient, se levant Au bruit sec de mes pas sur les feuilles froissées.

Mon cœur mélancolique, aux jours passés rêvait: Et quand la lune, ayant percé le fin duvet Du nuage, blanchit par place le mur sombre,

(Mes yeux, cherchant l'absente et ne la trouvant pas) Comme un autre amoureux, plus pâle, sur mes pas Mon ombre avec regret semblait chercher son ombre.

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ALBERT MERAT

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