DU PASSANT
Mignonne, voici l'avril,
Le soleil revient d'exil,
Tous les nids sont en querelles ;
L'air est pur, le ciel léger.
Et partout on voit neiger
Des plumes de tourterelles.
Fuis Je miroir séduisant Où tu nattes à présent L'or de tes cheveux de fée.
Laisse là rubans et nœuds, Car les buissons épineux T'auront bientôt décoiffée.
Prends, pour que nous nous trouvions, Le chemin des papillons Et des frêles demoiselles; Viens, car tu sais qu'on t'attend Sous le bois, près de l'étang Où vont boire les gazelles.