‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 266 sur 328 · ANATOLE FRANCE · texte numérisé non relu

ANATOLE FRANCE

Tu fais sous le ciel bleu fleurir les colibris

Dans les parfums de la rosée ; Et la grâce décente avec toi s'est posée

Sur les choses que tu chéris.

Le matin est joyeux de tes bonnes caresses;

Tu donnes aux nuits la douceur, Aux bois l'ombre mourante et la molle épaisseur

Que cherchent les jeunes tendresses.

Par toi la mer profonde a de vivantes fleurs

Et de blonds nageurs que tu dores ; Au ciel humide encore et pur des météores

Prêtent l'éclat des sept couleurs.

Lumière, c'est par toi que les femmes sont belles y^

Sous ton vêtement glorieux; '^

Et tes chères clartés, en passant par leurs yeux. Versent des délices nouvelles.

Leurs oreilles te font un trône oriental

Où tu brilles dans une gemme, Et partout où tu luis, tu restes, toi que j'aime.

Vierge comme en ton jour natal.

Sois ma force, ô Lumière! et puissent mes pensées.

Belles et simples comme toi.

Dans la grâce et la paix, dérouler sous ta loi

Leurs formes toujours cadencées!

Donne à mes yeux heureux de voir longtemps encor,

En une volupté sereine, La beauté se dressant marcher comme une reine

Sous ta chaste couronne d'or.

Et, lorsque dans ton sein la Nature des choses

Formera mes destins futurs.

Reviens baigner, reviens nourrir de'tes flots purs

Mes nouvelles métamorphoses.

Anatole France

60^=^?^ LUCIEN PÂTÉ ,e^è=S®

Page 1