LE FEU
Quel est ton mystère, ô Nature, Complice éternelle du sort, Qu'il te faille la flamme pure Pour créer la nuit et la mort?
Quelle est ta règle ou ton caprice Pour que l'homme affolé périsse Dans ce rouge brasier de l'air; Et qu'après l'étreinte suprême Il ne reste de lui pas même Assez de place pour le ver?
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C'est la flamme joyeuse et folle
Faite de pourpre et d'or vivant,
La flamme qui bruit et vole
Dans l'éclat de rire du vent;
C'est elle, la flamme si douce
Aux bons vieillards que le temps pousse
Lentement vers l'éternité,
Qui, se dressant, farouche et seule.
Accourt et mange à pleine gueule.
L'être, la terre et la cité?
Ah! vraiment c'était bien la peine Que le chêne fidèle et sûr Berçât dans la clarté sereine Les nids énamourés d'azur.
Puisque la branche maternelle, Oîi venaient, en battant de l'aile, Gazouiller les petits oiseaux.
Terrible et d'horreur soulevée, Brûle les nids et la couvée, Avant de brûler les berceaux!
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