EDMOND HARAUCOURT
Le beau soleil vivant s'en va vers d'autres mondes
Auréolé de sang divin, le dieu mortel
Se fait en souriant des funérailles blondes
Où l'or de sa jeunesse éclabousse l'autel.
Le beau soleil fécond sait mourir dans la joie: Le salut qu'il accorde à son passé d'un jour Semble un autre orient où l'avenir rougeoie, Et son suprême adieu n'est qu'un baiser d'amour.
Le beau soleil ressemble à mon cœur qui t'adore, A ce cœur vespéral et que tu rajeunis. Ce cœur grave, ébloui de sa nouvelle aurore Où les voix du matin chantent au bord des nids.