LES ALOUETTES
Des temps passés oubliant les outrages, Je sommeillais; pourquoi me réveiller?
Qui vient ainsi becqueter mes vitrages?
Qui donc m'arrache à mon doux oreiller? L'aurore accourt, sur nos vastes retraites Éparpiller les roses de son teint.
Filles des champs, gentilles alouettes, Réveillez-moi quand naîtra le matin.
Dieu! quel spectacle à mes yeux se présente! Tout se revêt des plus vives couleurs ; Une rosée active et bienfaisante Gorge de sucs le calice des fleurs.
En se glissant dans les feuilles discrètes, L'abeille accourt y chercher son butin.
Filles des champs, gentilles alouettes.
Réveillez-moi quand naîtra le matin.
^&s=^^T Mme tas tu ,s^è^8e
Astre immortel, voilà l'heure où je t'aime Souvent plus tard tes rayons imprudents Pompent la terre, et te forcent toi-même A soulever des orages ardents.
La foudre alors vient gronder sur nos têtes; Malheur, hélas! à celui qu'elle atteint! Filles des champs, gentilles alouettes, Réveillez-moi quand naîtra le matin.
Ce vaste azur, quand le soleil se lève. Est embaumé de parfums amoureux; Vers l'Éternel mon âme alors s'élève, Et je devine un monde plus heureux.
L'écho muet de ces plaines muettes Trahit pour moi les secrets du destin.
Filles des champs, gentilles alouettes, Réveillez-moi quand naîtra le matin.
jV^ME TASTU
IS